Arrivé de N2 à l’été 2025 dans un secteur pourtant concurrentiel, Paul Bellon est devenu un joueur incontournable au DFCO. Sa vaste palette technique et son sens du sacrifice font de lui un milieu de terrain précieux en plus d’un homme intelligent, qui a accepté de parler de sa carrière et de cette très belle saison en National avec Le Dijon Show, pendant quarante minutes d’entretien.

Le Dijon Show : Bonjour Paul, tu es en forme pour cette première année au niveau National à 25 ans, après avoir passé tant de temps en N2, notamment à Lorient… Est-ce que ce tu penses que tu aurais pu jouer à ce niveau plus tôt dans ta carrière ?
Paul Bellon : « Je suis arrivé à Lorient à mes 10 ans quand mon père nous a fait déménager pour le travail. Mais à cet âge-là, ce n’était pas mon rêve premier de faire du football, j’y jouais surtout pour être avec les copains. Je n’ai pas fait de centre de formation pendant longtemps d’ailleurs, seulement la dernière année. Mais puisque j’étais l’enfant du club, que je ne posais pas trop de souci et que je vivais ici, ça arrangeait le club que je sois là et ils m’ont intégré à l’équipe réserve. De fil en aiguille, j’ai pu signer mon premier contrat pro. Après, je pense que je suis entré dans un petit confort. J’avais ma famille, mes amis, ma copine qui étaient là-bas. Je ne me suis jamais trop posé la question de si je devais partir ou non. Entre mes 20 et 24 ans, je me demandais si j’allais intégrer le groupe pro ou rester en réserve, mais je ne me suis jamais pris la tête. Avec le recul, c’est un petit regret de ne pas avoir franchi ce pas un peu plus tôt. Parce que l’avoir fait, même à Chambly l’an dernier en N2, dans une équipe première avec des joueurs plus âgés, ça m’a permis de grandir en tant que joueur, en tant qu’homme. S’éloigner des parents ce n’est pas évident pour tout le monde, pour moi c’était dur même à 25 ans ! Mais ça m’a fait mûrir. »
Quel a été le déclic ?
« Lors de la dernière saison à Lorient, il me restait un an de contrat mais je n’allais toujours pas être intégré avec les pros. À un moment, je n’étais même plus titulaire avec la réserve qui priorisait les plus jeunes. Je ne jouais plus du tout, ça m’a fait bizarre. À ce moment, je me suis dit qu’il fallait que je parte. Comme la réserve ne marchait pas bien, ils m’ont refait jouer ce qui m’a permis de faire une saison assez complète quand même et d’intéresser d’autres équipes de N2 la saison d’après. »
Malgré ces déboires, la formation lorientaise t’a marqué en bien.
« Par expérience, pour avoir échangé avec beaucoup de joueurs formés dans des clubs professionnels, je me suis rendu compte que Lorient était à part. On a bossé sur beaucoup de choses invisibles, sur des domaines dans lesquels on nous a vraiment fait progresser. Je pense que l’un dans l’autre, ça m’a fait gagner du temps. »
Tu ne t’exprimes pas comme le cliché du footballeur consensuel, qui évite de prendre position… C’est rare !
« On me dit souvent que je m’exprime bien et tout le monde est un peu étonné par ça. Les gens ont en tête un stéréotype, « l’important c’est les trois points et le reste on s’en fout »… »
Tu t’es donc trouvé une ambition sur le tard, après avoir passé des années sans penser à une carrière de footballeur ?
« Ça m’est un peu tombé dessus. Je faisais du football au lycée avec des potes, puis au centre avec des gars que je connais donc ça me faisais toujours plaisir d’y aller. Au fur et à mesure, puisque j’étais toujours amené à jouer à un plus haut niveau que le précédent, j’ai gravi les échelons jusqu’au contrat professionnel (en 2021). D’un coup j’ai pris conscience : c’est mon métier, je ne fais plus que ça ! C’est devenu sérieux. J’ai arrêté les cours, c’était comme une mutation professionnelle, c’était le moment d’y aller à fond. Ça m’a fait drôle de m’en rendre compte. Je pense que si je n’étais pas si déterminé et si je n’avais pas plus d’ambitions que ça, j’aurais pu arrêter en 2024 à la fin de mon contrat à Lorient. »
𝗣𝗮𝘂𝗹 𝗕𝗲𝗹𝗹𝗼𝗻 qui porte les couleurs du @FCLorient depuis la catégorie U10 prolonge aujourd’hui son contrat chez les Merlus. 🤝🐟 pic.twitter.com/NlE4V2DBws
— FC LORIENT 🐟 (@FCLorient) July 29, 2022
Donc même à Chambly, tu n’as pas eu d’autre métier que le foot ?
