Après un parcours de neuf ans au DFCO, Ylan Aka est devenu cet été l’un des nombreux jeunes joueurs promus chez les professionnels par le staff et la direction. Bourguignon pur et dur, le milieu de terrain à la grande qualité technique est devenu l’un des symboles de la formation dijonnaise. Entretien.

Le Dijon Show : Bonjour Ylan, comment vas-tu depuis cette blessure contre Laval ?
Ylan Aka : « Ça va mieux ! J’ai repris il y a deux semaines et j’ai pu être sur le banc pour la réception de Rodez. »
LDS : Tu es arrivé au club quand Dijon était dans sa meilleure année en Ligue 1, en 2017, et tu as vu le DFCO se transformer de l’intérieur…
Y.A. : « À l’époque j’étais encore petit, j’entrais au collège. Même si j’étais en préformation au DFCO, je n’imaginais pas tout ça m’arriver. C’est vrai que je côtoyais de loin les professionnels et, surtout, j’allais voir tous les matchs. J’avais envie de jouer avec eux un jour. En grandissant et en intégrant vraiment le centre en U17Nat, il m’arrivait de m’entraîner avec la catégorie au-dessus, puis en U19Nat de m’entraîner avec la réserve, de jouer avec les professionnels qui y redescendaient parfois… En me rapprochant du but avec régularité, j’ai vu que mon projet se concrétisait. Et je n’ai jamais rien lâché. »
LDS : Ça a toujours été ton ambition, de devenir footballeur professionnel ? Ou est-ce que c’est une voie qui s’est révélée à toi plus récemment ?
Y.A. : « J’ai toujours voulu faire du foot au plus haut niveau. Dès mon arrivée de Nevers à Dijon, à mes 10 ans, c’était pour éventuellement signer pro, ce qui m’est arrivé cet été. »
LDS : Tu as une famille de footballeurs, d’ailleurs. Tes deux grands frères sont passés par le DFCO eux aussi !
Y.A. : « C’est vrai ! Le plus grand joue encore à Fontaine-lès-Dijon (R2) et le deuxième a arrêté complètement mais nous étions au centre au même moment. Je me disais toujours : « purée, si j’arrive à jouer des matchs avec mon grand frère un jour »… Et ça m’est finalement arrivé quand j’étais en U15 ! J’ai été surclassé avec les U17Nat et on a joué un match ensemble, c’était bien. Même mon père faisait du football à l’époque, j’ai toujours baigné dedans. Quand j’étais petit, c’était mon quotidien et quand je voyais mon frère aîné jouer au DFCO, je trouvais ça trop bien d’être en centre de formation. J’aspirais à y entrer à mon tour. Ma famille m’a toujours aidé, comme j’ai toujours été derrière mes frères pour les soutenir quand il le fallait. »
LDS : Qu’est-ce qui a pu manquer à tes frères pour atteindre cette étape du contrat pro, selon toi ?
Y.A. : « On a un style de jeu complètement différent eux et moi. Je suis plutôt un joueur de ballon, un milieu de terrain technique, eux sont plutôt des joueurs athlétiques dans le couloir. Leur profil collait peut-être moins à ce que cherchait le DFCO à ce moment-là et la concurrence a fait qu’ils n’ont pas toujours été les premiers choix. »

LDS : Tu dis que tu es milieu de terrain de formation, mais ta polyvalence t’amène à jouer un peu partout…
Y.A. : « Au centre de formation j’ai presque toujours été milieu pourtant, même si j’ai disputé quelques matchs en tant que défenseur central. La plupart du temps, c’était relayeur au milieu de terrain. Le poste de latéral gauche, je ne l’ai découvert que l’année dernière en arrivant chez les pros ! Des fois, il fallait y dépanner et le coach m’y a mis. Comme j’étais performant à l’entraînement et lors des matchs amicaux de la présaison, il m’y a lancé. Il a senti que j’étais prêt à ce poste-là. »
LDS : Tu dois être un peu partagé entre le plaisir de jouer à un niveau si élevé et le fait de ne pas être mis dans des conditions idéales, non ?
