Il n’y aura pas de troisième défaite de suite en Ligue 2 pour Dijon, qui a même dominé Grenoble à l’extérieur mais s’est fait peur à la veille d’Halloween (1-3) ! Rapidement devant, le DFCO n’a plus lâché son avantage malgré quelques turbulences, et a réussi à marquer trois fois dans le même match, une fois de plus.

LE MATCH
LES FAITS DU MATCH GF38 – DFCO
Grenoble Foot 38 – Dijon FCO : 1-3 (0-1)
Au Stade des Alpes (Grenoble), vendredi 30 octobre 2026, coup d’envoi à 20h00.
Buts : Bonnet (84e) pour le GF38 / Tavares (15e), Ndezi (50e) et Barka (90e+5) pour le DFCO.
Avertissements : Corboz (10e) pour le GF38 / Lacroix (71e) pour le DFCO.
Grenoble - DFCO
Démonstration
En déplacement chez une équipe en difficulté de ce championnat de Ligue 2, il était difficile de savoir à quoi s’attendre pour un supporter du DFCO qui a vu Dijon rentrer avec de bons résultats d’Annecy et de Montpellier, mais aussi être déçu de ses sorties à Boulogne ou à Clermont. Finalement, c’est un scénario très différent de ces matchs récents à l’extérieur qui s’est produit, avec un Dijon entreprenant, aussi dominateur que fébrile par moments, mais qui a surtout pris l’avantage dès le premier quart d’heure et ne l’a plus lâché !
Un but marqué par l’inimitable Julio Tavares en filou au premier poteau, d’une tête magistrale qui prend toute la défense de court grâce à un corner bien frappé par Marié (0-1, 15e). Ce but vient ponctuer un début de match parfait des Dijonnais qui dominent à la possession et aux occasions, créées çà et là par Lembezat, Lago et un côté droit bien plus actif et adroit que contre Rodez. Cet avantage très net ne pouvait pas durer et va commencer à s’estomper, avec quelques boulettes et imprécisions remettant le GF38 dans le sens de la marche jusqu’à une fin de mi-temps houleuse et stressante. Malgré une bonne combinaison Tavares-Lago, ce sont les tentatives de Bonnet (offerte sur un plateau par Diouf) et de Xantippe qui sont les plus dangereuses. Fort heureusement, elles n’aboutissent pas et les Bourguignons rentrent aux vestiaires avec un score favorable et beaucoup de choses à se dire pour ne pas sombrer en deuxième.

Certitudes et confiance
Et il semble bien que les problèmes aient été réglés à la pause, tant nos Rouges (vêtus de gris) ont repris l’ascendant à partir de cet instant. Avec une motivation renouvelée et la sensation de pouvoir faire quelque chose de bien contre un adversaire relativement faible, c’est le DFCO qui reprend sa marche en avant et qui va piquer fort, en transition. Vargas est entré à la pause et se fait le relais de Lacroix pour Marié, qui transmet très vite à Lembezat. Sans contrôler dans sa course et en une touche, le milieu offensif dijonnais voit l’appel de Brandon Ndezi et le sert idéalement entre deux défenseurs, lui donnant un kilomètre d’avance sur tous ses adversaires. L’international congolais ne se fait pas prier et finit l’occasion de bien belle manière, entre les jambes d’Olliero (0-2, 50e).
Grenoble reste dangereux par intermittence, surtout de la tête et sur les coups de pied arrêtés avec des joueurs de grande taille comme Cerri, Kouassi ou Djitté, mais manque de tranchant et de qualité technique pour réellement poser un problème aux visiteurs. Et de l’autre côté, Dijon va presque tripler la mise avec un coup franc vicieux de Vargas-Rios frappé au premier poteau, qui heurte la base du montant avant de sortir pour un renvoi du gardien qui n’avait pas bougé. En face, un autre entrant (Baptiste Mouazan) s’éclate et tire les ficelles, mais Dijon n’est pas en reste et Chouchane va lui aussi frapper sur le cadre grenoblois d’un tir en angle fermé, qui aurait pu faire mouche.
