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Comme les autres champions de National, le Dijon FCO jouera le maintien en Ligue 2

En tant que champion de la dernière édition du National avant sa transformation en Ligue 3, le DFCO est promu en Ligue 2 avec un certain statut mais sait que sa survie ne sera pas aisée. Focus sur les trois clubs titrés avant Dijon, qui ont tous connu des galères et destins différents…

Cadres (Diouf), expérience (Bernard), jeunesse (Dong) : le DFCO a les bons ingrédients pour bien figurer en Ligue 2 mais ne doit pas être arrogant.
Cadres, expérience, jeunesse : le DFCO a les bons ingrédients pour bien figurer en Ligue 2 mais ne doit pas être arrogant (photo Vincent Poyer/DFCO).

L’US Concarneau, ça aurait été trop beau…

Avec pas moins de 19 arrivées dont 4 prêts, pour remplacer les départs de 11 joueurs dont quelques éléments importants (Boutrah, Mannai, Traoré) avec 5 prêts dans le lot, un Concarneau champion de National qui disposait du plus petit budget du championnat de Ligue 2 2023-2024 a tout tenté sur le marché des transferts. Il y avait de bonnes idées sur le papier comme Célestine, Faussurier, Moussiti-Oko ou Pelé (Bryan), qui n’ont pas fonctionné. D’autres pistes moins intéressantes aussi, mais il est impossible de faire un mercato sans aucun raté. En réalité, outre le buteur reconnu Pape Ibnou Ba (15 buts+passes décisives), les meilleures recrues ont sans doute été Alec Georgen, Nassim Chadli, Alexandre Phliponeau ou encore Baptiste Mouazan : des joueurs qui étaient peu voire pas du tout expérimentés en Ligue 2 à ce stade de leurs carrières.

À l’image de l’inexpérimenté club breton, ces joueurs encore jeunes mais motivés ont fait de leur mieux pour sauver l’USC. En vain puisqu’après un faux départ mais un parcours très honorable entre septembre et le 17 février, le club du Finistère ne gagne qu’un seul de ses 14 derniers matchs (contre Bordeaux, ironiquement) et est rétrogradé à la 18e place avec 38 points (en autant de matchs). Son poursuivant de la saison précédente, Dunkerque, s’est maintenu malgré un changement d’entraîneur étonnant après quelques journées.

Mais si les opérateurs de paris sportifs et les experts du championnat étaient tous d’accord pour dire que Concarneau était le favori à la descente malgré son statut de champion de N1, c’est surtout parce qu’il était amputé de son stade Guy-Piriou qui, malgré des tribunes modestes, est un stade où les chants des supporters résonnent fort et où il est très difficile d’aller prendre des points. Contraints de rénover leur enceinte et de la mettre aux normes (questionnables) de la LFP, les Thoniers ont donc dû se replier sur divers stades à Lorient, à Brest et même à Guingamp. SDF au point de jouer tous ses matchs à l’extérieur ou au mieux en terrain neutre, Concarneau devait en plus consacrer une partie conséquente de son budget pour la location du Moustoir, de Le-Blé et de Roudourou. Là où les recettes billetterie et la consommation auraient très importants pour le « petit poucet », recevoir des rencontres de Ligue 2 a finalement coûté plus cher à Concarneau que l’inverse. Et a précipité le promu vers une relégation immédiate.

Le Red Star FC temporairement embêté

Cador du National et déçu plusieurs saisons de suite, le Red Star a enfin accédé à la Ligue 2 en 2024 malgré les deux défaites contre Dijon aller et retour. Avec une masse salariale conséquente et de longs contrats en comparaison avec ses concurrents de troisième division, le club audonien dispose logiquement d’un effectif très stable pour sa première année de retour en L2. Seuls quatre joueurs quittent le club (dont Ikanga en prêt à Dijon) et seule la fin du prêt de Paolo Gozzi peut être considérée comme un départ dommageable, non souhaité. Dans le sens des arrivées, Risser, Badji mais surtout Bradley Danger sont les recrues phares d’un mercato assez léger, l’effectif de l’Étoile Rouge étant déjà rempli de bons éléments de National.

« Mis à part quelques joueurs qui étaient présents l’année d’avant, l’adaptation a été compliquée. Les recrues, comme Danger, sont venues pour apporter leur expérience dans cette équipe qui a su progresser au fil de la saison », nous raconte le bien nommé @FanduRedStar sur Twitter/X. « C’est vrai qu’on avait une très belle équipe lors de notre saison de National. La transition pour la Ligue 2 fut quand même compliquée au début, l’équipe se cherchait encore. Mais la patience a fini par payer car on a quand même réussi la deuxième partie de saison. J’avais confiance en Poirier, lui qui avait fait monter Martigues en même temps que nous. »

M’Bock, Escartin ou Renel ont aussi joué un rôle dans cette saison du maintien pour le Red Star FC, mais pas autant que le coach Grégory Poirier arrivé du Sud pour remplacer un Habib Beye déjà (trop ?) confiant en ses capacités d’adaptation en Ligue 1, qui s’est mis à chercher un projet à l’étage supérieur. Ce bouleversement est rarissime pour un club champion de N1, qui peut bien souvent s’appuyer sur son coach et les automatismes forgés l’année du titre. Mais après quelques mois et des réglages défensifs, le club du 93 s’en est finalement bien tiré.

