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Mercato DFCO – Moussa Faty, ou Mr Fantastique

Arrivé du Puy comme première recrue de Dijon au mercato estival 2026-2027, Moussa Faty pourrait rapidement devenir une pièce essentielle du DFCO. Capable d’étirer les blocs par ses projections et ses prises d’espace, l’arrière gauche apporte largeur et verticalité au groupe de Baptiste Ridira, qui avait besoin de joueurs de percussion dans ses couloirs.

Moussa Faty et César Obongo pourraient occuper les deux flancs de la défense du DFCO en Ligue 2 cette saison.
Moussa Faty et César Obongo pourraient occuper les deux flancs de la défense du DFCO en Ligue 2 cette saison (photo Vincent Poyer/DFCO).

La première recrue du DFCO pour la saison à venir en Ligue 2 est connue : il s’agit de Moussa Faty, joueur de 25 ans sortant d’une saison pleine avec le très surprenant promu en National qu’est Le Puy Foot 43 Auvergne. En effet, cette septième place rendue possible par un jeu aussi agressif que spectaculaire des hommes de Stéphane Dief a permis à beaucoup d’éléments de se démarquer positivement. Le gaucher Faty, qui jouait piston dans ce système à trois défenseurs, en fait évidemment partie.

Un joueur dans la bonne direction

Comme beaucoup de Dijonnais, il découvrira la Ligue 2 après avoir passé de nombreuses années dans les divisions inférieures, à un niveau lui permettant de vivre du football. Après une formation au Toulouse FC ainsi que dans les clubs de la banlieue de la Ville Rose (Blagnac, Colomiers et Balma), le joueur de la génération 2000 fait ses premiers pas dans le grand bain avec l’US Colomiers en 2020, alors en National 2. La pandémie de coronavirus l’empêche d’enchaîner les matchs mais son club maintient sa confiance en lui jusqu’en 2021-2022 où il devient titulaire en National 2… en jouant ailier gauche la majorité du temps !

Malheureusement, ses six buts n’empêchent pas la relégation de l’USC en National 3, il quitte alors la Haute-Garonne pour la première fois afin de s’installer à Rodez, en Aveyron, pour une saison avec l’équipe réserve au même niveau. Là-bas, le rêve de jouer des matchs dans le monde professionnel s’évade peu à peu mais une saison très respectable de sa part lui ouvre les portes de Bergerac en N2, où il côtoie alors Paul Fauvel. Toujours dans un rôle plutôt offensif, le gaucher finit la saison avec 7 buts en championnat et un parcours très respectable en Coupe de France, ne s’inclinant que d’un but en 16es de finale contre l’OL (1-2).

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C’est alors que sa carrière prend un tournant majeur, avec une signature au Puy Foot 43 Auvergne, dans la poule de Bergerac – club qu’il battra 4-0 dès l’ouverture du championnat de N2. Replacé en piston gauche dans le système de Stéphane Dief, parfois un cran plus haut quand il étrille Montpellier 4-0 en Coupe de France, il se révèle dans une équipe très dominatrice qui finit première très tranquillement (malgré la concurrence d’une richissime AS Cannes) en n’encaissant que 17 petits buts. Preuve que les Ponots avaient le niveau pour jouer plus haut, leur adaptation au championnat du dessus n’a pas posé problème.

Car après des débuts modestes (la première victoire est arrivée fin septembre), Le Puy et Faty ont prouvé qu’ils avaient les épaules pour ce niveau National en produisant un jeu spectaculaire et en terminant à la 7e place. Loin d’une course pour le maintien, l’équipe altiligérienne tient en respect des budgets cinq fois plus élevés et se mêle pendant un temps à la lutte pour les barrages. Au cours de ces deux saisons formidables, Moussa Faty joue 60 matchs de championnat et n’en rate que deux.