Y.A : « Pas vraiment. En réalité, tant que je joue en Ligue 2 je suis content ! Mettez-moi en attaque je m’en fiche, je serai content (rires). Bien sûr que c’est au milieu que je montrerais le plus de choses et que je pourrais aider au mieux l’équipe parce que mes qualités vont encore plus ressortir ici. Mais j’essaye toujours de faire du mieux possible, même arrière gauche. En Ligue 2, on joue contre de vraies bonnes équipes alors c’est encore différent de certains des amicaux qu’on a joués cet été. Je pense quand même qu’il faut que je me lâche un peu plus mais ça va venir avec le temps, je le sais. »
LDS : Et puis il faut dire qu’il y a de bons joueurs à ton poste, à gauche du losange : Ndezi, Vargas-Rios…
Y.A. : « C’est un secteur où il y a beaucoup plus de concurrence c’est vrai, alors il est plus dur de s’y imposer. Le peu que j’ai réussi à jouer, en grattant quelques minutes, j’ai vraiment fait de mon mieux pour apporter satisfaction. C’est toujours ça, dès que je joue. »
Y.A. : « Il y a de plus en plus de joueurs locaux à tous les niveaux du club. Il y a toujours eu de bons joueurs dans la région, mais ils se font remarquer désormais. C’est bien pour le DFCO, et ça stimule tous les joueurs des clubs voisins qui savent qu’ils auront peut-être leur chance un jour. Même à Nevers quand j’y étais, il y a beaucoup de joueurs avec qui j’ai joué qui auraient mérité une chance de rejoindre des centres de formation, mais qui n’ont pas eu l’occasion de le faire. Cela me fait plaisir de voir qu’il y a beaucoup de joueurs du coin qui se démarquent et sont vus, désormais. Qu’ils viennent à Dijon ou même dans d’autres clubs, d’ailleurs, c’est bien pour tout le monde. »
LDS : Après tout ce temps passé au DFCO tu dois avoir un rapport particulier avec lui. Es-tu devenu supporter du club ?
Y.A. : « Sans mentir, à l’origine Dijon ce n’était pas mon club de cœur (rires). J’ai une affection très particulière pour lui quand même, de par ce que j’ai vécu ici toutes ces années et ce qu’il m’a apporté. Ça restera gravé en moi pour toujours. »
LDS : Tu ne fais pas partie de la génération finaliste de la Gambardella 2025, un tout petit peu plus âgé, mais on imagine que tu as tissé des liens forts avec plusieurs joueurs du centre qui sont passés pros cet été, comme toi.
Y.A. : « C’est ça, depuis que Brayan Djadja et Hatem Mimoune sont arrivés au club, je joue avec eux très régulièrement et on est devenus amis. C’est particulièrement vrai avec Tyris Dong, qui est vraiment l’un de mes meilleurs potes même en dehors du football. On a tissé des liens forts, même avec d’autres joueurs qui sont partis du DFCO depuis. C’est une bande de potes. Je suis sûr que ça nous aide au quotidien comme ça nous est utile en match, et même si on était amenés à jouer chacun dans des clubs différents, ces liens ne vont jamais changer. »
LDS : Quel est ton avis sur le début de saison du DFCO en Ligue 2 ?
Y.A. : « Vu la qualité de notre équipe, je m’attendais plutôt à ce qu’on joue le milieu de tableau comme actuellement et pas trop à une lutte dans la zone rouge, pas trop longtemps. Le premier match à Montpellier a été plutôt positif et on a bien joué dans les suivants sans être récompensés. Je trouve que nos résultats n’étaient pas cohérents avec ce que l’on montrait de bon sur le terrain. Les trois victoires qui ont suivi, Laval, Annecy et Metz, c’est une vraie récompense pour ce début de championnat. On n’a pas fait nos meilleurs matchs à vrai dire, mais il était impératif de gagner un jour ou l’autre. Même s’il faut déjouer un peu de temps en temps, c’est nécessaire de prendre les points. On voit aussi qu’on arrive à jouer notre jeu et à en gagner certains, c’est ce qu’on veut refaire à l’avenir. »
LDS : D’un point de vue personnel, as-tu des objectifs ?
Y.A. : « Déjà, j’aimerais aider l’équipe au mieux dans ses objectifs à elle. C’est ça la priorité. Ensuite, si je peux m’imposer comme titulaire un jour, surtout au milieu de terrain, ça serait vraiment bien. Je sais que je suis encore très jeune, à 19 ans. J’apprends de mes coéquipiers et concurrents au poste comme Brandon, Paul, Jordan, qui me donnent beaucoup de conseils. Ça va m’aider beaucoup pour la suite. Quand je suis sur la pelouse, je veux toujours donner mon maximum et c’est déjà un bon début. »
LDS : Et ton premier but en championnat, c’est pour quand ?
Y.A. : « Je l’attends avec impatience. Ce n’est pas trop ma marque de fabrique mais c’est vrai que j’ai fait un petit pari avec Samy Chouchane. Si je pouvais le gagner, ça serait vraiment bien (rires). »
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