Si bien tiré qu’après un maintien sans trop stresser, à la 15e place mais avec 38 pts donc 5 d’avance sur le barragiste, le Red Star a enchaîné avec une 4e place en 2025-2026, et un match de Play-offs (perdu) contre Rodez pour accéder à la Ligue 1 ! Le tout avec beaucoup de cadres déjà au club en National. « On a vu une énorme différence après l’année d’adaptation à ce niveau ! Les bases étaient là, on a simplement renforcé l’équipe à des postes clés et la magie a, cette fois, opéré dès le début. La première partie de saison… ohlala ! J’espère que vous vivrez les mêmes sensations car c’était vraiment un gros kiff », conclut notre correspondant en banlieue. Chaque chose en son temps, sommes-nous tentés de lui répondre…

Turbulences mais atterrissage réussi pour l’AS Nancy

Club au parcours très similaire à Dijon depuis une décennie, l’AS Nancy Lorraine est l’exemple le plus récent d’un champion de National qui a joué en Ligue 2 (et s’est maintenu) en 2025-2026. Même si nos voisins de l’Est ont plus été affectés par des transferts sortants que le Red Star et que Dijon (pour l’instant), l’issue est plutôt heureuse pour le club au chardon comme nous le confient les confrères de Fans Of Nancy (@asnlfans). « On a quand même vécu les départs de plusieurs joueurs importants, les attaquants Gomel et Touré principalement, mais aussi Thiaré (prêté par Le Havre) ». Neuf arrivées ainsi que sept promotions de jeunes (dont Ztouti, Barbier et surtout Tacafred) ont garni un effectif qui perdait tout de même onze éléments.

Mais le plus gros coup dur était peut-être de jouer très fréquemment dans un stade vide pour l’équipe de Pablo Correa, qui a depuis quitté le club une nouvelle fois à cause de désaccords profonds avec sa direction. En effet, le craquage de quelque 250 fumigènes à l’occasion de l’anniversaire du groupe ultra Saturday FC en avril 2025 n’a pas du tout plu à la commission de discipline. De quatre matchs à huis clos, Nancy passe à six après l’affaire des « sièges piégés » contre Grenoble. Sur 17 rencontres à domicile, cela fait plus d’un tiers sans ambiance, sans ferveur, sans recette et sans ce petit avantage supplémentaire que les clubs qui jouent chez eux ont d’ordinaire. Ce supplément d’âme qui, comme le rappellent nos homologues, avait permis à l’ASNL de prendre 34 points en 16 matchs à la maison la saison de la montée.

Trois joueurs passés par Dijon, dont deux en National, composaient d’ailleurs cet effectif Nancéien : Enzo Basilio, mais surtout Zakaria Fdaouch et Elydjah Mendy, que l’on sait être de bons joueurs de 3e division. Et une fois à l’étage au-dessus ? « Mendy a connu un petit passage à vide au début, avec l’adaptation au championnat et surtout à un nouveau club. Mais une fois chaud, malgré ses deux blessures dans la saison, il est devenu un titulaire, montant en puissance jusqu’à devenir notre meilleur défenseur. C’est un très bon joueur de Ligue 2. Quant à Fdaouch, même sur le dernier amical contre vous, on voit que ça ne joue presque que sur lui (rires). Même s’il est l’étoile la plus brillante de notre effectif l’année dernière, ça ne s’est pas vu autant que ça aurait dû, faute de soutien. Lors des matchs qu’il a manqués, on a vraiment été dans la merde ». Si Fdaouch et Mendy sont capables de s’adapter aussi bien, qu’est-ce qui empêche Barka et Diouf de faire de même, pour ne citer qu’eux ?

Au final, tout est bien qui finit bien pour un club de Nancy terminant à la 14e place avec 37 points, à peu près dans le même tempo que son prédécesseur le Red Star. Ce maintien permet au club de mieux s’ajuster et de mieux connaître les exigences du championnat, de se renforcer à certains postes importants et de garnir son arsenal pour la saison 2026-2027 qui, sauf surprise, devrait être meilleure. Même s’il faudra que le nouveau coach Oswald Tanchot fasse ses preuves là où Correa a fait renaître une ASNL moribonde, revenue d’entre les morts. Avec beaucoup de mérite.

Quelle ambition pour Dijon ?

