Après une saison exceptionnelle à beaucoup d’égards, le DFCO a validé sa montée et le titre de champion de National, une journée avant la fin du championnat. Après l’effervescence des célébrations de la montée et du titre, il est temps de revenir plus en détails sur cette saison, d’en dresser un bilan et d’en tirer quelques enseignements pour la suite.

Une année sublimée
Tout d’abord, il faut pour chaque supporter de Dijon savourer ce que notre équipe a réalisé cette saison. Et se rappeler que cela ne pourra pas être aussi beau, aussi fort, tous les ans. Le DFCO est arrivé, au terme d’un exercice de haut niveau, 1er au classement général d’un championnat certes assez peu fortuné mais surtout aussi très serré et compétitif. Il en sort meilleure attaque (52 buts marqués) et meilleure défense (25 buts encaissés). Prenons bien la mesure de ce fait après des années à concéder de toutes parts : l’équipe n’a pris, en moyenne, que 0,78 but par match. En nous comparant aux 10 derniers champions, nous sommes assurément dans la fourchette basse des statistiques, Martigues ayant toutefois réussi à cet égard un exercice de haut vol il y a 2 saisons avec seulement 19 buts encaissés, mais une attaque aussi bien plus pauvre que la nôtre. C’est sur cette solidité défensive que Baptiste Ridira a su construire les bases de la réussite de cet exercice. Avec 52 buts marqués – plus encore que sous Tavenot – le DFCO n’a pas à rougir non plus face à ses prédécesseurs. Il bénéficie d’ailleurs d’une différence de buts qui le situe là encore dans la partie supérieure par rapport aux champions antérieurs.
Ce parcours est de plus marqué par une très grande régularité dans les résultats, avec un nombre extrêmement faible de défaites (seulement 3 en 32 matchs) dans un championnat pourtant particulièrement homogène. Le tout en produisant un football qui a été largement reconnu par les observateurs, et en premier lieu par bon nombre de nos adversaires. Il ne faudrait pas banaliser cette performance et ce qu’elle raconte sur la régularité et la force mentale démontrées par ce groupe tout au long de cette année, en plus des qualités purement footballistiques de l’équipe.
Leader, meilleure attaque, meilleure défense.
Avec ce DFCO, on a droit au bonheur.
ps : Yanis Barka est merveilleux joueur de foot.
— Enguerrand Artaz (@EnguerrandArtaz) February 20, 2026
Un projet de jeu identifiable
Aux racines de ce succès, il y a en premier lieu les certitudes d’un coach. Un entraîneur qui met en place de façon quasi-permanente un seul système, le 442 losange, autour duquel tout le jeu est bâti. Ce projet tourné vers la possession, un pressing intense et haut sur le terrain, dans une division et dans une époque qui aime beaucoup les blocs médians et le jeu de transition, a permis d’affirmer la singularité du DFCO sur les terrains de National.
On a retrouvé le goût de voir le ballon bien circuler, ce qui a fait la gloire de Dijon par le passé. On a aussi vu une équipe capable d’assumer ses principes, d’aller par exemple chercher très haut et de façon très intense son adversaire même à l’extérieur, comme on a su le faire lors de la phase aller à Versailles alors deuxième du classement général. Ce match, son début surtout totalement abouti, symbolise bien la capacité de l’équipe à avoir su imposer son jeu jusque sur le terrain de nos adversaires du haut de tableau. Il y a quelque chose de rafraîchissant à voir s’être mise en place cette identité de jeu qui ne se résume pas aux classiques poncifs sans imagination, remâchés parfois bien trop longtemps par les entraîneurs français.
👥 Voici 𝐋’𝐄𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞 𝐓𝐲𝐩𝐞 de la saison 25-26, élus par les entraîneurs et staffs techniques du #NationalFFF 🔥
🔴 @DFCO_Officiel x4️⃣
🟡 @FCSM_officiel x3️⃣
🟡 @US_Orleans x2️⃣
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🔵 @lepuyfoot x1️⃣#TropheesDuNational 🏆 pic.twitter.com/FGVKAVBqJb— Ligue 3 (@ligue3_fff) May 10, 2026
Un recrutement réussi
Le mercato de l’été dernier, le premier véritablement préparé et conduit de A à Z par la nouvelle direction post-Delcourt est également un vrai motif de satisfaction. Sans être un sans-faute, nous n’en sommes tout de même pas loin. Ce recrutement, qui s’avère malin à plusieurs égards, a pu se faire en respectant une masse salariale qui n’est pas la plus élevée du championnat (Le président expliquait il y a peu, lors de la soirée de remise des trophées du National, que la masse salariale du groupe professionnel masculin se situait à peu près « au milieu de la division »). Cette année, nous avons pu découvrir beaucoup de nouvelles têtes, des joueurs qui ont su s’imposer sur le terrain, et qui ont montré de grandes qualités. Des joueurs qui n’étaient pas identifiés comme des valeurs sûres du National, mais qui le sont devenus, qui se sont adaptés. Il faut saluer cette idée d’aller chercher aussi des profils avec un parcours pas toujours linéaire, des revanchards qui voulaient accéder au niveau professionnel et s’y imposer après avoir, bien souvent, raté les premières occasions d’y parvenir.
