Loin de se démonter malgré l’absence longue durée d’un joueur clé de son système, le DFCO a sorti l’artillerie lourde dans le XIIIe arrondissement de Paris et s’est imposé sur un score large et flatteur. Dijon reprend la première place du National occupée temporairement en décembre et une belle avance sur certains poursuivants.

LE MATCH
Paris 13 Atletico – Dijon FCO : 1-4 (0-2)
Au Stade Pelé (Paris), le 6 février 2026, coup d’envoi à 19h30.
Buts : Dadoune (76e) pour le P13A / Marié (12e), Barka (14e) et Domingues (72e, 89e) pour le DFCO.
Avertissements : Castro (65e) et Dramé (67e) pour le P13A / Khatir (67e) et Ndezi (92e) pour le DFCO.
Plié d’entrée
Le staff a-t-il écouté la dernière édition de notre Micro Show #23 en direct, et en particulier les conseils de l’excellent commentateur Julien Ielsh quant à la stratégie à utiliser pour déstabiliser le Paris 13 Atletico ? On mènera l’enquête mais quoi qu’il en soit, les hommes de Baptiste Ridira ont appliqué à la lettre les préconisations de notre invité du jeudi soir. Un pressing agressif d’entrée, un marquage relativement lâche pour inciter les Parisiens à sortir et une utilisation chirurgicale des erreurs adverses. Il faut dire que la tâche a été grandement facilité par une défense des Gobelins qui a payé très cher ses errements, ses erreurs grossières. En menant 2-0 dès la 14e minute de jeu, le DFCO s’est grandement facilité la tâche et a pu se contenter de gérer tranquillement le reste du premier acte, en mettant juste assez d’intensité pour ne pas laisser les Parisiens dérouler, sans se fatiguer outre mesure.
Sereins défensivement, les Dijonnais ont fait le dos rond au retour des vestiaires pour contenir des assauts adverses plus volontaires mais qui manquaient de tranchant. Même dans ces moments-là, les Dijonnais ont toujours cherché à ressortir proprement, sans abuser des longs ballons, ce qui a permis, peu à peu, de relâcher la pression adverse – avec l’aide bienvenue des points de fixation qu’ont été Tavares et Domingues, entrés conjointement. Et comme dans le premier acte, c’est au terme d’une action sur laquelle la défense parisienne, bien que largement remaniée à la pause, a péché par naïveté que le DFCO a pris le large. Et malgré un joli mais but évitable encaissé quelques minutes plus tard, le tir bien croisé de Domingues permet aux Rouges de clore cette belle victoire avec trois buts d’avance. De quoi soigner la différence, qui s’avérera peut-être déterminante en fin de saison alors que Rouen et Dijon sont à égalité sur leurs confrontations directes.
Une bien belle soirée
Au-delà du résultat et de la manière, aussi sérieuse que convaincante, la soirée est belle à plus d’un titre. D’une part, en perdant Adel Lembezat en cours de semaine et en restant sur deux matchs nuls frustrants, le DFCO voyait poindre à l’horizon le spectre des débuts d’année civile ratés, qui nous ont probablement coûté une montée lors des deux dernières saisons de National. Mais cette fois, les Dijonnais n’ont pas laissé le doute s’installer et cela s’ajoute à la somme de petits détails qui nous rendent chaque semaine plus optimistes quant à l’issue de la saison.
D’autre part, le scénario des autres pelouses rend la victoire sur celle des Gobelins encore plus marquante. Profitant des défaites de Rouen et Versailles et des nuls concédés par Sochaux et Orléans, Dijon prend seul les commandes du championnat et relègue le quatrième à 8 longueurs. C’est évidemment loin d’être fini alors que la phase retour ne fait que commencer. Mais le DFCO bascule du bon côté au moment d’aborder un virage déterminant de la saison qu’il avait bien mal négocié lors de deux derniers exercices. Alors, sans trop présager de l’avenir, on ne va pas bouder notre plaisir !
