Malmené par une très belle équipe de Laval, Dijon s’impose devant son public et décroche sa première victoire de la saison en Ligue 2. Souvent critiqué pour son attaque, le DFCO a marqué trois buts en autant de tirs cadrés, ses trois avant-centres étant décisifs au moins une fois.

LE MATCH
Dijon FCO – Stade Lavallois Mayenne FC : 3-2 (2-1)
Au Parc des Sports Gaston-Gérard, vendredi 11 septembre 2026, coup d’envoi à 20h00.
Buts : Chouchane (3e), Lago (31e) et Tavares (79e) pour le DFCO / Kanté (34e) et Clavreul (73e) pour le SLMFC.
Avertissements : Aka (45e), Lembezat (82e) et Vargas-Rios (85e) pour le DFCO / Samassa (78e) pour le SLMFC.
DFCO - Laval
Contre intuitif
C’est un sport étrange que nous avons décidé d’avoir pour passion ! Une fois de plus cette saison en Ligue 2, c’est l’équipe qui a le moins bien joué qui s’en tire avec les honneurs. Mais quand Dijon était du mauvais côté de l’équation lors des journées n°2 (Pau, défaite 0-1) et n°3 (Clermont, nul 1-1), les choses se sont équilibrées dernièrement aux J5 (Boulogne, nul 1-1) et J6 grâce à deux résultats franchement heureux. Cette rencontre face au Stade lavallois était même la définition exacte du hold-up dans tous les sens du terme, notre DFCO récoltant tous les points et laissant leur dernière place au classement à leurs adversaires alors qu’ils ont été dominés largement et n’ont pas su créer énormément de grosses occasions.
Pourtant, la partie commençait sur de très bonnes bases avec des ballons dangereux prenant les Tango par surprise, à froid. Quelques minutes seulement après le coup d’envoi, Samy Chouchane profite d’une mauvaise déviation de la tête de Bianda pour se faufiler seul près du deuxième poteau après une passe longue d’Ylan Aka. Il ne se fait pas prier et, comme contre l’AS Saint-Étienne, le milieu de terrain franco-tunisien – qui est aussi notre meilleur buteur – remporte son duel pour ouvrir le score (1-0, 3e). On ne peut rêver mieux pour commencer.
Sans doute sonné par une entame ratée, Laval perd pied et se met en danger facilement dans l’axe, à plusieurs reprises sur les 10 premières minutes. Mais la tendance s’inverse et Kanté s’en voudra même de ne pas avoir battu Paul Delecroix sur un oubli incompréhensible de la défense Dijonnaise, après un corner. Fort heureusement, le portier était en forme ce vendredi et le prouvera à maintes reprises, permettant indirectement à son équipe d’aggraver le score sur une merveilleuse action. En quatre touches de balle seulement, les Bourguignons accélèrent et le ballon passe des pieds de Ndezi sur la ligne médiane à ceux d’Ange Lago dans la surface. La nouvelle recrue ne se fait pas prier et termine l’action avec classe pour doubler la mise (2-0, 31e).
La dynamique s’inverse
Mais cette fois, les Mayennais ne perdent pas le fil et reviennent immédiatement dans la partie, Clavreul et Kanté prenant la profondeur et faussant compagnie à trois de nos défenseurs, un tir du premier se transformant en passe décisive pour le second (2-1, 33e). Laval a retrouvé des couleurs et a même bien failli combler son déficit avant un raté improbable devant les cages après une première parade initiale de Delecroix, transformant un coup franc presque anodin en occasion à plus d’1 xG. La mi-temps arrive à point nommé et on se dit que la réorganisation tactique ainsi que le repos feront du bien à une équipe dijonnaise qui ne gère pas bien son avance.
Mais il n’en est rien. Dès le retour des vestiaires, le DFCO essuie un, puis deux tirs à bout portant, avec des visiteurs systématiquement trouvés dans le dos de sa défense. Il faut un grand n°16 pour éviter de vivre le scénario catastrophe redouté par tous, après avoir mené 2-0. Et c’est finalement après un remaniement d’effectif (4 joueurs ont déjà été changés) et une relative reprise de contrôle par Dijon que notre équipe concède une deuxième fois, Clavreul se muant cette fois en buteur (2-2, 73e) après une magnifique action collective qui n’a rien à envier à celle conclue par Lago. Tout est à refaire et depuis une demi-heure, le match tourne largement en faveur des 17e de Ligue 2 qui ne méritent franchement pas d’être relégables.