Ces profils ont déjà fait le bonheur du club par le passé, avec des Loïs Diony, des Pierre Lees-Melou ou autres Arnaud Souquet, recalés dans un premier temps des centres de formation, et qui ont su se relancer à Dijon. Cette saison, ce sont bien ces hommes-là qui ont constitué le cœur du recrutement et qui se sont intégrés sans problème au sein de l’effectif. Le recrutement a ainsi démontré qu’on pouvait allier réussite sportive et raison économique, tout autant que nous avions su démontrer l’inverse à l’époque du « PSG de la ligue 2 » : folie économique et fiasco sur le terrain ! Voilà une leçon qu’il ne faudra surtout pas oublier pour l’avenir : dépenser beaucoup pour prendre des « noms », cela peut être le signe d’une paresse et d’une facilité de dirigeants sans imagination, bien plus qu’une quelconque garantie sportive.

Une nouvelle dynamique pour le club
Il y a 3 ans maintenant, lors de son arrivée à Dijon, Benoit Tavenot avait fait le constat suivant, très lucide. Traumatisés par des années difficiles et deux relégations, le club et son environnement paraissaient marqués. Et à la moindre anicroche, une « chape de plomb » s’abattait sur tout le monde. Même si nous avons encore pu en mesurer les effets même pendant cette saison pourtant très réussie, la dynamique est devenue toute autre.
Pourtant, ce pessimisme profondément ancré dans tout l’entourage du club, partenaires et supporters en premier lieu, s’exprimait toujours à l’été 2025, où l’on voyait encore beaucoup d’interrogations s’exprimer sur les ambitions du club, des observateurs ne comprenant pas les choix effectués. Cette saison a dissipé une grande partie de scepticisme et il faut maintenant espérer que le club bénéficiera d’une ambiance plus sereine pour son grand retour en Ligue 2.
Les résultats de cette saison valident en effet l’approche du staff et de la direction : un groupe constitué de joueurs revanchards, d’espoirs venant des divisions inférieures, de jeunes issus du centre de formation, et de cadres assumant pleinement leur rôle sur le terrain et en dehors. Un groupe empreint de valeurs collectives, pas seulement une somme de qualités individuelles. La dernière fois que nous avons été promus, ces mêmes ingrédients étaient déjà là.
Cette recette, en plus de rencontrer le succès que nous savourons, a relancé une dynamique au niveau de tout le club. Le public est revenu en masse au stade sur la fin de saison. Les partenaires, si l’on en croit Pierre-Henri Deballon, se manifestent de nouveau pour être davantage présents aux côtés du club. Et c’est finalement l’ensemble du territoire qui se replace un peu plus derrière son équipe.

Quelles perspectives ?
Une montée, cela pourrait assez vite faire tourner quelques têtes, alors que l’objectif annoncé du DFCO sera de se stabiliser de nouveau en deuxième division avant toute chose. Il y a des enjeux de pérennité économique dans un contexte de crise du football français dans son ensemble, et même cette stabilisation à ce niveau ne peut à elle seule permettre de retrouver un modèle équilibré sans transferts, il rend le club plus attractif à tout point de vue et améliore nettement ses perspectives.
Le mercato qui s’annonce promet d’être assez léger, si l’on en croit les différents échos, déjà parce que les joueurs encore sous contrat sont nombreux. C’est principalement au niveau de la ligne défensive que l’on verra des recrues arriver, c’est d’ailleurs déjà le cas avec Moussa Faty. Suite au départ de Diallo pour Toulouse, Dijon devrait logiquement recruter un latéral droit en plus du jeune César Obongo. Probablement aussi un défenseur central jeune et prometteur, les rumeurs se faisant insistantes au sujet d’Axel Bargain. Au-delà de ces recrues, difficile de savoir si le club prendra beaucoup d’autres profils. Et ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, ni un manque d’ambition.
