Kévin Schur (DFCO) : « On a vraiment besoin du public, encore plus dans cette phase retour »

Frustré par les derniers résultat du DFCO en Coupe de France et en National, Kévin Schur imagine bien l’équipe monter encore en puissance en 2024. L’attaquant dijonnais compte sur l’aide des supporters qu’il veut satisfaire à tout prix avec ses performances sur le terrain. Entretien.

Titulaire depuis 8 journée de National, Kévin Schur a rapidement pris sa place dans le couloir droit du DFCO.

Bonjour Kévin, tu vas pouvoir vivre une véritable préparation physique en même temps que le reste du groupe (ce qui n’est toujours pas le cas de Joseph Mendes par exemple). Tu penses que ça va avoir un impact positif sur tes performances ?

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Kévin Schur : Bonjour, c’est vrai que ça va faire du bien ne serait-ce que pour être sur la même longueur d’onde que mes coéquipiers !

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La saga de ton arrivée à Dijon a duré longtemps, on a dû attendre avant que tu puisses signer pour de bon ! Cette blessure, c’est de l’histoire ancienne ?

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KS : Oui tout à fait, je souffrais d’une phlébite. C’était handicapant mais tout est bien rentré dans l’ordre de ce côté-là.

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Le coach Benoît Tavenot et toi avez passé beaucoup de temps à Bastia mais pas à la même période. Vous ne vous connaissiez pas avant cette année, c’est ça ?

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KS : Non, pas du tout ! On connaît beaucoup de personnes en commun, que ce soit des préparateurs physiques, des entraîneurs, des adjoints mais non on ne se connaissait pas. Quand je suis arrivé au Sporting, lui il faisait une halte à Bastia-Borgo (aujourd’hui FC Borgo) il me semble. Je sais qu’il est resté 15 ans au club, on en a beaucoup parlé mais on ne s’était jamais croisés avant.

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Tu as fait tes premiers pas avec le maillot du DFCO à la J7, contre Cholet, dans une période qui était compliquée pour les attaquants…

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KS : Je pense surtout que le match contre Cholet, c’est un match qu’on doit gagner (défaite 0-1) ! On a eu je ne sais pas combien d’occasions, on a manqué d’efficacité. Pour mon cas personnel, c’était un match de reprise donc c’est toujours compliqué de rentrer dans un match comme ça, j’attendais quand même ça depuis un moment. Cela m’a fait du bien de rejouer après une période sans activité.

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Non seulement tu rejoues, mais en plus tu fais partie des titulaires depuis ce match-là sans interruption ! Ce qui n’est pas si fréquent avec Benoît Tavenot qui ne donne jamais de places garanties…

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KS : C’est vrai, quand je suis arrivé le coach m’a très bien fait comprendre que je pouvais jouer sur les trois postes (ailier gauche, avant-centre, ailier droit). Il m’a tout de suite installé à celui d’excentré droit, pour moi le plus important c’est de pouvoir tout donner pour l’équipe.

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Les Dijonnais étaient sur un petit nuage lors de l'ouverture du score à QRM.

Ensuite il y a eu cette passe décisive « déclic » et si importante contre Versailles, qui a bénéficié à Cyriaque Irié. Ça t’a donné de la confiance pour la suite ?

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KS : Je ne sais pas, je n’ai jamais vraiment douté. Après il n’y a pas de secret, comme pour tous les joueurs j’ai besoin d’enchaîner les matchs pour être au top physiquement. D’un point de vue technique ou autre, il n’y a jamais eu de souci. Le fait de débloquer le compteur « stats » c’est sûr que ça fait du bien mentalement. Surtout, ça fait du bien à l’équipe aussi.