« Non, pas du tout. J’ai une licence en maths info-stats, mais déjà à Lorient ça me prenait beaucoup de temps avant le contrat pro. Je ne pouvais pas tout concilier, j’étais fatigué l’après-midi… J’ai donné la priorité au football quand j’ai senti que je prenais le bon virage. »
L’équilibre vie privée et vie professionnelle est essentiel pour les sportifs de haut niveau, ça t’est venu naturellement ou tu as dû te discipliner ?
« Honnêtement, je ne m’impose pas grand-chose. Je ne me prive pas. J’ai toujours eu une hygiène de vie asse saine, sans avoir à faire beaucoup d’efforts sur la nourriture, le coucher, les sorties. J’ai connu des joueurs qui pesaient tout ce qu’ils mangeaient, qui se levaient et se couchaient strictement aux mêmes heures tous les jours… Je ne me suis jamais reconnu là-dedans. J’ai besoin de liberté pour être pleinement épanoui sur le terrain et dans la vie. »
Tu as vécu une saison très réussie à Chambly, été reconnu comme le meilleur joueur de ton club par les supporters et l’un des meilleurs milieux de N2… avant que Dijon ne frappe à la porte.
« C’est ça. Chambly voulait absolument me prolonger mais je leur ai fait comprendre en signant là-bas que je ne ferai qu’une saison si ça se passait très bien, pour aller jouer au-dessus. Des clubs de National se sont renseignés, notamment Le Puy-en-Velay qui était très intéressé. Tout ça s’est fait un peu tôt parce que quand Dijon m’a contacté, j’ai dit qu’il me fallait une réponse tôt pour pouvoir m’organiser vis-à-vis du Puy notamment. Une fois l’offre devant les yeux, ça ne se réfléchit pas. Quand on voit les infrastructures, la possibilité de jouer le haut de tableau, la visibilité que Dijon apporte, c’était un choix évident. »
Tu as pu discuter avec des joueurs ou anciens joueurs du DFCO avant de signer.
« Notamment avec Paul Joly, formé à Lorient avec moi, qui a passé 6 mois ici en prêt ! Il m’a dit que c’était vraiment bien Dijon, que la ville était belle… Je connaissais aussi Lenny Montfort depuis Lorient, je savais que je n’arrivais pas totalement en terre inconnue. »
« À Lorient, on nous apprenait à bien jouer. À Chambly, j’ai dû apprendre à gagner les matchs. » – Paul Bellon
Est-ce que tu pensais pouvoir devenir un joueur aussi important, si vite, à Dijon ?
« Quand je signe à Dijon, c’est pour jouer et chercher une place de titulaire. J’avais cet apriori au sujet de la concurrence, c’est vrai, car à Lorient comme à Chambly il n’y avait pas de débat, c’est moi qui joue et basta. Mais j’avais confiance en mes qualités pour pouvoir m’imposer. Quand je suis plutôt dans la rotation en début de saison, je me dis que ça ne va pas être simple. La concurrence est sérieuse, comme Jordan Marié qui est un top joueur, un ancien de Ligue 1… ça allait être dur de le déloger. Mais si je ne bossais pas et je me mettais à bouder, j’allais être celui qui perdrait le plus de temps. Puis vient ce match contre le Paris 13 Atletico, ma première titularisation. Je fais un plutôt bon match et à partir de là, j’ai pu enchaîner malgré ma blessure. Ça a été assez naturel. Jordan était suspendu contre Bourg-en-Bresse pile pour mon retour de blessure d’ailleurs, donc j’ai pu reprendre ma place. Ça s’est super bien passé avec tout le groupe, le coach, tout le monde. Je ne suis pas surpris, mais très content. »
Cette blessure contre Villefranche ne t’a pas trop freiné d’ailleurs ?
