Après près d’un mois de trêve, les supporters du DFCO ont patienté jusqu’au lundi soir pour voir leur équipe engranger trois points de plus en Ligue 2 lors d’un choc contre l’un des habituels cadors pour clore la huitième journée. Un match qui a tenu toutes ses promesses en termes de spectacle et qui voit Dijon s’éloigner de la zone rouge en battant Metz, avec la manière.

LE MATCH
Dijon FCO – FC Metz : 4-2 (3-1)
Au Parc des Sports Gaston-Gérard, lundi 12 octobre 2026, coup d’envoi à 20h45.
Buts : Vargas-Rios (19e), Lago (24e), Tavares (32e), Bernard (69e) pour le DFCO / Fall (44e, 88e) pour le FCM.
Avertissements : Ruiz (23e), Miguel (65e), Devenish (72e) pour le FCM.
DFCO - Metz
Entame parfaite
Face à une équipe lorraine alignée en 3-5-2, la bataille du milieu de terrain n’a pas été de tout repos. Mais elle a finalement été remportée par un losange bourguignon qui a parfaitement su exploiter les erreurs adverses. Dès les premières minutes du match, ce sont effectivement les Dijonnais qui se sont montrés les plus entreprenants, à l’image des deux attaquants particulièrement pressants sur le porteur du ballon. Peu après le quart d’heure de jeu, Marié gratte le ballon à Deminguet, se fend d’un petit pont bien senti vers Bellon, lequel transmet à Hugo Vargas-Rios qui dispose de beaucoup trop d’espace aux trente mètres. Un joueur ne tenterait pas sa chance d’ici s’il n’avait pas un grain de folie, mais pas de quoi refroidir le Franco-argentin qui ne se pose pas de question : la trajectoire sublime, en feuille morte, qu’emprunte le ballon finit sa course dans la lucarne de Fischer qui ne peut qu’aller le chercher au fond de ses filets (1-0, 19e).
Un premier but qui confirme un déséquilibre offensif qui commençait déjà à s’installer, quand bien même les Messins tentaient de trouver des situations par l’intermédiaire du géant Pape Moussa Fall. Contenu tant bien que mal par la charnière rouge et un Delecroix bien vigilant, se ruant sur chaque ballon qui s’aventurerait dans sa surface de réparation. Invités par Bernard, dans l’avant-match, à rester bien concentrés dans les cinq minutes qui suivraient un potentiel but de leur part, les Bourguignons se voient encore plus inspirés : un long ballon du défenseur central est mal négocié par l’arrière-garde messine et permet au jeune Ange Lago de se lancer dans un duel contre trois visiteurs. Duel qu’il négociera parfaitement grâce à une excellente conduite de balle pour venir inscrire le but du break (2-0, 24e) moins de cinq minutes après HVR.
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Loin de ses bases, le FC Metz n’est clairement pas en odeur de sainteté en ce lundi soir, et se voit une nouvelle fois transpercé par une passe lumineuse d’un Bellon qui sert Julio Tavares dans le bon tempo, face à une défense complètement désorganisée, alors qu’Hamada faisait l’appel à l’opposé. Un choix payant puisque le désormais meilleur buteur de Ligue 2 en activité dans le championnat crucifie le portier messin avec beaucoup de sang-froid pour permettre à son équipe de mener de trois longueurs à la demi-heure de jeu (3-0, 32e). Metz va pourtant s’offrir un soubresaut d’espoir et réduire l’écart sur un centre-tête bien réceptionné par Pape Fall contre lequel personne ne peut physiquement rivaliser dans la surface de réparation, au meilleur des moments soit juste avant la pause (3-1, 44e).
Maîtrise collective
Forcément remotivés par ce but qui semblait si facile à mettre malgré une entame catastrophique, les hommes de Grégory Proment débutent le second acte de ce match avec de meilleures intentions. Mais cette équipe dijonnaise est soucieuse de ne pas sombrer dans le doute et est venue montrer les crocs ! Muselant peu à peu les incursions tentées par les Grenats et les forçant à commettre de nombreuses fautes, le milieu de terrain dijonnais continue de jouer sa partition sans presque aucune fausse note. Ayant pour conséquence un quatrième but par l’intermédiaire de Marié et – disons-le – d’un Fischer malheureux dans sa sortie aérienne, autorisant Quentin Bernard à inscrire son premier but en Ligue 2 depuis… son passage à l’AJA (4-1, 69e). L’occasion pour lui de délivrer un bel hommage et un beau message pour son ancien entraîneur.
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La réduction de l’écart une nouvelle fois par l’intermédiaire de Pape Fall semblera bien anecdotique en fin de rencontre (4-2, 88e), et malgré quelques frayeurs, Dijon s’est imposé ce soir comme la meilleure des deux formations à bien des égards. Les plus pessimistes parleront peut-être des grossiers errements défensifs du FC Metz ou de la boulette de Fischer qui ont permis à nos protégés d’empocher trop facilement les trois points. Mais après avoir critiqué par moments – et à juste titre – le manque de réalisme de nos attaquants, il serait totalement injuste de leur tomber dessus un soir de réussite. Une réussite qu’ils se sont créée eux-mêmes, à l’image de ce que réclamait Ridira dans les vestiaires. Comme quoi, le football sait bien nous récompenser lorsqu’on le respecte.
