Dans un match qui se sera décanté dans les derniers instants, Dijon ramène un bon point de Montpellier pour commencer sa campagne en Ligue 2. Et rassure sur ce que son effectif est capable de proposer.

LE MATCH
Montpellier HSC – Dijon FCO : 1-1 (0-0)
Au Stade de la Mosson (Montpellier), samedi 8 août 2026, coup d’envoi à 20h45.
Buts : Megnan (90e+1) pour le MHSC / Lembezat (90e+3) pour le DFCO.
Avertissements : Mukiele (27e), Chennahi (62e) et Meddah (63e) pour le MHSC / Ndezi (43e), Lembezat (76e) et Lacroix (89e) pour le DFCO.
Montpellier - DFCO
La mise en bouche
Reprendre le championnat, c’est un peu comme regoûter à un plat que l’on connaît déjà. Le plat favori des supporters depuis l’année dernière, encore servi avec le fameux 4-4-2 losange concocté par Baptiste Ridira et des ingrédients qui ont déjà fait la renommée du chef étoilé du champion de National. Les mouvements des latéraux mis en exergue par le virevoltant Hamada, des milieux tantôt techniques, tantôt combatifs, assaisonnés par le traditionnel carton jaune de Brandon Ndezi dans le premier acte. Mais dans cette recette façon 2026-2027, il manquait un petit quelque chose que les attaquants n’ont pas pu nous faire oublier. Ce quelque chose était apporté par le parfois discret Julien Domingues mais permettait bien souvent de terminer notre repas par un excellent dessert, un but en renard des surfaces. Nul doute que Paul Fauvel, membre important de la brigade, s’échine à trouver cet élément qui pourra bien sublimer ces saveurs, tant appréciées des Dijonnais.
Une défense mise à contribution, mais qui a tenu bon
Dès les premières minutes de cette rencontre, le pressing très haut des Montpelliérains a mis en difficulté une défense dijonnaise qui devait parfois se résoudre à des passes un peu hasardeuses. Malgré tout, cette dernière tient bien le choc avec notamment un duo Bernard-Lacroix, qui n’a rien a envié à la paire formée par Bernard et Diouf l’an passé. Quand Marie-Rose, auteur de quelques bons arrêts, est battu à la 67e minute, c’est bien Lacroix s’interpose et endosse le rôle de dernier rempart – qu’il connaît un petit peu. Son acolyte de 37 ans a lui aussi eu besoin de suppléer le jeune portier dijonnais : à la 52e malgré, une belle déviation du jeune portier, le ballon se dirige dans les buts dijonnais mais Bernard l’éloigne d’une tête rassurante. D’une manière générale, malgré un début de seconde mi-temps poussif, la défense dijonnaise a tenu le coup et n’a pas laissé le MHSC frapper facilement. Ce n’est que sur un coup franc mal repoussé à la 90e minute que l’arrière garde a failli et qu’elle a encaissé ce qui semblait être le but de la défaite, après un cafouillage à peine croyable.
« Le caractère et la force mentale de cette équipe sont énormes » – Lenny Lacroix
Coup de froid dans la chaleur montpelliéraine
Comme on s’y attendait, le DFCO n’a pas exactement affiché la maitrise du jeu à laquelle il nous avait habitués l’année dernière. Cependant, le match de l’entrejeu dijonnais est à saluer, lui qui a souvent gagné les duels face à ses homologues héraultais. Les transitions et le jeu en une ou deux touches de balles ont permis à plusieurs reprises aux attaquants de se retrouver en situation de face à face : la première était pour Yanis Barka à la 39e idéalement servi par Alexis Ntamack, mais il n’a pas su trouver le cadre. La seconde était pour le passeur de la précédente action, qui n’a pas entrepris le lob de Ngapandouetnbu. Même quand de la fraicheur arrive avec Tyris Dong, rien n’y fait : en 2v1, il n’arrive pas à décaler un Ntamack idéalement placé. Patience est mère de sureté, il aura en effet fallu attendre pour voir Dijon enfin inscrire un but dans cette partie.