@Gus21
Elle est pour toi Adel 🫶#P13DFCO pic.twitter.com/z8r46toNoL
— Dijon FCO (@DFCO_Officiel) February 6, 2026
LES NOTES
L’Homme du match : Jordan Marié (8,5)
Pas de numéro 10 ? Pas de problème ! L’option de placer Marié à ce poste, choisie par le staff ce vendredi comme alternative à Lembezat et Barreto, n’aurait pas pu être plus inspirée puisque c’est son excellent appel dans une défense très laxiste qui a permis cette ouverture du score précoce. Clinique et sérieux toute la rencontre, même après avoir été replacé devant la défense, il y est pour beaucoup dans cette importante victoire.
Delecroix (6,8) : auteur de deux arrêts importants, au début de chaque période, son sens de l’anticipation nous est absolument précieux même si le gardien aura été globalement moins sollicité que contre Saint-Brieuc.
Diallo (8,4) : très proche d’être notre homme du match, l’ancien latéral de Paris 13 manque sans doute la première place pour une ou deux erreurs qui auraient pu coûter un penalty si l’arbitrage avait été moins clément. Toutefois, sa première mi-temps d’excellente qualité combinée à ces deux longues passes décisives pour Marié et le deuxième but de Domingues ont fait de lui un élément crucial de ce beau succès en déplacement.
Diouf (7,1) : bien en place sur la majeure partie de la rencontre, il laisse Dadoune prendre de la distance avec lui pour placer une tête au fond des filets. Une erreur d’inattention sans conséquence au final, surtout qu’il a été autoritaire dans les duels.
Bernard (7,5) : son aisance avec le ballon ne doit pas nous faire oublier ses grandes qualités défensives qui font notre bonheur dans les situations tendues.
Khatir (5,9) : dès qu’il combine en triangle avec des passes bien appuyées, il est capable d’accélérer le jeu de fort belle manière et de déstabiliser n’importe quelle défense. On attend de Fady qu’il le fasse encore plus souvent pour s’enflammer. Remplacé à la 79e par Lacroix, qui basculera côté droit de la défense.
« Le plus dur commence, il va falloir tenir cette première place et ne jamais lâcher. » – Yanis Barka
Bellon (5,8) : efficace dans le recyclage du ballon avant sa sortie prématurée, on espère que son apparente blessure n’est pas trop problématique. Remplacé à la 53e par Chouchane, qui est toujours une énigme pour nous autres supporters. Frustrant dans ses choix par moments, celui qui a joué derrière les deux attaquants est aussi la raison n°1 de ce troisième but marqué même s’il ne sera pas crédité d’une passe décisive. On saura s’en rappeler.
Ndezi (6,6) : la confiance commence à bien circuler dans les veines de notre recrue estivale, qui maîtrise de mieux en mieux le tempo imposé par le style de jeu du coach Ridira. Et on ne peut que s’en réjouir vu les résultats que cela produit.
Hamada (6,1) : malgré sa taille qui n’a rien d’impressionnant, Ben est toujours aussi surprenant et intéressant de la tête dans la surface, les défenseurs adverses le sous-estimant probablement. Bonne activité globale sur toute la rencontre. Remplacé à la 79e par Vargas-Rios, qui fait son retour en National quatre mois plus tard. Rien que ça, ça vaut de l’or.
Barka (7) : sans être le plus influent sur le jeu hier soir, il a eu la détermination et l’intelligence de faire les efforts qu’il fallait aux bons moments pour être décisif. Son cri de célébration en dit long sur sa faim de buts, et il a désormais dépassé son total de la saison dernière avec Dijon. Remplacé à la 66e minute par Tavares, plus discret qu’à son habitude dans une deuxième mi-temps que nous n’avons pas spécialement dominé.
Ntamack (5,4) : sa note serait bien plus élevée si Alexis avait mis de la puissance derrière cette frappe en contre en deuxième mi-temps, ou s’il avait pu bénéficier d’une passe décisive sur ce centre pour Hamada. Il a ponctuellement eu de bonnes idées dans un match globalement brouillon. Remplacé à la 66e par Domingues qui n’a pas tardé à se faire remarquer. Même en ratant une très bonne opportunité, il ne se laisse pas démonter et est récompensé de ses efforts. Personne ne peut douter de la finesse de sa technique en voyant sa deuxième frappe pleine de conviction. Le deuxième meilleur buteur du championnat est toujours dijonnais !
MOYENNE : 6,82
@Novak

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