Après les encouragements, place aux remontrances ! Pour la deuxième journée de Ligue 2, le DFCO a raté le coche et s’est retrouvé piégé par un Pau FC minimaliste mais efficace (0-1). Pourtant peu inquiété, Dijon aurait dû convertir au moins l’un de ses 16 tirs tentés pour prendre ne serait-ce qu’un point.

LE MATCH
Dijon FCO – Pau FC : 0-1 (0-0)
Au Parc des Sports Gaston-Gérard (Dijon), vendredi 14 août 2026, coup d’envoi à 20h45.
But : Leye (61e) pour le PFC.
Avertissement : Bamba (66e) et Rajot (80e) pour le PFC.
DFCO - Pau
Opportunité manquée
Les Dijonnais, retrouvant leur public pour la première fois après avoir soulevé le trophée de champion de National à Gaston-Gérard, ont raté l’occasion de prendre quatre points sur six possibles en Ligue 2. Pourtant, cela avait bien commencé avec Barreto (4e, 12e) à deux reprises, mais aussi un Ntamack entreprenant (7e, 26e), qui menacent tour à tour les cages béarnaises sans pour autant tromper Maubleu. Dijon a le pied sur le ballon et trouve des espaces mais s’expose aussi beaucoup aux contres, Versini parvenant à fausser compagnie à la charnière, trop facilement. Heureusement, comme s’il n’avait jamais quitté les siens sur blessure ni été opéré, Paul Delecroix défie le n°10 palois avec aplomb et remporte son duel avec une parade du pied à bout portant (20e). Une nouvelle percée du très rapide attaquant met Dijon dans l’embarras mais le portier sauve les siens sur sa ligne, devant un Lefebvre peu inspiré (39e), mais il s’agit bien des rares et seules opportunités de Pau dans le camp dijonnais.
Avant sa sortie sur blessure, Versini reste un poison et fait souffrir Bernard à gauche (53e), sans que la muraille bourguignonne ne craque. Ntamack tente de loin (54e) tandis que Lacroix fait bien la police dans sa surface. Mais, alors que Dijon pensait être tiré d’affaire, Babacar Leye vient claquer une tête juste devant les cages de Delecroix grâce au centre intelligent de Rajot et ne laisse aucune chance au gardien (0-1, 61e). Dijon semble réagir avec les entrants à l’heure de jeu, à l’image des tentatives de Lembezat (65e, 71e, 77e), de Bernard suite au coup franc de Chouchane (67e) ou encore de Dong, qui persévère (48e, 71e). Les Rouges font désormais le siège de l’adversaire, Chouchane allume des mèches sans plus de succès que ses compères (85e, 89e) en butant sur un Maubleu invincible. Et l’expérimenté portier aura bien mérité son titre de MVP du côté de Pau.
Finition bâclée
Comme bien souvent quand un match se termine sans but pour le DFCO, les regards vont se tourner vers les attaquants qui n’ont pas réussi à mettre le ballon au fond des filets. C’est d’autant plus vrai quand Dijon a assez largement dominé sa rencontre même si, comme à Montpellier la semaine dernière, l’équipe locale n’a pas produit beaucoup de très grosses occasions. Juste une batterie de petites phases dangereuses qui, sans un tir parfait et imparable, n’auraient pas fait craquer beaucoup de gardiens. Au final, Dijonnais et Palois se quittent avec un total de 0.93 contre 1.03 xG chacun, alors que le PFC compte trois fois moins de tirs cadrés. Plus réaliste, plus conscient de ses faiblesses et acceptant de laisser le ballon à un Dijon un peu trop gentil, le club du Béarn a fait le dos rond et profité de ses trois seuls tirs cadrés pour en mettre un au fond. Et c’est tout ce qui compte quand derrière, sa défense tient bon.
« Pau réalise le hold-up à Dijon et lance sa saison » – beIN Sports
Toujours est-il que si Michaël Barreto avait marqué de la tête à bout portant à la 12e minute ou si Lembezat avait égalisé juste après son entrée en jeu, grâce à la passe parfaite de Bellon lui laissant tout le temps d’ajuster le gardien, nous aurions un regard bien plus clément sur les 4 joueurs devant (dont trois qui ont joué plus de 45 minutes). Malheureusement, ce n’est pas le cas et la copie rendue par notre fer de lance sera à juste titre critiquée par les observateurs et supporters, entre sa timidité et son incapacité à faire la différence. L’absence de Julien Domingues, vendu cette semaine en Arabie saoudite pour un montant très faible – le joueur souhaitant partir pour un gros contrat dans le Golfe – va être pointée du doigt par certains. Il est désormais l’heure pour Dong, Ntamack Barka mais surtout Fauvel et Deballon de trouver une solution à ces premiers matchs poussifs.