33 tirs dans cette rencontre 🤯 https://t.co/J1pOVVHVtm
— Ligue 2 BKT (@Ligue2BKT) October 30, 2026
Final palpitant
Ce match n’a pourtant pas livré son verdict, et si on se rapproche du coup de sifflet final, on sent que Grenoble a encore les ressources pour se rebiffer. L’intenable Mouazan force Delecroix à la claquette sur une reprise de volée très bien réalisée, puis offre à Vidal une bonne occasion de marquer sur corner. La tête du défenseur est détournée par Lacroix, dont le temps de réaction est trop long pour dégager devant sa ligne ; il permet à Ugo Bonnet de pousser le ballon au fond (1-2, 84e). D’un coup, les supporters que nous sommes pensent à la débandade. Les vagues bleues s’écrasent inlassablement sur le but dijonnais et les coups francs et corners ne nous laissent aucun répit. D’autant que Chouchane a raté une occasion en or de nous mettre à l’abri, sur un centre en retrait de Barka qui arrive légèrement derrière sa jambe d’appui.
C’est finalement le même duo, entré depuis peu, qui a l’énergie pour faire définitivement pencher le match en notre faveur. Dans une tentative de recoller au score, Grenoble envoie beaucoup de joueurs devant mais permet aussi à Barka de contrôler non sans mal un dégagement rapide de Delecroix au pied. Celui-ci s’emmène très bien le ballon et voit l’appel de Chouchane qui se présente pour la troisième fois face aux cages. Son tir est repoussé par Olliero mais un contre favorable lui permet d’emmener le ballon le long de la ligne de but, et il ne fait pas l’erreur de retenter sa chance. Il ressert Yanis Barka qui a bien suivi et scelle le sort des deux formations (1-3, 90e+5).
Quoi qu’on en dise, et même si la maîtrise n’aura pas été maintenue pendant l’entièreté de la rencontre, le DFCO a livré un bon match loin de Gaston-Gérard après l’énorme déception contre Rodez. De quoi s’éloigner à nouveau de la zone rouge et prendre de l’avance sur un concurrent au maintien, qui a très sincèrement beaucoup plus de problèmes à régler qu’un Dijon certes fébrile mais létal quand il s’agit du dernier tiers adverse. En termes de buts concédés, nous faisons partie des pires équipes du championnat mais pour ce qui est des buts marqués, seuls les géants Saint-Étienne et Reims nous devancent. Une véritable fierté pour nous, qui nous rappelons avec émotion des années Dall’Oglio. Un entraîneur dont la philosophie était simplement de marquer plus que nos adversaires, peu importe qu’ils s’appellent OL, PSG ou Monaco, et d’être le moins possible sur le reculoir. Ces prémices d’un jeu débridé et d’un football spectacle ne peuvent que nous remplir de joie, dans une saison où nous étions destinés à souffrir. Où l’inquiétude était permise et légitime quand Julien Domingues, d’ailleurs en grande forme (9 fois décisif cette saison), nous quittait en plein mois d’août pour l’Arabie saoudite. Que cela soit son remplaçant sur le mercato ou ses concurrents déjà présents au club, on peut dire que la relève est assurée.
@Novak
LES NOTES
L’homme du match : Jordan Marié (7,8)
Quel partidazo de la part du capitaine, qui aura abattu un travail titanesque d’un bout à l’autre du terrain ! Il n’a pas hésité à se replacer très bas pour aider sa charnière centrale quand la situation l’exigeait, tout en étant une véritable plaie pour Grenoble dans les 4 coins du losange dijonnais. Rapidement décisif avec une passe décisive sur corner, Jordan a été absolument précieux dans tous les compartiments du jeu. Lui, qui a récemment fêté ses 35 ans, est logiquement notre lauréat pour cette 11e journée.
Delecroix (6,1) : vigilant sur les quelques occasions grenobloises tout au long du match, et ce même lorsqu’il semblait plié pour Dijon, il ne parvient toujours pas à obtenir son premier clean-sheet à cause d’un but inscrit à quelques centimètres de sa ligne. Son arrêt sur la volée de Mouazan et le dégagement vers Barka dans les ultimes secondes valent leur pesant d’or.
Bouleghcha (6,8) : de retour à son poste qui avait été occupé par Lacroix récemment. Pour Baptiste Ridira comme pour nous tous, retrouver un vrai latéral droit de formation a été une vraie satisfaction. Sérieux et entreprenant en particulier dans le premier acte, il a rendu une très belle copie qui donne envie de le revoir davantage sur les terrains de Ligue 2.