Si on a pu entendre tout et son contraire cet été, le DFCO ne doit pas se leurrer : il jouera le maintien en priorité absolue cette année. Alors que Pierre-Henri Deballon « ne serait pas content si on se maintient à la fin en étant 14e » (Le Bien public du 04/08/2026), ce qui est son droit et peut-être même son rôle en tant que dirigeant du club, les supporters doivent s’attendre à une saison rude et peut-être stressante sur la fin, si les soucis commencent à s’accumuler. N’oublions pas que Dijon est descendu de Ligue 2 en 2022-2023 (18e place sur 20) avec une masse salariale bien plus importante et des revenus plus conséquents qu’aujourd’hui. Le parcours des clubs champions de troisième division doit nous faire prendre conscience que l’année d’après ne va probablement pas être une promenade de santé.

Cependant, la supposition prématurée faite par beaucoup de supporters et la plus bruyante en ligne ces derniers mois est que le DFCO ne se maintiendra pas sans davantage de recrues. Il est bien trop tôt pour affirmer quoi que ce soit et, paradoxalement, nos prédécesseurs montrent plutôt l’inverse alors qu’ils ont eu à traverser des épreuves bien plus difficiles que nous. La plus dure, l’absence d’un stade homologué, a mené Concarneau à sa relégation un an après la promotion, mais l’USC n’était pas structurée et avait alors chamboulé tout son effectif d’une année sur l’autre. Cela ne lui a pas souri.

Au contraire, le Red Star a conservé une épine dorsale très semblable et, avec quelques recrues d’appoint, s’est maintenu malgré le changement de coach et de staff qui a pu beaucoup perturber une transition N1-Ligue 2 déjà pas si évidente. Du côté de Nancy, ses matchs à huis clos et ses désaccords en interne n’ont pas empêché Correa, qui a perdu un défenseur et un attaquant majeurs (tout comme Dijon) de se sauver sans jamais être dans les deux derniers. Le tout en intégrant beaucoup de jeunes, mais aussi avec la sensation d’avoir sous-performé un peu.

Mercato restreint mais assumé

La question du renouvellement de l’effectif de Dijon se posera forcément un jour, mais il est pertinent de se poser la question : est-ce la meilleure solution dans l’immédiat, après cette superbe saison ? Les joueurs sont attachants et, pour la plupart, reconnaissants envers le club. Un lien s’est formé entre eux mais aussi avec les supporters, qui ont vécu des semaines de liesse encore très récemment. Il serait bon de ne pas l’oublier et de donner leur chance à nos héros, ceux qui ont ramené le trophée au Palais des États, de briller une année de plus sous nos couleurs sans les pousser dehors.

Ce n’est peut-être pas une coïncidence si, même sans trop marquer, Julio Tavares a réussi à faire monter le DFCO dès son retour.

D’autant plus que parmi eux figurent de nombreux joueurs formés au DFCO ou passés par Dijon en post-formation, y compris des jeunes Bourguignons qui désirent montrer ce qu’ils valent dans le monde pro. Nous nous sommes suffisamment inquiétés du manque de chances offertes aux jeunes par le passé pour ne pas bouder notre plaisir quand ceux-ci vont avoir plus d’opportunités dans les années à venir. Surtout quand le centre de formation, énorme investissement du club qui a contribué à sa chute vertigineuse et est encore aujourd’hui un poids considérable sur ses finances, va peut-être enfin porter ses fruits.

Le départ de Julien Domingues – qui semble aujourd’hui inévitable – va nous forcer à recruter dans un secteur offensif qui s’affaiblit, non pas en nombre mais en qualité dans l’immédiat (le jeune et électrique Tyris Dong a signé pro pour deux ans, probablement trois avec une option). Mais en dehors de ce remplacement, il ne faut pas s’attendre à ce que le DFCO soit très actif dans les dernières semaines. Concentrer toutes les ressources du club pour trouver la perle rare en pointe, avec nos contraintes, ne sera déjà pas chose aisée. Si Dijon met le grappin sur une très bonne pioche, alors il aura les armes pour se sauver. Pas forcément aisément, mais il ne partira pas avec plus de retard que des clubs tels que Laval, Grenoble, Sochaux ou encore Boulogne. Pour ne citer qu’eux.

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3 commentaires

  1. templier 06 août 2026 à 07h48

    Comme vous, je crains une saison très difficile.
    Attendons quelques matchs pour se faire une idée.
    Le président se veut ambitieux, a t’il les moyens financiers de son ambition ?

    1. En réponse à templier
      Le Dijon Show 06 août 2026 à 07h49

      Justement, on ne pense pas forcément que la saison sera « très difficile », juste plus tendue dans une Ligue 2 pauvre mais compétitive. Ridira le dit dans son interview au BP ce jeudi : on ne fera pas que 4 défaites sur la saison cette fois, c’est utopique. En revanche, il y a plein d’éléments favorables pour le club qui n’a pas été dépouillé cet été – tous ne peuvent pas en dire autant.

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