Le @PauFootballClub s’impose à l’extérieur et repart avec les trois points ! ✈️#MultiJ2 | #DFCOPAUFC pic.twitter.com/sx12E87BBK
— Ligue 2 BKT (@Ligue2BKT) August 14, 2026
À un doigt du bonheur
Tactiquement, Dijon est là où on l’attendait et peut-être même encore mieux pour un promu puisqu’il rivalise avec des équipes établies ou ambitieuses de Ligue 2. En termes statistiques, notre équipe aurait dû marquer entre 2 et 3 buts après deux matchs joués, ce qui reste dans les standards du championnat. La sous-performance dans les derniers mètres adverses n’est d’ailleurs peut-être pas une si grande anomalie, l’échantillon de rencontres étudiées étant très faible. Mais le compteur de points ne tourne pas et le fait de perdre du terrain sur la zone rouge au lieu d’en gagner, à domicile, a suffi aux plus frustrés d’entre nous pour siffler nos joueurs.
Nous ne rentrerons pas dans ce jeu-là, n’ayant pas vu de tricheurs ni de comportements problématiques ce vendredi soir. Simplement une équipe avec ses limites actuelles mais qui joue tout de même aussi bien qu’elle le peut. Qui souffre de quelques absences, en particulier d’une grosse interrogation sur les postes offensifs. Et qui a pourtant fait mieux que jeu égal avec un club ayant fini dans la première moitié du tableau en 2025-2026. La différence se fait dans les détails, mais c’est bien là qu’est le plus dur dans le football : marquer des buts avec le peu de ballons à sa disposition. Et ce talent reste malheureusement quelque chose de rare et cher dans ce sport. Dijon n’ayant pas plus d’argent que ses 17 concurrents, il va falloir être malin sur le marché des transferts pour dénicher la perle rare…
LES NOTES
L’Homme du match : Adel Lembezat (6,6)
Entré en jeu à la 62e minute, le milieu offensif a tout de suite rappelé qui il était au Parc des Sports. Virevoltant, inspiré, il a fait des différences par le dribble comme par la passe… tout en ratant la meilleure opportunité dijonnaise en se précipitant un peu trop et en ne frappant pas assez fort. Avec le nouveau système de notation du Dijon Show, il est le tout premier Dijonnais à récolter un titre d’homme du match en tant que remplaçant sur notre site.
Delecroix (6,1) : après avoir été un héros en première période, avec deux énormes occasions repoussées grâce à ses réflexes et un bon placement mais aussi de bonnes interventions loin de sa surface, il rentre dans le rang avec un dégagement raté et une passe à l’adversaire en l’espace de quelques minutes dans le second acte. Globalement un bon retour après une si longue blessure, surtout qu’il n’est pas fautif sur le but concédé.
Bouleghcha (5,3) : assez peu en vue sur le plan offensif alors qu’il avait sans doute la place pour faire mieux. La recrue estivale a toutefois bien contenu les assauts de Pau de son côté, le très doué Kalulu n’arrivant presque jamais à le passer. De bons signaux pour une première à ce niveau.
Lacroix (6) : dans la continuité de son premier match de Ligue 2 avec Dijon, Lenny s’impose comme LA valeur sûre de notre arrière6garde alors qu’il n’était encore que n°3 en charnière quelques mois auparavant. Le jeune homme a la maturité, la hargne et la technique nécessaires pour s’imposer à ce niveau et ne se fait pas prier.
Bernard (3,6) : soirée compliquée pour l’expérimenté défenseur qui a bizarrement fait preuve de naïveté ce soir. En partie à cause des consignes du coach qui demandait à jouer très haut, mais aussi parce qu’il ne sentait jamais Versini partir dans son dos et qu’il a failli commettre des fautes très problématiques pour l’arrêter. Au final, il n’est pas au marquage sur Leye et le laisse marquer devant Aka de la tête…
Aka (4) : une première titularisation en senior, et il n’est jamais simple de le faire à un niveau si élevé, à un poste qui n’est pas son préféré. Le Nivernais a bien souvent ralenti le jeu, ne trouvant pas beaucoup de solutions devant lui, et s’est fait prendre quelques fois à revers. Remplacé à la 88e par Mimoune (5), pour une toute première entrée sur les terrains professionnels avec Dijon. Il n’a pas eu beaucoup de ballons mais on sent que sa technique et son aisance peuvent nous être très, très utiles.
Bellon (4,6) : assez serein défensivement, le n°8 dijonnais n’a pas été trop inquiété car la plupart des passes étaient jouées dans le dos de notre défense, ignorant totalement le milieu de terrain de Pau comme celui de Dijon. Dans des matchs comme celui-ci, il doit prendre plus souvent le jeu à son compte à l’image de cette passe clé qui aurait dû nous permettre d’égaliser.
Marié (4,3) : la débauche d’énergie habituelle pour un rendement vraiment pas terrible. Techniquement, le capitaine a raté beaucoup de choses et n’a pas assez contribué à développer le jeu, à la peine sous le pressing des Jaunes. Remplacé à la 62e par Chouchane (5,5), qui a débloqué bien plus de situations mais dont les coups de pied arrêtés sont encore trop médiocres pour vraiment s’imposer comme un incontournable. Il réalise tout de même une bonne entrée, comme à Montpellier.
Ndezi (5,5) : un peu moins à l’aise que la semaine passée, le gaucher a peut-être joué trop « tranquille » et moins cherché les débordements, ce qui explique qu’il s’est moins mis en évidence sans commettre de grosses erreurs. Il finit le match arrière gauche à la sortie d’Aka.