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Ces deux défaites pour terminer l’année civile, elles sont loin d’être honteuses mais peut-être que la trêve hivernale arrivait au bon moment…

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KS : En Coupe de France (contre QRM, 3-1, ndlr.), je pense qu’il y avait moyen de mieux faire surtout en menant 0-1. Enfin c’est comme ça, c’est le football. Contre Sochaux, on est déçus parce qu’on savait que si on faisait un bon résultat, avec le match en retard contre le GOAL FC à venir, on pouvait vraiment recoller aux échappés. C’est vrai que ce résultat a fait un peu mal mais la saison est encore longue, on a ce match en retard et il y a toujours la possibilité de bien négocier cette deuxième partie de saison. Comme je le dis tout le temps, le National c’est un championnat de séries. D’un côté comme de l’autre, ça peut aller très vite. Il faut rester très « focus » sur notre objectif et ne pas se déconcentrer.

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On a sorti la semaine dernière un article sur le « défaitisme à la dijonnaise », qui traite de la tendance des supporters à tout jeter à la moindre défaite. Toi aussi comme le coach, tu ressens ça en tant que membre de l’équipe ?

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KS : Oui, ça se ressent sur le terrain. Parfois on fait des passes en arrière on est sifflés, hués (rires). Dans tous les stades, c’est un peu comme ça j’ai envie de dire. Mais on a vraiment besoin du public, c’est très, très important. Encore plus dans cette phase retour qui va être capitale.

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« J’aime bien ne pas ressembler aux autres, être un peu à part » – Kévin Schur

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Ça devait aussi être très exigeant à Bastia, tu en as l’expérience alors !

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KS : C’est un peu pareil. Forcément, dans ces clubs-là qui ont connu récemment la Ligue 1, les supporters sont beaucoup plus exigeants envers les joueurs. Ils ne se rappellent que de la Ligue 1 et ont encore l’impression d’y être, c’est pour ça qu’ils ont l’air d’en demander tant. Il ne faut pas oublier que ça reste le championnat National et que malheureusement, on ne gagnera pas tous les matchs. On va tout faire pour, mais au final ce sont les aléas du sport. Et nous, on a besoin que le public soit derrière nous, c’est très important.

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Surtout que quand on voit le travail accompli depuis le début de la saison, on peut difficilement vous en vouloir.

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KS : Franchement, il y a un très bon groupe. On ne peut pas nous reprocher de ne pas mouiller le maillot ou encore de ne pas nous donner à fond aux entraînements (rires). On donne le maximum de nous-mêmes, il y a toujours des choses à améliorer bien sûr mais le coach est là pour nous aider à mener notre mission à bien.

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LES QUESTIONS DES SUPPORTERS DU DFCO ET LECTEURS DU DIJON SHOW

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Explique-nous, pourquoi cette teinture Kévin ?

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KS : J’en étais sûr, je l’attendais celle-là (rires) ! En fait, je fais tout le temps ça mais là je ne sais pas, j’ai voulu attendre un peu avant de m’en refaire une. J’ai attendu un petit peu après mon premier match, mais je le fais tout au long de la saison en général. Après, la teinture rose, c’était un kiff. Je l’avais déjà faite auparavant, j’aime bien ne pas ressembler aux autres, être un peu à part (rires).

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On espère que tu feras la teinture rouge si jamais on arrive à choper la montée !

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KS : Ah ça, c’est sûr ! Il le faut (rires) !

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On peut louer ta polyvalence en attaque, mais où est-ce que tu préfères jouer réellement ?

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KS : Le poste où je pense être le plus décisif et celui où je me sens le mieux, c’est celui d’excentré gauche.

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« Ce qui fait la différence dans le football, c’est le mental avant les jambes » – Kévin Schur

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On nous dit que tu as une bonne anticipation et un bon sens du placement et que tu ferais un bon avant-centre aussi…

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KS : Plusieurs fois à l’entraînement, le coach m’a mis en 9. Il m’a aussi fait jouer avant-centre en Coupe de France quand je suis entré en jeu. C’est vrai que c’est un poste qui me plaît, ça ne me déplairait pas de jouer à ce poste-là, c’est au coach de faire la compo et de décider. Mais je donnerai tout quel que soit le poste où on me met.