Diouf (5,3) : en difficulté ces derniers temps, il est encore une fois mêlé à une incompréhension avec son propre gardien, le lobant de la tête et manquant d’offrir à Grenoble l’opportunité d’égaliser dans la foulée de l’ouverture du score. Fort heureusement, il n’en a rien été, et il aura su se remettre au niveau par la suite. Mais ce genre de boulettes facilement évitables peut coûter extrêmement cher et devra moins se répéter à l’avenir, dans un championnat nécessairement plus exigeant que le National…
Lacroix (6,2) : de retour en charnière, il aura su s’imposer dans la majorité des cas face aux incursions grenobloises et rattraper les bévues de ses propres partenaires… S’il s’est montré coupable à quelques reprises lors des matchs précédents, il a démontré qu’il était capable de se réveiller pour sortir de belles prestations. Dommage de finir ainsi, car il est partiellement fautif sur la réduction du score iséroise.
Diallo (4,8) : probablement le joueur le moins en vue de la défense dijonnaise sans avoir été très mauvais non plus. C’est régulièrement son couloir qui a été ciblé par les locaux et sur lequel ils ont insisté pour tenter de renverser la vapeur. Il réalisait souvent une petite gaffe et un bon geste pour se rattraper dans la foulée, ou parfois l’inverse. Remplacé à la 63e par Faty (5,8), apportant un profil un différent, de la fraîcheur et une motivation indéniable comme depuis le retour de trêve.
Bellon (5,2) : une première mi-temps correcte bien que légèrement en deçà de ses standards, peut-être gêné par un coup subi en première période. Le staff dijonnais a considéré cet événement comme suffisamment important pour ne pas prendre de risques. Remplacé à la mi-temps par Vargas-Rios (6,5), offrant à Dijon une mi-temps de haute volée et nous prouvant que sa mauvaise passe à Reims n’était qu’un accident. Comme à son habitude, il a tenté sa chance de loin, trouvant même le poteau sur coup-franc direct.
Ndezi (7) : après une première mi-temps où il a pu briller par intermittence, son influence sur le jeu dijonnais semblait vaciller… Jusqu’à ce que la seconde période arrive et qu’il se remette à nous régaler. Loin des gestes fantasques dont il a secret, c’est tout en sobriété qu’il inscrit le but du break entre les jambes du gardien, venant logiquement récompenser tous ses efforts cette saison. Sa première réalisation sous nos couleurs et dans le monde professionnel.
Lembezat (6,6) : l’incontournable meneur de jeu dijonnais a rendu une bien belle copie ce soir. Décisif sur une merveille de passe pour Ndezi, il est largement impliqué dans la maîtrise affichée par son équipe la majorité du temps et a su se montrer quand la situation l’exigeait, avec trois passes clés au compteur venant couronner un match certes irrégulier mais réussi au global. Remplacé à la 75e par Chouchane (5,8), dans un tout autre registre. Bien que généreux et volontaire dans ses efforts, n’arrive toujours pas à retrouver sa forme d’avant trêve devant les cages. Après avoir raté deux face-à-face, il parvient à faire preuve de sang-froid en donnant le but du 1-3.
Lago (4,9) : encore solide, Lago enchaîne les titularisations convaincantes, avec spontanéité et envie. Il s’agit pourtant de l’une de ses moins bonnes sorties sous le maillot dijonnais : c’est vous dire si ses débuts sont réussis. Même s’il produit globalement pas mal de déchet, on ne peut pas lui retirer les efforts qu’il fournit. Remplacé à la 63e par Dong (4,8), qui a tenté de se mettre quelque chose sous la dent, sans succès car fauché – licitement – juste devant le portier adverse.
Tavares (7) : Julio continue d’écrire sa légende sous nos yeux, match après match. Buteur sur une magnifique tête au premier poteau à la réception d’un corner d’un partenaire de longue date, il aura également eu énormément d’impact dans sa propre surface de réparation. L’indéboulonnable icône dijonnaise aura également été bien inspirée sur certaines transmissions, faisant une fois de plus fermer leurs bouches aux détracteurs. Y en a-t-il encore, à ce stade ? Remplacé à la 79e par Barka (7,3), qui aura éclaboussé le Stade des Alpes de tout son talent en marquant et en manquant de peu de voir Chouchane et Dong lui accorder des passes décisives. De quoi faire plaisir à son coach et lui donner une option très intéressante dans le casse-tête de la ligne offensive. Cela fait aussi trois buts en autant de matchs depuis son retour de blessure !
@CM_Tadryel

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