Après une partie rocambolesque et spectaculaire, digne des grandes heures du DFCO sous Dall’Oglio, Dijon s’est imposé 3-2 contre l’US Orléans en faisant la différence dans les derniers instants. Devant son public, le club bourguignon a soulevé le trophée du National dans un scénario idéal et a fait la meilleure des opérations : il a recréé un lien avec le public qu’il avait perdu lors de ses relégations.

LE MATCH
Dijon FCO – US Orléans : 3-2 (1-0)
Au Parc des Sports Gaston-Gérard (Dijon), le 15 mai 2026, coup d’envoi à 19h30.
Buts : Tavares (37e) et Domingues (78e, 89e) pour le DFCO / Diako (63e) et Ribeiro (86e) pour l’USO.
Avertissements : Ndezi (82e) pour le DFCO / Lemaître (26e), Khous (79e) pour l’USO.
À l’image de la saison
Il a probablement fallu un peu de chance mais cette chance n’aurait pas été si bien exploitée sans un très bon travail préparatoire. Comme le disait Baptiste Ridira en avant-match, cette saison 2025-2026 si réussie en National, avec des tournants très bien négociés et très peu de vrais ratés, a permis au DFCO d’ajouter son nom à la liste des champions de cette troisième division et de retrouver la deuxième avec la manière. L’équipe qui est définitivement la meilleure attaque et meilleure défense de N1 a encore frappé lors de la 34e journée contre l’US Orléans, avec une victoire dans une atmosphère électrique permettant de fêter dignement ce trophée fort mérité.
Après vingt minutes relativement serrées et fermées, Dijon prend les choses en main et conclut ce round d’observation avec quelques coups de semonce. La plus importante des occasions est cette barre frappée par Lembezat qui fait frémir un stade plein à craquer, alors que Barreto et Obongo tentent également leur chance. Finalement, c’est par la passe que Barreto va une nouvelle fois être décisif puisque son centre à destination de Tavares est contrôlé de la poitrine par le Cap-verdien qui finit avec sang-froid dans le petit filet opposé. Inscrivant son troisième but de la saison le soir de sa prolongation. C’était écrit. Un face-à-face entre Ntamack et l’ancien dijonnais Faham est remporté par ce dernier et les acteurs rentrent aux vestiaires, sous les vivats des supporters.
En deuxième, tout accélère. L’entrée d’El Khoumisti à la pause côté Orléans remotive les siens et après quelques échanges de tirs peu dangereux de part et d’autre, Diako égalise de fort belle manière avec une frappe croisée qui laisse Montfort sans solution. Espérant faire le même coup qu’à l’aller, mais à l’envers, l’USO se livre corps et âme dans la bataille mais sur un mauvais contrôle de son gardien, Domingues presse et la faute n’est pas sifflée. Persévérant, l’attaquant est aussi à la réception d’un centre piqué de Vargas-Rios qu’il convertit en but en deux temps, dans la confusion. Les visiteurs n’ont pas dit leur dernier mot et le jeune Ribeiro, aidé par une grosse déviation de son coéquipier après un centre de Khous, remet les compteurs à zéro.
Des étoiles plein les yeux
Nous sommes à la 86e et le DFCO s’est fait rejoindre deux fois. Mais il n’y avait aucun moyen pour le club loirétain de gâcher la fête, le résultat était déjà écrit d’avance. Comme pour conjurer des années de malheur, de malchance et de résultats médiocres, Dijon s’est dépouillé pour offrir aux 14 000 spectateurs présents un final digne d’un champion et sur un corner de Chouchane dévié, Julien Domingues surgit au deuxième poteau pour contrôler et envoyer sous la barre le ballon de la victoire. Faisant exploser la tribune Nord et le Parc des Sports avec son quatorzième but de la saison. Les trois coups de sifflet ne tardent pas et à cet instant précis, le DFCO finit sa saison de la plus belle des manières.
Le public envahit la pelouse, les grands bonhommes de cette remontée prennent un bain de foule et tous, des joueurs au staff en passant par les administratifs, la direction et bien sur les supporters, ne font plus qu’un. Dijon c’est nous, Dijon c’est ça. Une ville qui a bien longtemps été considérée comme n’étant pas une terre de football. Un club qui avait l’étiquette de la lose collée sur le dos depuis 2020. Tout a été balayé en l’espace d’une année, même s’il ne faudra pas oublier tous les efforts préalables qui ont rendu cela possible. Et en cette soirée de mai, alors que l’attraction n’était autre que le DFCO et uniquement le DFCO, le Stade Gaston-Gérard a vu ses tribunes souvent clairsemées se remplir. De sourires, de joie, de larmes aussi. De visages jeunes et motivés à l’idée de retrouver un championnat plus prestigieux, de personnes plus âgées qui étaient présentes à des matchs du Cercle et qui n’ont pourtant jamais vu de telles scènes, ou encore d’enfants émerveillés par l’ambiance d’un grand soir.