Alors qu’on pensait nos Bourguignons au fond du trou après l’ouverture du score, Lembezat trouve Chouchane dans la surface. Il voit sa frappe être contrée, mais il suit bien l’action et finit par climatiser la Mosson encore en train de célébrer l’ouverture du score. Même si cette performance n’a pas donné un immense boost de confiance, ce DFCO a su tenir mentalement et nous faire vivre des émotions bien plus marquantes que celles du Mondial 2026. Alors oui, il y a de quoi être indulgent envers cette équipe, qui redécouvre la Ligue 2 sans avoir l’air ridicule, bien au contraire.
@LeVic
LES NOTES
L’homme du match : Lenny Lacroix (7,2)
Gros, gros match de notre défenseur central qui aurait rendu une copie quasi- parfaite sans cette intervention malheureuse aux abords de notre surface à la toute fin du match, offrant ainsi aux Montpelliérains le coup-franc de leur but. Hormis ce faux pas, Lacroix aura fait beaucoup de bien. Bon dans les duels, il s’est souvent imposé en coupant de nombreuses passes et centres languedociens. Il a mis beaucoup d’impact et d’intensité dans ce qu’il faisait, ne se laissant pas souvent déborder. C’est en partie grâce à lui si on a peu vu Camara. Match de patron donc, tout juste entaché par cette faute peut-être explicable par la fatigue.
Marie-Rose (5,4) : pour un premier match en Ligue 2 à 17 ans, notre jeune gardien aura réussi à tenir son rang, lui qui n’est pas appelé, pour le moment, à endosser souvent un rôle de titulaire à ce niveau. Plutôt rassurant dans ses sorties aériennes il est plutôt bien intervenu quand il le fallait. Talentueux sur sa ligne, quoiqu’encore perfectible, il devra apprendre à corriger les petites erreurs qui ne pardonnent pas à son poste, comme cette relance hasardeuse à la 52e, plein axe, qui donne lieu à un contre sur lequel il s’impose en face-à-face. Peut mieux faire sur le coup-franc à la 90e.
Hamada (6,8) : grosse débauche d’énergie pour notre milieu de terrain reconverti en latéral droit. Il a assez bien contrôlé son couloir et, pas intimidé par la Ligue 2, il a également proposé des mouvements offensifs en combinant. Il a pu se faire parfois surprendre par Mukiele, très remuante ml nIl pourrait avoir les arguments pour finalement s’installer durablement dans le couloir droit, si la concurrence ne vient pas l’en déloger.
Bernard (6,1) : il y avait, de-ci de-là, quelques interrogations sur la capacité de Quentin Bernard à jouer de nouveau en Ligue 2 cette saison. Au final, ce premier match apporte déjà des éléments de réponse. Il y a, dans son jeu, quelque chose qui nous rappelle le Varrault de fin de carrière : physiquement moins bon qu’autrefois, cette apparente lacune est semble-t-il compensée par l’intelligence du jeu, une science du placement et de l’anticipation qui a finalement rassuré l’ensemble de l’équipe. Serein dans ses interventions, il a assumé son rôle de cadre, et a réussi un match solide en compagnie de son compère. Attention à cette relance de la tête dans l’axe, qui n’a pas été sanctionnée heureusement.
Faty (5,2) : la seule recrue dans le 11 titulaire a fait un match très correct, même si elle a paru un peu fébrile par moments. Rien de grave toutefois. On peut dire que son match a été discret offensivement, un secteur dans lequel il n’a pas été très tranchant, et appliqué défensivement. Il aura encore besoin d’un peu de temps pour prendre pleinement la mesure du championnat, mais c’est encourageant.
Bellon (5,3) : convaincant en début de match, il a semblé lever un peu le pied par la suite. Sa qualité technique et sa faculté à scanner très vite son environnement nous ont fait du bien pour nous défaire du pressing montpelliérain en première mi-temps. Mais il a été plus discret sur nos temps faibles. Remplacé à la 66e par Lembezat (6,8), auteur d’une entrée plat très contrastée. S’il a tout d’abord été assez timoré, paraissant même manquer de convictions aux abords de la surface adverse, il est ensuite monté en puissance jusqu’à cette action de toute fin de match. Un mouvement qu’il initie et qu’il conclut lui-même, célébrant l’égalisation comme une victoire – et il a bien raison de le faire.