Tout d’abord, ce groupe composé notamment de joueurs à qui l’on a donné une deuxième chance, est allé chercher sa montée avec la manière. Ce succès, nous l’avons dit, s’est fondé sur des valeurs, sur la force du collectif. Que devrait faire le DFCO, qui dispose d’un vrai atout sur beaucoup de concurrents en Ligue 2 ? Sous prétexte que nous montons, faudrait-il dire à tous ces joueurs d’aller voir ailleurs ou de se contenter du banc ? N’ont-ils pas gagné le droit de jouer au niveau supérieur ? N’avons-nous pas eu suffisamment de mercenaires en L1 et L2 pour pousser vers la sortie des joueurs présents depuis deux ans ou moins ? Les valeurs ne se proclament pas, elles s’incarnent dans les choix d’un club, dans le management du staff. Le mercato, c’est aussi la prolongation de joueurs aussi prometteurs qu’importants, comme Bellon ou Hamada. Et c’est un très bon signal.
𝗣𝗮𝘂𝗹 𝗕𝗲𝗹𝗹𝗼𝗻 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲 𝗱𝗶𝗷𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘀 🦉
Arrivé à la derniere intersaison, notre milieu de terrain, désormais lié avec le DFCO jusqu’en 2028, est devenu un élément incontournable du groupe de Baptiste Ridira 🤝
Le communiqué 👉 https://t.co/aM3Dwj1Hd0 pic.twitter.com/w6MPwFp8IA
— Dijon FCO (@DFCO_Officiel) May 26, 2026
Il y a de plus, dans cet effectif, d’autres atouts que nous ne devons pas oublier : le niveau Ligue 2 n’est pas inconnu de nos joueurs, puisque bon nombre de nos cadres y a évolué. L’équipe pourra s’appuyer sur une colonne vertébrale dont l’expérience sera précieuse : Delecroix, Bernard, Marié, Barreto, Tavares ont tous joué en L2 et en L1. Ils ont montré qu’ils évoluaient toujours à un très bon niveau en 2025-2026 et c’est une vraie chance que de les avoir l’an prochain.
Enfin, il ne faut pas négliger le dernier ingrédient de la future recette : la formation dijonnaise. La jeunesse devrait trouver toute sa place au sein de l’effectif professionnel à partir de cette année, même si le niveau monte d’un cran. De nombreux joueurs sont appelés à jouer un rôle plus important et nous aurions bien tort de ne pas laisser une chance, au fil du temps, à des éléments qui ont atteint la finale de la coupe Gambardella. Nous avons suffisamment regretté de ne pas voir nos jeunes être lancés avec l’équipe première pour ne pas se satisfaire de savoir qu’on prévoit de leur donner un rôle plus important l’an prochain. Bon nombre de joueurs talentueux passés par le centre de formation ou la réserve s’épanouissent aujourd’hui dans d’autres clubs, à un niveau que nous ne leur avons pas permis d’atteindre chez nous. Espérons donc que le staff saura trouver le juste milieu pour un maintien en Ligue 2 et une l’incorporation de cette jeunesse bienfaitrice.
Le mot de la fin
Cette saison a finalement réconcilié les supporters avec leur équipe, avec leur club. Il faudra conserver l’élan de la fin de saison, revoir autant de monde que possible au Parc des Sports et éviter de siffler les joueurs à la moindre contrariété sur le terrain. L’an prochain, il devrait logiquement y avoir plus de défaites, l’équipe sera sans doute moins dominante, c’est dans l’ordre des choses. Les supporter devront se faire entendre, derrière leur équipe. Il faudra surtout, cette fois-ci, que le club ne se perde pas de nouveau dans les erreurs commises il y a quelques années. Qu’il sache conserver les principes qui l’ont vu renouer avec le succès.
2 commentaires
Bel article.
Le DFCO a en effet, accomplit une saison remarquable avec seulement 3 défaites dont deux auraient pu certainement être évitées.
Un grand bravo aux joueurs, premiers acteurs de cet exploit, à Monsieur Ridira et collaborateurs et à l’ensemble du club pour leur gestion.
Ma réflexion pour l’avenir, 4 recrues comme l’annonce le Président, sera-ce suffisant pour le maintien ?
Merci à Dijon Show pour son travail.
Merci templier pour votre commentaire ! La question à se poser est aussi : l’équipe qui finit championne de National a-t-elle, sans départ ni renfort, les moyens de se maintenir en Ligue 2 ? Car Dijon se dirige vraisemblablement vers une saison avec les mêmes personnages et mêmes joueurs, sauf exception, qu’en 2025-2026 (pour les résultats que l’on connait). On va creuser le sujet de notre côté aussi.