Harmonie et géométrie
Un carré est aussi un losange, et celui proposé ce soir a été (presque) infaillible pendant 90 minutes. On vous en parlait en avant-match dans notre dernier Micro Show, notre milieu de terrain est un véritable arsenal capable de faire sauter n’importe quel verrou. Un but pour Vargas, deux passes décisives pour Bellon, des gestes décisifs pour Marié… Les faits et statistiques ne suffisent même pas à résumer à eux seuls leur excellent match. C’est vous dire si ces hommes ont été précieux, tous directement impliqués sur des buts à l’exception d’un Lembezat tout de même très utile.
Même les remplaçants ont eu leur carte à jouer dans cette rencontre, en témoignent les entrées de Ndezi et Chouchane, probablement préservés suite aux déplacements qu’ils ont effectués pendant la trêve. Leur absence du XI titulaire aura probablement interloqué plus d’un observateur compte tenu de leurs qualités intrinsèques et de leurs récentes sorties sous le maillot rouge. Mais le DFCO aura besoin de toutes les forces en sa possession pour être compétitif vendredi à Reims, dans moins de quatre jours.
Nul doute que Ridira et son staff ont plusieurs atouts dans leur manche. Plusieurs ingrédients différents pour composer leur recette de prédilection. La rage de Vargas-Rios lors de son but et sa réaction à la mi-temps pour sa première titularisation sont des témoins majeurs de la dangerosité que peut représenter le milieu de terrain dijonnais pour ses futurs adversaires dans ce championnat, tant la concurrence semble leur seoir. Le message est passé.
@CM_Tadryel
LES NOTES
L’Homme du match : Julio Tavares (8,4)
Ultra protagoniste, son impact sur le jeu est toujours aussi impressionnant au fil des années. D’autant plus que le Cap-verdien a su garder sa lucidité avec un très beau ballon piqué pour le but du 3-0. Avec quatre réalisations cette saison et un rôle de pivot toujours inégalé, Julio semble – plus que jamais – éternel. Remplacé à la 76e par Dong (5), qui n’a pas vraiment eu l’opportunité de se mettre en valeur.
Delecroix (5,5) : ce n’est pas le match où on a eu le plus besoin de ses services, lui qui a été élu joueur du mois de septembre par les supporters du DFCO. Surpris à deux reprises par Fall (44e, 88e) mais rassurant dans ses sorties, le portier a rendu une copie très correcte.
Hamada (6,1) : toujours virevoltant et combatif dans son couloir – qu’il a parfois déserté, laissant des opportunités aux ailiers grenats. L’international comorien commence à s’imposer durablement au poste de latéral, pas seulement par défaut mais aussi clairement parce qu’il a toutes les qualités pour y réussir sur le long terme. Il a été encensé par les commentateurs de beIN Sports.
Lacroix (6,9) : l’ancien Messin a réussi à contrer la très grande majorité des attaques du FC Metz de Grégory Proment, son ancien coach de l’époque à laquelle il évoluait dans l’équipe réserve du FC Metz. Mais c’est à Dijon que le joueur endosse peu à peu le rôle de leader de l’arrière-garde de son équipe, avec une bien meilleure prestation que ces dernières semaines. Presque impassable.
Bernard (6,8) : une vraie bonne perf’ pour l’infatigable QB. Alors qu’il semblait mis en difficulté par les premières offensives de Metz, il a su se ressaisir et à même inscrit un but de renard des surfaces à la suite d’une bourde du gardien adverse. Un but ponctué d’une célébration pleine de joie et de bons sentiments, donnant le sourire à tous les supporters dijonnais mais pas que.
Diallo (5,8) : se retrouver face à un ancien joueur du Bayern n’était, sur le papier, pas la tache la plus aisée pour le jeune défenseur gaucher, pour la première fois titulaire en Ligue 2. Et pourtant, il n’a pas semblé impressionné par un tel défi, malgré quelques erreurs à gommer à l’avenir. Une prestation plutôt encourageante pour l’arrière, déjà auteur d’un bon match amical face à l’ESTAC. Le DFCO a-t-il trouvé sa paire de latéraux ? Rien n’est moins sûr, mais on a clairement envie de revoir « Bouba ». Remplacé à la 84e par le jeune Puleri (5), qui a connu ses premières minutes en pro. Le Beaunois, au DFCO depuis ses 7 ans, n’a été que très peu sollicité dans son couloir.
Bellon (7,9) : si vous avez écouté le dernier Micro Show, vous avez pu nous entendre une nouvelle fois nous extasier sur le milieu de terrain dijonnais. Qu’est-ce qu’on aime quand il nous donne raison ainsi ! Une conservation et protection de balle redoutablement efficaces. Des ballons distillés parfaitement. Et que dire de sa deuxième passe décisive à destination de Tavares pour le troisième but ? Avons-nous encore besoin de vous convaincre que Paul « Verratti » Bellon est un joueur extraordinaire ? À ce stade, probablement pas.