À bientôt 26 ans, Moussa Faty signe enfin professionnel

C’est sur cette fiabilité, cette disponibilité et cette très belle dynamique de carrière que les dirigeants du DFCO ont souhaité miser. Eux qui ont déjà réussi leurs paris avec des recrues sortant d’une belle saison dans la division du dessous (Bellon, Domingues, Ndezi, Ntamack…) doublent la mise en prolongeant la vaste majorité de ceux qui voulaient poursuivre l’aventure et en agrémentant ce groupe de quelques recrues ciblées qui restent sur cette trajectoire ascendante. Cela ne garantit pas que Dijon aura immédiatement le niveau pour se sauver Ligue 2, mais en considérant la proximité entre les premières équipes de National et les dernières de L2, on peut s’attendre à ce qu’il n’en soit pas loin.

Les données statistiques, elles, plaident largement en faveur de Faty qui présente des qualités semblables à Ismail Diallo, sans les bienfaits d’évoluer dans la meilleure défense du championnat. En effet, s’il part généralement de plus haut sur le terrain et s’il a moins contribué à l’effort défensif d’une équipe qui présentait des faiblesses sur les contres adverses, Moussa Faty affiche un profil de joueur bien plus offensif que Khatir, s’appuyant sur une vitesse et une capacité à exploser que peu de joueurs de National peuvent imiter. Ainsi, il est capable d’éliminer beaucoup de milieux et de défenseurs et de se retrouver en position idéale pour centrer. Son passé de joueur plus offensif lui permet justement d’afficher une belle réussite dans l’exercice du centre, ce qui a parfois manqué à gauche de la défense de Dijon.

Un autre élément favorable à son intégration à Dijon est la similarité entre les formations du Puy et de Dijon avec le ballon. Le 4-4-2 du DFCO, avec des latéraux qui montent très haut, un milieu défensif reculé et un n°10 derrière les deux pointes ressemble énormément au 3-5-2 ponot, qui a tant réussi à Faty ces dernières années. Jouer chez un promu en théorie plus fréquemment dominé ne lui a d’ailleurs pas posé problème en 2025-2026 et il s’est pleinement épanoui à un niveau supérieur, comme si la montée n’était qu’une question de temps pour lui.

Quel visage pour le DFCO en Ligue 2 ?

Si des questions vont évidemment se poser sur sa capacité à bien garder ses buts, lui qui n’a pas encore affronté régulièrement de telles oppositions, Dijon montre clairement une ambition pour la Ligue 2 : celle de ne pas délaisser le jeu et de garder une philosophie proactive plutôt que passive. Jouer en bloc médian ou bas comme Rodez et exploser en contre n’est pas une mauvaise stratégie et peut mener très haut des clubs avec peu de moyens. Mais changer son fusil d’épaule à ce stade serait repartir de zéro pour un DFCO à l’identité marquée, qui persistait dans cette voie même quand les résultats étaient plus médiocres. Ainsi, avoir un défenseur capable d’étirer les lignes et de créer le danger comme le faisait Ismail Diallo sera primordial, surtout si le club trouve un profil similaire de l’autre côté. Obongo pourrait bien faire l’affaire, même si les rumeurs laissent penser que Dijon cherchera un autre arrière droit pour équilibrer ses flancs et avoir davantage de solutions.

« Doté d’un vrai potentiel athlétique, tourné vers l’offensive, Moussa saura apporter son énergie et sa fougue pour dynamiser le côté gauche dijonnais ! » – Paul Fauvel, DG du DFCO.

Alors que seules deux ou trois recrues supplémentaires sont attendues – sauf départ imprévu, Dijon dispose déjà de 90% de son effectif pour la saison 2026-2027 au début des vacances, ce qui fera sans doute partie des satisfactions du staff pour cet été. La grande majorité des joueurs connait d’ailleurs très bien le plan de jeu de Baptiste Ridira, assez peu susceptible d’être bousculé malgré la montée. Espérons que le DFCO en récoltera les fruits, avec Moussa Faty parmi les nouveautés que nous serons très curieux de découvrir.

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