Barreto (5,9) : joueur le plus inspiré des deux équipes au milieu de terrain parmi les titulaires, il a les occasions pour ouvrir le score mais n’y parvient pas, faute de conviction notamment sur une tête pourtant en position idéale. Il a toujours son coup de rein fatal et sent très bien le jeu, dommage qu’il n’ait pas été suivi par des coéquipiers aussi inspirés que lui. Remplacé à la 62e par Lembezat (voir plus haut).
Barka (3,3) : sans frapper au but ni même avoir été d’une grande aide dans la construction de nos actions, c’est penaud que Yanis a quitté la pelouse à la mi-temps, ayant été plus un spectateur qu’autre chose. Remplacé à la 46e par Dong (5,9), dont l’entrée en jeu a été intéressante sans pour autant être décisive. Une bonne tenue du ballon, un jeu dos au but intéressant mais encore un peu trop de maladresse pour compter sur lui comme notre sauveur.
Ntamack (5,8) : pas avare d’efforts et même plus inspiré que la saison passée, on a vu l’attaquant tenter des frappes spontanées et lointaines qu’il n’essayait pas avant. Comme ce tir du gauche à mi-distance, dévié puis claqué par le gardien en corner. Trop tendre dans la surface mais volontaire, à défaut de mieux… Remplacé à la 73e par Tavares (4,4), que l’on a eu du mal à trouver et qui n’a pas suffisamment pesé sur une fin de rencontre où nous étions installés dans la surface paloise.
4 commentaires
Difficile effectivement d’en vouloir à nos joueurs, qui étaient au max par rapport à leurs capacités et donc leurs limites. Le manque de vrai 9 est flagrant, nos attaquants sont bien trop tendres, ça, on le voit tous.
Au-delà, je remets en question plusieurs choix de Ridira, à commencer par l’animation proposée. On connaît son losange inamovible, mais pour le faire vivre il faut des latéraux bouffeurs de ligne/essuies glaces à la Ismail Diallo, capables de déborder et dédoubler avec la complicité du milieu de terrain associé. Obongo et Hamada savent à peu près faire ça, ils sont coutumiers des percées, j’imagine que Faty et Boubacar Diallo aussi. Mais tous étant déjà blessés, on se retrouve avec un DD (trop) prudent comme vous le soulignez et un DG bricolé, un peu comme Marié à ses débuts. Résultat : un manque total d’allant offensif sur les ailes ! Et encore une fois, les joueurs choisis ont fait ce qu’ils peuvent. J’en veux surtout à l’entraîneur de ne pas avoir changé son système (en 4-3-3 comme on a fini le match, mais avec Ntamack sur une aile par exemple) pour optimiser l’animation en tenant mieux compte du profil des joueurs choisis. Mais ça c’est presque utopique, connaissant le dogmatisme de Ridira à ce sujet. Du coup je me dis qu’il aurait au moins pu mettre le soldat Vargas Rios en DG, c’est pas lui qui qu’on vendra plusieurs millions mais il a de la bouteille, un peu de coffre et il sait prendre le couloir pour (bien) centrer.
Autre point, la titularisation de Marié, très moyen depuis un bon moment. Et surtout, la non-titularisation de Lembezat, seul joueur virevoltant et confirmé – je mets Mimoune de côté pour l’instant. J’attends maintenant quelques ajustements pour le prochain 11 !
D’accord avec toi sur les latéraux, j’ai trouvé ça osé de mettre Aka d’un côté (première titularisation à ce niveau, pas son poste préférentiel) et Bouleghcha de l’autre (idem, novice en L2). On ne peut pas débuter un match avec deux joueurs dont le niveau est incertain, à ces postes clés. HVR aurait dû être titulaire
Je me permets de préciser, parce que je suis d’accord avec ça, que Vargas-Rios aussi est novice en Ligue 2, avant la J2 de Ligue 2 (et même après) il avait d’ailleurs moins d’expérience dans le championnat qu’Aka 😆 Mais on est d’accord qu’il a bien plus d’expérience au global c’est certain.
Quand est-ce qu’il est le plus propice de lancer un jeune joueur dans le XI de départ ? Quand on subit une grosse vague de blessures et que tout l’effectif est affaibli ? Ou quand le reste de l’équipe a des certitudes ou au moins un petit vécu pour assurer le minimum syndical ? Quoi qu’il arrive, au moins sur la phase aller cette saison on ne pourra pas dire que beaucoup de nos joueurs présentent énormément de garanties pour la Ligue 2. Ça ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas devenir des valeurs sûres assez rapidement, encore faut-il leur en donner la chance (ça vaut pour Aka, Bouleghcha, Vargas mais aussi Faty, Hamada…)
Manque de vitesse , de percussion dans le jeu pour déstabiliser le bloc de Pau, il faut être mené pour jouer vite , dommage .
Problème d’ efficacité devant qui commence à se faire sentir au bout de deux rencontres . Restons optimistes et positifs pour la suite pour ces ajustements .