« C’était un arrachement osseux de la cheville, j’en ai eu pour 5 ou 6 semaines. On espère toujours revenir direct dans l’équipe, mais déjà à mon véritable retour à Bourg, pour un retour dans le bain… je me suis fait secouer, comme toute l’équipe ! J’ai mis un petit peu de temps même si je pense que le match à Sochaux m’a fait beaucoup de bien individuellement et collectivement. En constatant que je pouvais exister dans ce contexte-là, devant 18 000 personnes, je me suis dit : allez, ça repart. Je n’ai pas eu d’appréhension quant à ma blessure, j’ai fait les choses à fond. »
Et aujourd’hui, tu fais partie des chouchous des supporters ! Si on te dit que tu es un joueur élégant, tu en penses quoi ?
« Je suis plutôt d’accord. Je ne me vois pas autant que vous de l’extérieur, mais c’est les retour que j’ai eus en général. On me compare à des joueurs élégants. C’est flatteur. Déjà à Lorient, par rapport à ma fébrilité physique de l’époque, c’était quand j’avais le ballon dans les pieds que je brillais le plus. Les gens pouvaient être surpris de me voir aussi à l’aise techniquement. »
Interessant fand ich ZM Paul Bellon (26) von Dijon: spielstarker Mittelfeldspieler, technisch ordentlich, gute Ballverarbeitung und hohes Passniveau. Dazu Guter Ballschlepper. Wirkt aber Schmächtig, Zweikampfleistung dazu nicht perfekt, aber sehr gute Zahlen https://t.co/9sbXCpQdDN pic.twitter.com/GacRbe9Pdu
— artsy_ft (@artsy_ft) March 27, 2026
On te rassure tout de suite : tu ne donnes pas du tout l’impression d’être frêle dans les duels en 2026 !
« Un facteur qui peut l’expliquer c’est qu’à Lorient, on était nombreux à afficher un profil similaire : Enzo Le Fée, Julien Ponceau… Au final, on faisait tant de boulot sur les sorties sous pression, les duels à l’épaule, la récupération car on devait se débrouiller pour piquer des ballons à des adversaires plus lourd de 15kg, que ça nous a beaucoup aidé. À l’inverse, j’ai connu des joueurs qui faisaient 90kg à 15 ans et qui marchaient sur tous le monde en jeunes et quand ils sont tombés sur des papas chez les adultes, ils n’arrivaient plus à faire les différences. Bosser là-dessus a été top dans ma progression. Puis, à Chambly, je n’étais plus du tout protégé. »
Le football en réserve d’un club pro et en équipe première dans un club plus modeste, à niveau comparable, ça n’a rien à voir ?
« Pour vous donner un exemple, au début d’année à Chambly, le président est venu nous voir collectivement pour nous dire « là, les gars, il faut gagner ». À Lorient, on nous apprenait à bien jouer, à Chambly j’ai dû apprendre à gagner les matchs. Peu importe comment. À Lorient, il y avait un système de notation pour évaluer chaque action. À la fin du match, tu pouvais avoir 20 « + » et 15 « – » pour chaque action positive et négative. Je trouve que c’était très stigmatisant, ça diabolisait l’erreur. Pendant longtemps, j’évitais donc de prendre des risques, de perdre la balle, j’avais un souci avec ça. Mon passage à Chambly m’a transformé. Je m’en fous de perdre 20 ou 30 ballons, si j’en donne deux qui font marquer et gagner l’équipe, c’est le plus important. Il y a un juste-milieu à trouver, mais j’ai réussi à me lâcher. Ça arrive que la formation bride un peu les joueurs, en les enfermant à des postes, en appliquant à la lettre le contrôle-passe… et que les joueurs les plus créatifs et décisifs soient ceux qui ont un parcours plus atypique. »

En tant que spectateur neutre devant un match de foot, tu préfères les joueurs efficaces ou les esthètes ?
« Je suis plutôt terre-à-terre. Ce que je kiffe regarder, c’est le style Guardiola, quand c’est simple mais efficace. Des fois, tu avais un De Bruyne qui sortait une passe venue de nulle part, c’est vrai. Mais par exemple, ce que fait Rodri, je trouve ça admirable. C’est toujours la bonne passe dans le bon timing. Au contraire ça va m’agacer pendant une belle action si je vois un joueur qui fait un contrôle derrière la jambe qui n’a pas lieu d’être, que la balle sort en touche… Si c’est un coéquipier qui le fait, je ne comprends pas comment c’est possible ! Je préfère une belle passe du plat du pied qu’une talonnade risquée, même si ça fait plaisir au public. »
Et pour Baptiste Ridira, c’est quoi un bon n°6 ?