Car ce match de football contre Orléans, qui ne servait comptablement à rien d’autre que de finir à 65 unités au classement, veut dire beaucoup plus que cela pour les supporters établis comme pour ceux qui vont le devenir. Oui, c’est certain, de nombreuses personnes qui ont pu assister à ce match s’abonneront l’an prochain, des indécis franchiront enfin le pas pour venir plus souvent, des gamins ayant pénétré sur le rectangle vert et tapé dans la main de Vargas-Rios se souviendront de ce moment pour toujours et seront éternellement supporters du DFCO. C’est ainsi qu’un club écrit sa légende et se forge une identité. C’est comme cela qu’un bon nombre de personnes plus ou moins désintéressées ou opportunistes dans un premier temps, sont converties en vrais supporters et partisans. Dijon l’a bien compris et, une fois cette mission remplie, a pu soulever la coupe avec le sentiment du devoir accompli.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur cette soirée magique qui rentrera dans l’histoire et dont nous nous souviendrons jusqu’à notre mort. Les photos parlent d’elles-mêmes et les souvenirs de cette saison, aussi forts que nombreux, sont à chérir. Le DFCO va retrouver la Ligue 2 avec un effectif quasiment complet par rapport à cette année et, sans oublier ceux qui risquent de nous quitter et qu’on aurait aimé voir rester, une équipe soudée va poursuivre l’aventure et écrire une nouvelle page dans l’histoire de notre club. Comment ne pas être enthousiaste ? Comment ne pas s’en réjouir ? Nous ferons prochainement le bilan de cette année fantastique. Pour l’heure, savourons tous ensemble ce qui est l’une des plus belles semaines de nos vies de supporters.
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LES NOTES
L’Homme du match : Lenny Lacroix (7)
Après avoir pris son mal en patience, il se révèle sur cette fin de saison. Véritable roc, le défenseur a endigué les assauts orléanais avec une bonne anticipation et de l’autorité dans les duels. Le seul qu’il perd mène immédiatement au but de Diako, preuve du danger et de la qualité des adversaires du soir. Avec Diouf, Bernard et lui en charnière, les attaquants de Ligue 2 n’ont qu’à bien se tenir.
Montfort (5) : pour son dernier match sous nos couleurs, le portier nous aura fait honneur avec quelques parades importantes. Il ne peut pas éviter les deux buts, l’un étant très bien frappé et l’autre étant dévié, mais il n’a pas à rougir d’une prestation à l’image de son intérim, solide.
Obongo (6) : très intéressant dans le premier acte, il a fait parler son ingéniosité pour se projeter et amener du danger à plusieurs reprises. Un peu moins en vue en deuxième, il n’est pas assez vif pour empêcher les buteurs de frapper. Un détail à régler qui ne ternit que peu sa bonne partie.
Diouf (6.7) : serein comme à son habitude, l’un des patrons de cette équipe dijonnaise a rendu une copie très propre qui ne laisse que peu de doutes sur sa capacité à s’adapter au niveau supérieur. Dans le jeu comme dans l’attitude.
Boubacar Diallo (5,8) : pour une première sortie en National dans un tel contexte, même si le stress n’était pas à son paroxysme, on peut dire que le jeune arrière gauche de la réserve a fait bonne impression ! Surtout en première mi-temps où il a créé des décalages par la course sur son couloir. Un peu plus bousculé en deuxième période. Remplacé à la 77e minute par Hamada, qui n’avait peut-être pas tous ses repères à l’image du deuxième but évitable, mais en qui le staff a confiance pour dépanner.
Marié (6,3) : plus en jambes que dernièrement, le capitaine a fait une belle partie avec beaucoup de harcèlement comme à son habitude, mais aussi plus de justesse technique. Il est remplacé à la 71e minute par Vargas-Rios, pratiquement auteur d’une passe décisive et très intelligent comme toujours dans les 30 derniers mètres.
Ndezi (6,5) : une vraie bonne sortie du n°18 qui a été bien plus dans l’action que dans la réaction. Il a servi de catalyseur et a montré la meilleure facette de lui-même ce soir, avant d’occuper le poste de sentinelle laissé vacant par Marié à sa sortie.
Lembezat (6,5) : pour sa première titularisation depuis le mois de janvier, le milieu de terrain semble avoir complètement récupéré de sa blessure. Que de courses tranchantes, de bonnes idées, même si ça manque encore légèrement de lucidité devant la cage. Il aurait mérité une passe décisive pour cette ouverture juste avant la pause. Il finira en n°10 à la sortie de Barreto.
Barreto (6,2) : auteur de ce centre converti en but par Julio, on n’arrête plus le talentueux milieu offensif portugais qui est décidément l’un des piliers de ce DFCO. C’est si bon de le voir enchaîner les matchs sans blessure ! Remplacé à la 71e par Chouchane, qui s’est bien démené un cran plus bas et délivre le corner de la victoire à son avant-centre.
Ntamack (4,7) : ciblé par tous les visiteurs qui commettaient d’innombrables fautes pour l’empêcher de prendre de la vitesse, il rate la meilleure occasion de marquer lorsqu’il déjoue enfin leur vigilance… Ce garçon a de l’avenir, il lui suffit juste d’avoir un déclic devant les cages. Remplacé à la 57e par Domingues, qui aurait été homme du match sans contestation possible si nous notions les joueurs qui jouent moins de 45 minutes. Mais quelle entrée décisive et intéressante du n°22, auteur d’un doublé après s’être créé plusieurs occasions franches. On ignore s’il percute volontairement le gardien sur le but du 2-1, mais tant que l’arbitre ne siffle pas il a bien raison de croire en ses chances.
Tavares (6,5) : certains pouvaient légitimement penser qu’il arrêterait après cette saison couronnée de succès, mais Julio rempile pour un an de plus avec Dijon ! Et il le fait de la plus belle des manières, en concrétisant enfin une occasion de but pour la première fois sur la phase retour. Mais ce n’est pas uniquement pour ses buts qu’il a sa place dans l’équipe et tout le monde le sait. Remplacé à la 57e par Barka, qui a eu moins de temps de jeu dernièrement et été un peu plus discret que ses coéquipiers ce soir. Il y a tout de même du feu dans ses jambes et on a hâte de voir ce qu’il proposera à l’étage supérieur.
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