Marié (6,9) : l’indispensable milieu de terrain a une encore fait un vrai match dans un entrejeu dijonnais, deux ou trois crans au-dessus de son adversaire du soir. Son coup franc bien frappé a permis à Bernard d’enfoncer le clou pour nos Bourguignons. Mais bien plus que ses coups de pied arrêtés, ce sont toutes ces petites actions intermédiaires, ces passes en une touche, ces pieds mis au bon endroit au bon moment qui nous font dire à quel point le capitaine est précieux.
Vargas-Rios (7,4) : très investi au cœur du jeu malgré quelques imprécisions (largement pardonnées et compensées). Son véritable missile, aussi puissant qu’élégant, a fait se lever plus d’un supporter de son siège ou de son canapé. Les murs de mon appartement tremblent encore, mais ce que mes voisins appelleront vulgairement des « nuisances sonores » étaient juste un gros shot d’adrénaline pour chacun d’entre nous. Excellente première titularisation en Ligue 2. Remplacé à la 62e par Ndezi (5,3), de retour de sélection. Un match assez discret pour le Congolais, peut-être plus sobre mais aussi très juste de sa part.
Lembezat (6,3) : toujours adroit techniquement, le Dijonnais a subi beaucoup de fautes mais a souvent su trouver des solutions. Peut-être un poil égoïste à la 55e quand il choisit la frappe au lieu de la solution collective avec Lago à sa gauche, mais aussi malchanceux quand son tir à bout portant est dévié vers le poteau… Une bonne prestation dans l’ensemble, dans la lignée d’un début de saison réussi qui devrait vite être récompensé. Remplacé à la 76e par Chouchane (5,9), entreprenant mais aussi un peu brouillon dans sa propre surface.
Lago (6,9) : une très bonne agressivité qui lui a permis de récupérer le ballon et de tromper Fischer à l’aide d’une finition chirurgicale pour le break, sans oublier une adresse qu’on ne lui connaissait pas dans les dribbles. Il a été très actif et a bien joué, tant dos au but qu’à la récupération. Remplacé à la 62e par Ntamack (3,8) qui n’a pas spécialement réussi son entrée avec un face-à-face manqué et plusieurs opportunités gâchées.
@LeVic

2 commentaires
Gros match hier, notamment au milieu de terrain et devant.
J’ai beaucoup aimé le tranchant et la justesse des deux anciens Marié et VR au milieu, qui mettaient Bellon et Lembezat dans de bonnes dispositions. HVR a prouvé qu’il avait le niveau L2 et je pense vraiment qu’il y a quelque chose à faire en le positionnant DG, à mesure que Ndezi retrouvera sa place. Diallo est bon et a un vrai potentiel, c’est très prometteur, mais à l’heure actuelle il est encore un peu light, sur le placement notamment. Toutefois, Ridira ne semble guère envisager cette option puisqu’il a hier sorti Hugo poste pour poste au profit de Ndezi.
Au milieu toujours, je reste embêté par le manque de maîtrise de Lembezat face à la cage, il gère assez mal quand ça s’approche du gardien. Je ne sais pas s’il peut avoir un déclic là-dessus à 28 ans mais le cas échéant ça ferait très mal vu le tranchant dont il fait preuve balle au pied en parallèle.
Devant, Jùlio phénoménal, placement parfait, conservation et même maitrise technique… il est pas loin d’être la meilleure version de lui-même.
Le but de Lago est très très fort (si on fait fi de la passe dé du défenseur messin) : il s’impose directement, embarque son vis à vis où il veut tout en s’approchant du but et envoie pour finir une vraie belle frappe de son pied faible. Il marque un peu comme ça face à Laval, foire son face à face à Annecy mais s’était imposé quand même face à son défenseur au début de l’action. Bref, il confirme une bonne fois pour toute, c’est solide et je pense que, s’il est épargné par les blessures, il ira bien au-delà des 2 buts cette saison.
En tout cas très belle doublette pour la L2.
Dernier point sur Ntamack, le Barcola local, c’est plus possible tant de mauvais choix ! En plus, il oublie complètement Dong sur son occase la plus franche… Vivement le retour de Barka, j’espère qu’il le supplantera dans la hiérarchie et permettra de faire souffler Julio en conservant une capacité de menace offensive.
Bonjour, je suis bien d’accord avec ce message et je constate aussi qu’à une exception près, tous les joueurs qui performent et qui sont titulaires avec le DFCO étaient déjà au club l’an dernier, en National voire en réserve ou U19Nat… Ça en dit long sur la qualité du recrutement de ces dernières années, mais aussi de la formation dijonnaise qui a vraiment pris le bon virage avec la nomination de M. Roche.
Le parti pris, assumé, de ne pas trop recruter cet été et donc de faire quelques économies salariales importantes en se basant sur un effectif bien soudé et déjà qualitatif, pourrait bien finir par payer. On ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais les premier signaux sont positifs.