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Les supporters de Bastia ont de bons souvenirs de toi, certains du Mans te regrettent… Quels sont les meilleurs moments que tu as vécus avec tes deux dernières équipes ?

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KS : De Bastia, forcément, je retiens toutes les montées successives. On est montés depuis le championnat de N3 comme ça, si rapidement, je pense qu’il y a très peu de clubs qui l’ont fait. Après, c’est vrai que j’ai un souvenir marquant : c’est le match de Coupe de France contre Caen. On avait réussi à faire revenir quasiment tous les supporters au stade, l’ambiance était vraiment incroyable (le SCB a été éliminé aux tirs au but devant 10 000 personnes après avoir su revenir à 1-1, puis à 2-2 à la 117e, ndlr). Avec Le Mans, on avait fait un 32e de finale contre Lille, où le stade était rempli avec 22 000 spectateurs (score final, 2-4 avec un but de Schur à la 21e minute, ndlr), c’était vraiment incroyable et il y avait eu la montée à la fin de la saison. Ce sont de très bons souvenirs.

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Deux passes décisives pour deux victoires : Schur est devenu un porte bonheur pour Dijon.

Tu as connu une carrière assez atypique jusque-là, as tu des conseils à donner à de jeunes joueurs qui aimeraient devenir professionnels ?

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KS : Mon conseil numéro un, c’est déjà de prendre du plaisir. Je pense que c’est une notion qui se perd un peu dans le football actuellement. Voilà, prendre du plaisir, travailler seul, beaucoup réciter en fait tout ce qu’on fait à l’entraînement mais le faire seul de son côté aussi. Parce qu’il y a du travail à faire en équipe mais le travail à côté est tout aussi important. Ensuite, il faut progresser avec son équipe et ça viendra avec le temps. Je n’ai pas fait un parcours classique, mais je peux assurer qu’il ne faut jamais perdre de vue son objectif, il faut travailler et être fort mentalement, ne rien lâcher. C’est ça qui fait la différence dans le football, c’est le mental avant les jambes.

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En signant à Dijon, quelle était ton ambition et comment as-tu été convaincu de venir ?

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KS : Quand j’ai eu le coach au téléphone, il m’a dit qu’il comptait sur moi et qu’il voulait me faire venir, c’est forcément très plaisant. Après, j’ai pris mes infos de mon côté aussi, puisqu’on venait du même « pays » (rires). On m’a dit le plus grand bien de lui et puis je n’avais aucun doute sur le club au niveau de ses infrastructures. J’avais d’ailleurs déjà rencontré Dijon en Ligue 2, je savais que c’était un très bon club où jouer au football. Après, ça a été rapide, c’est juste à cause de mon pépin physique que ça a mis du temps à se décanter.

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Même la météo ne t’a pas fait peur ?

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KS : Non (rires), j’ai joué à Avranches et j’ai connu des météos capricieuses par le passé ! C’est vrai qu’en quittant la Corse, ce n’est plus du tout le même climat mais ça ne me dérange pas plus que ça.

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Pour finir, ressens-tu une certaine forme de pression pour remonter dès cette saison absolument ? Est-ce que tu vois ça différemment, sur le moyen terme éventuellement ?

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KS : Il n’y a pas forcément de pression, même si c’est vrai que c’est plus facile de remonter la première année après la descente. On sait que le championnat National, économiquement, est un championnat très difficile et on le voit avec certains clubs où c’est très compliqué parfois. Je pense que pour le club, il ne faut pas trop végéter en National non plus. C’est sûr que l’objectif, on ne peut pas le cacher, en descendant de Ligue 2 il faut qu’on soit placés dans les premières places avant la fin de la saison pour être dans le bon wagon et on verra ensuite ce qu’on peut faire.

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