« C’est un joueur qui est en capacité de gérer le milieu. Il guide les joueurs devant lui dans le pressing ou quand l’équipe défend plus bas. C’est celui qui récupère les ballons et qui évite à ses centraux de se faire fixer. Avec le ballon, il trouve les décalages, il met les relayeurs et le n°10 dans les meilleures conditions… Quand Adel Lembezat ou Michaël Barreto sont sur le terrain, je sais que j’aime bien les mettre eux dans les bonnes conditions pour faire la dernière passe. »
Ce vendredi comme souvent sur la phase retour, le DFCO va devoir faire sans Lembezat ni Barreto. Et vous irez à Fleury, la seule équipe qui vous a battu en National…
« Honnêtement, ils me font plus peur aujourd’hui que quand ils sont venus à Dijon. Ils sont sur une bonne dynamique, en termes de jeu aussi c’est remarquable ce qu’ils font. Il y a ce fantôme du match aller c’est vrai, mais on en a discuté entre nous et on n’en fait pas toute une histoire. Pas de fixette, il ne faudrait pas s’empêcher de bien jouer. Par contre, on aimerait bien prendre notre revanche. On a à coeur de le faire, tout en les respectant parce que c’est une très bonne équipe avec de bons joueurs qui connaissent bien le championnat. On sera prêts pour répondre présents. »
Yanis Barka, Julio Tavares, Adel Lembezat, Michaël Barreto : blessés. Waly Diouf : suspendu. Paul Delecroix : incertain. Ma santé mentale : affectée. https://t.co/nEGsWJsoh5 pic.twitter.com/JruwFwxCr9
— julien ⊬ (@No_vak) March 29, 2026
Le tout en évitant bagarres et suspensions, n’est-ce pas ?
« Oui, surtout qu’on en a eu quelques unes récemment ! Contre Aubagne, on prend des cartons jaunes un peu cons, on perd Waly… c’est dur franchement. On a la chance d’avoir Lenny Lacroix qui fera le taff, pas de souci. Mais avec cette charnière Bernard-Diouf, en tant que n°6, j’étais tranquille, derrière tout est géré ! On s’est fait cette réflexion en début de semaine : on a perdu des joueurs alors que c’était évitable. Des jaunes peuvent entraîner d’autres suspensions. Il reste 7 matchs, tout ce qu’on peut éviter, il faut l’éviter. »
Il y avait de la tension à Concarneau aussi comme contre Aubagne… On sent qu’il y a de l’enjeu dans ces matchs.
« Peut-être que les adversaires se raccrochent à cette tension-là pour avoir de la force supplémentaire contre nous. Nous, on est peut-être aussi un peu plus à fleur de peau. Cela fait presque neuf mois qu’on est en haut du classement, on en voit le bout, on a l’impression qu’on touche quelque chose du bout des doigts sans y être encore… On est un peu à vif. »
Surtout que nos adversaires ont ce petit regain de motivation quand ils jouent le leader.
« En début de saison, on savait qu’on serait en haut du tableau mais Caen faisait peut-être plus peur que nous par exemple. Maintenant, les gens veulent notre peau. Ça fait un mois qu’on est en tête, tout le monde veut être « l’équipe qui nous a tapé ». Et là, Fleury, s’ils se disent qu’ils l’ont fait deux fois dans la saison, ils vont se la raconter… C’est vraiment une motivation supplémentaire, il faut faire avec. On sait qu’on est les « chassés ». Tant que nous ne faisons pas de faux-pas, il n’y aura rien à calculer derrière. »
« D’ordinaire je suis plutôt d’accord avec Samy, mentalement c’est bien d’être derrière car en plus d’avoir un objectif clair, la pression est un peu plus sur l’autre équipe. Mais au final, si tu fais un faux-pas, il vaut mieux être devant que derrière. On l’a bien vu avec Rouen qui est derrière depuis quelques jours, ça a dû leur mettre un coup au moral de voir que Sochaux et nous avons gagné, surtout avec leur match d’avance. Au final je préfère être dans la peau du leader, avoir les points, ça nous laisse une marge d’erreur. »
« Personne ne s’imagine déjà en Ligue 2 à l’avance » – Paul Bellon
La deuxième défaite n’est pas passée loin récemment, es-tu d’accord pour dire que Dijon joue un peu moins bien ces dernières semaines ?