Véritable braquage
Mais il y a des raisons pour expliquer cette position car sur une troisième véritable incursion dans leur surface, les Lavallois voient Lembezat obtenir un pénalty après une faute sifflée contre Samassa, sorti à contretemps, sur un contact léger mais suffisant, Mouton n’étant pas exempt de tout reproche non plus. Entré en jeu quelques minutes plus tôt, Julio Tavares transforme la sentence et fait repasser Dijon en tête (3-2, 79e). Nous sommes loin d’être au bout de nos frayeurs et, alors qu’un cinquième défenseur entre sur la pelouse, les minutes s’égrènent avec une pression forte imposée par l’équipe de David Vignes. En vain. Le DFCO tient là son premier succès de la saison. Et les statistiques comme notre ressenti sont sans appel : nous aurions dû marquer un ou deux buts de moins tandis que l’équipe désormais lanterne rouge aurait pu et dû marquer une ou deux fois de plus.
Exceptionnellement, les Rouges ont réussi à faire le plein de points en étant en réussite dans les deux surfaces, rappelant à tous que le vainqueur est avant toute chose l’équipe qui transforme le plus ses occasions et pas celle qui s’en crée le plus. Même si l’exemple de ce vendredi 11/09 est extrême et ne se reproduira pas souvent, les joueurs du secteur offensif ont tout intérêt à s’inspirer de la prestation de la 6e journée pour nous faire passer une belle saison 2026-2027. Sur l’ensemble du championnat, il faudra retrouver les valeurs et la maîtrise qui nous ont fait monter de National en Ligue 2. Mais sur une soirée, on peut bien savourer le retour de notre bonne étoile – ainsi que du spectacle qui a décidé d’élire domicile à GG deux fois de suite.

LES NOTES
L’Homme du match : Paul Delecroix (8,8)
Si vous êtes surpris par la note extrêmement élevée de notre gardien de but après une victoire 3-2, c’est que vous lisez ce débrief sans avoir eu l’occasion de voir le match. Très nettement au-dessus de tous les joueurs sur la pelouse, de la tête et des épaules, le gardien de bientôt 38 ans a sorti une performance monumentale avec des interventions loin de ses buts et surtout cinq arrêts tout sauf simples à sortir. Sur l’ensemble de la saison, il est pour l’instant le Dijonnais avec la meilleure moyenne (5 matchs notés sur 6 journées) et on comprend facilement pourquoi : il est revenu encore meilleur après sa blessure à l’épaule !
Hamada (6,7) : mauvais et sorti sur blessure à Boulogne, le revoici en pleine forme et avec de l’énergie à revendre ! Irrégulier mais très solide dans les zones importantes, il a apporté son dynamisme au couloir droit sans oublier de défendre, avec quelques tacles très propres.
Lacroix (3,8) : le jeune homme connaît une baisse de régime après son début de saison très réussi. Fautif à sa façon sur les buts et beaucoup d’occasions subies, il a tout de même le chic de sauver quelques ballons très chauds devant notre but ou de bien couper des passes tranchantes, par moments. Sa marge de progression est réelle, mais on n’a pas le temps d’attendre qu’il se mette durablement au niveau de la Ligue 2.
Bernard (3) : complètement battu par la vitesse de Clavreul à droite, il a vécu un calvaire. Chose qui se répète à chaque match à domicile, contre Pau, Saint-Étienne et maintenant Laval, une équipe qui n’est pourtant pas célèbre pour ses terribles attaquants. Peut-être est-il mal exploité, maintenant que le niveau est monté d’un cran. Faudrait-il jouer plus bas pour lui permettre de mieux s’exprimer ?
Aka (4,2) : match brouillon et assez compliqué pour celui qui est pourtant à l’initiative du premier but dijonnais. Laissant son côté gauche trop perméable, il n’a pas vraiment convaincu avant d’écoper d’un avertissement et de se blesser dans le même temps. Remplacé à la 45e+2 par Faty (3,3), qui a réussi à faire encore pire en étant presque toujours à contretemps, n’arrivant pas à marquer ses joueurs. On ne peut pas nier qu’il ait tenté des choses, mais c’est beaucoup trop peu et sa mise sur le banc est justifiée.