Marié (5,9) : le capitaine dijonnais, qui a tout connu avec nous, était bien au rendez-vous pour ce retour au deuxième échelon du foot français. Égal à lui-même, il a assumé son rôle de travailleur de l’ombre, répétant les efforts, multipliant les courses, assurant l’équilibre de l’équipe. S’il n’a pas été flamboyant dans le jeu, il a fait sa part cliniquement, parfois inspiré et tentant quelques petits gestes ou passes lançant les attaquants. Son expérience et son sens tactique ont fait du bien à l’équipe.
Ndezi (6,3) : il a été l’un des acteurs principaux au milieu, donnant raison au coach de l’avoir titularisé cette fois-ci. Brandon a littéralement fait tourner en bourrique les milieux adverses, démontrant les mêmes qualités que l’an passé : solidité physique, conservation du ballon et capacité à orienter le jeu. Son match est un véritable concentré de ce qu’on connait de lui, puisqu’il aura aussi récolté un jaune tout à fait évitable. Remplacé à la 72e par Chouchane (6,5), qui s’est vite montré avec le ballon au milieu de terrain. Auteur d’une belle entrée, il est impliqué sur l’action du but, endormant la défense montpelliéraine d’une jolie feinte de frappe avant de voir son tir contré par Laporte, puis opportunément repris.
Baretto (5,1) : la prestation de ce soir est un peu en demi-teinte. Pas toujours inspiré dans ses choix, avec quelques passes dangereuses dans notre moitié de terrain, il s’est battu malgré tout et a essayé d’orienter les contres en trouvant nos attaquants et nos joueurs de couloir sur les phases offensives. On espère toutefois plus de présence de sa part dans ce registre. Il est l’auteur d’une belle frappe à la 53e, donnant l’occasion au gardien adverse de sortir une belle horizontale, parfaite pour la photo ! Remplacé à la 72e par Aka (6,1), entré plein d’envie dans le match pour son premier soir au niveau Ligue 2. N’hésitant pas à provoquer, il nous a donné envie de le revoir. Le jeune neversois au numéro 42, comme Yaya Touré, nous a en tous cas paru très convaincant ce soir sur les 20 minutes dont il a disposé, jouant sans complexe.
Ntamack (5) : pour sa première en Ligue 2, il n’aura pas eu un match facile. Il s’est toutefois bien battu devant même s’il a peiné à donner sa pleine mesure face à la meilleure défense du championnat en 2025-2026. Dos au but, il a parfois été intéressant et on a vu sa vitesse mettre l’adversaire en difficulté sur plusieurs transitions. Malheureusement, il est aussi trop hésitant comme sur cette occasion en toute fin de première mi-temps. Remplacé à la 82e par Tavares (6,1), qui a remporté son premier duel aérien deux secondes après être entré, et qui a ensuite continué à peser dans un rôle de pivot qui lui sied si bien. S’il n’a pas eu d’occasion à se mettre sous la dent, il aura à l’évidence son rôle à jouer encore cette saison, tant sa capacité à impacter les défenses a semblé bien réelle ce soir encore.
Barka (4,5) : il a peiné à exister ce soir, ses provocations intéressantes étaient trop peu nombreuses. Bien servi par Ntamack dans la surface, il ne cadre pas une occasion en or et il devra être plus précis à l’avenir. Il s’est toutefois bien donné et aurait pu être passeur décisif sur son petit enchainement contrôle/passe lobée pour Ntamack en fin de premier acte. Remplacé à la 66e par Dong (5,7), encore un jeune homme qui a fait une entrée intéressante. S’il n’a pas tout réussi et aurait ainsi pu et dû faire de meilleurs choix par moment, l’attaquant formé au DFCO a bien insisté contre une défense fatiguée, sachant se mettre en position dangereuse. Son apport physique pourra nous faire du bien. Une première apparition en Ligue 2 tout à fait encourageante pour l’un des espoirs du club.
@Fabius
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