« Une défaite en 25 matchs, ça peut paraître facile ce qu’on fait, mais on se rend compte que tous les week-ends, c’est une vraie bataille. Concarneau, ils n’ont plus rien à jouer et on leur roule dessus en début de match, on se dit qu’on va leur en mettre 4 ou 5… Au final c’est dur, les mecs vendent cher leur peau (1-1 score final, NDLR.). Bizarrement, on a égalé notre meilleure série de victoires avec 3 succès de suite contre Versailles, mais ce ne sont pas du tout nos matchs les plus aboutis. On arrive à gagner en étant moyens. Si on parvient à faire de meilleurs matchs comme contre QRM à l’aller, Concarneau à l’aller ou Valenciennes, ça se passera bien. »
D’un point de vue de supporter, ne pas accrocher la Ligue 2 serait un échec à ce stade. Quel est ton avis sur cette bataille en haut de tableau ?
« À la mi-saison, avant d’affronter Le Puy, on a fait un premier point. On s’est regardé dans les yeux et on s’est dit, que c’était cette année-là. C’est cette saison. On a les cartes en main, les joueurs pour y arriver, le groupe pour. Les anciens, Paul Delecroix et Quentin Bernard, parlaient de ça, à juste titre. Ils disent que ça serait une faute professionnelle de ne pas y arriver. De mon point de vue, c’est la première fois que je joue une montée parce qu’avec Lorient on ne pouvait pas le faire et qu’à Chambly, on n’a jamais été vraiment dans la discussion même si on remonte bien à la fin. C’est excitant. On regarde les résultats des adversaires, si tu perds des points ça te met un coup au moral, si tu en gagnes tu es le roi du pétrole. C’est un ascenseur émotionnel. Même après avoir fait un grand pas le week-end dernier, il faut garder en tête qu’il faut cravacher. Il reste sept matchs, aucun ne sera facile. Il y a Sochaux dans le lot. On est à fond pour tout gagner et éviter de se poser des questions. »
Il y aura trois points en jeu lors de chacun des 7 derniers matchs, mais il y a ce duel symbolique contre Sochaux… Comment situes-tu le niveau du FC Sochaux par rapport au vôtre ?
« On a pu les jouer en amical l’été et en novembre à Bonal, je trouve qu’ils ont des forces et qualités individuelles très impressionnantes. Gomel, Boutoutaou qui m’a beaucoup impressionné à l’aller, Djoco, incroyable. Des forces offensives remarquables. Mais je trouve que collectivement, à l’époque, ce n’était pas encore super rôdé. Nous ressemblions plus à une véritable équipe de foot, très complète à tous les points de vue, tous les postes, alors qu’ils avaient des difficultés en charnière et parfois au milieu de terrain. Je trouvais qu’ils se reposaient beaucoup sur leurs individualités. Ils nous ont d’ailleurs mis en danger en transition, sur des actions individuelles, mais on a bien géré tout ça, on avait le ballon et on coupait les transitions. Ils ont sans doute avancé et progressé depuis. Bien sûr que Sochaux fait peur, je les trouve très en réussite, mais dans une rencontre qu’on jouera à domicile, on peut très bien gagner encore une fois. Déjà, si on prend six points contre Fleury et Bourg, on aura fait un grand, grand pas vers nos objectifs et on pourra aborder ce match contre Sochaux plus tranquillement. »
Et penser un peu plus au titre de champion ?
« Il y a deux mois, on en rigolait et je me disais dans ma tête : la deuxième place assurée, je signe direct. Et maintenant, on est en train de se dire que ça serait dommage de ne pas aller chercher un titre. On sent qu’on tient vraiment quelque chose, qu’on a les cartes en mains. Malgré tout on reste très pragmatiques, personne ne s’imagine déjà en Ligue 2 à l’avance. L’objectif à court terme, c’est déjà d’aller battre Fleury ce vendredi. Si on atteint cet objectif de montée prématurément, on verra pour lâcher les chevaux. On ne se prend pas pour d’autres, surtout dans une période où on fait des matchs moyens. On n’est pas à l’abri et il y a encore du boulot pour faire de meilleurs matchs sur cette fin de saison qui arrive. »
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