Bellon (3,6) : un jour sans pour le métronome dijonnais, ce qui peut expliquer en partie les difficultés de l’équipe dans l’entrejeu. Ses passes étaient bien moins précises que d’ordinaire et Houdayer remportait plus aisément ses duels contre lui. Il ressentait a priori une gêne aux adducteurs et a vite été remplacé à la mi-temps par Marié (5,2), qui a partiellement stoppé l’hémorragie en apportant un soutien plus important à l’axe de la défense. Gratte de précieuses secondes en fin de match pour valider ce premier succès.
Chouchane (6,6) : encore buteur dans son jardin, le jeune homme qui a prolongé son contrat il y a à peine un mois récidive et montre une envie débordante sur la pelouse. Il a eu quelques trous d’air mais son engagement dans tous les compartiments du jeu n’est pas à remettre en question. Il a trouvé de la lucidité offensive, reste à devenir moins naïf défensivement. Mais quand on enchaîne les matchs sans sortir, on peut parfois accuser le coup.
Ndezi (3,8) : paradoxalement, c’est seulement quelques heures après avoir été convoqué par l’équipe nationale de la RD Congo que Brandon sort son plus mauvais match de la saison ! S’il tire bien les ficelles pour lancer Lago avant le deuxième but, il a très souvent été en retard pour accompagner la défense à gauche et semblait déjà moins courir qu’à son habitude dans les premières minutes du match, vraisemblablement amoindri après un contact très rude. Remplacé à la 62e par Vargas-Rios (5,7), dont l’intelligence de jeu et l’activité ont été très importantes pour stabiliser l’équipe, lui redonner de l’équilibre. Dijon n’a pas été énormément meilleur, mais surtout beaucoup moins vulnérable qu’avant son arrivée sur la pelouse.
Lembezat (5,6) : assez peu remarqué, surtout entre la 30e et la 60e, il arrive à faire le geste qu’il faut pour obtenir ce pénalty – litigieux – dans une occasion qu’il aurait pu et dû conclure s’il ne tombait pas. Comme bien souvent, il est dans les bons coups et débloque des situations compliquées, même s’il a la mauvaise habitude de ralentir le jeu à outrance parfois. Remplacé à la 85e par Diouf (5), dans un changement de système qui ressemblait plus à du bricolage en panique qu’à un coup tactique très maîtrisé. Il s’est rassuré après un mauvais match à Boulogne.
Dong (5) : si sa note est relativement faible après avoir été impliqué sur deux buts dijonnais, c’est parce qu’on le sait capable de faire beaucoup mieux que cela ! Il a été bien maîtrisé par la charnière adverse et les deux seules fois où il a réussi à la bousculer, c’est sur le but de Chouchane (duel perdu mais il déséquilibre Bianda) et celui de Lago, avec un une-deux parfaitement réalisé. Comme avec Julio, une forme de complicité semble s’installer entre Ange et lui. Remplacé à la 62e par Tavares (6,5), grand bonhomme de cette deuxième période. Outre son pénalty parfaitement tiré, il est celui qui lance Lembezat vers le but juste avant, qui cale les ballons contre une défense qui n’arrive pas à l’en déposséder et qui fait remonter tout le bloc quand on souffre. À son âge, réussir ce qu’il fait est tout simplement impressionnant.
Lago (6,3) : quelle manière de se présenter à son nouveau public ! La recrue a marqué son premier but avec une équipe professionnelle en France à 21 ans et a eu le coffre pour tenir plus de 90 minutes tout en arrivant à accélérer dans le temps additionnel. Tout n’est pas parfait, il y a des ratés, mais son but du mauvais pied et ses appels dévastateurs nous font penser qu’il est peut-être celui qu’il nous fallait, après tout…

1 commentaire
A 2 zero, tu dois normalement gerer et jouer tranquille, il y a de gros manques défensivement, psychologiquement, l’entraineur a du travail pour que les joueurs gèrent mieux leurs émotions…