Le DFCO avait tout pour réussir mais a vécu une véritable tragédie grecque dans son théâtre pour le dernier match du mois d’avril en National ! Suite à de nombreux faits de jeu, Dijon doit s’incliner contre Châteauroux et remettre la montée à plus tard.

LE MATCH
Dijon FCO – LB Châteauroux : 1-2 (1-2)
Au Parc des Sports Gaston-Gérard, le jeudi 30 avril 2026, coup d’envoi à 19h30
Buts : Domingues (11e) pour le DFCO / Piquionne (26e) et Chahid (38e) pour LBC.
Avertissement : Lacroix (43e) et Lembezat (82e) pour le DFCO / Wade (54e), Bouaoune (69e) et Diarra (72e) pour LBC.
Expulsion : Bernard (24e) pour le DFCO.
Atmosphère pesante
Si vous étiez présent en direct pour l’émission Le Micro Show ce mercredi, vous savez déjà que beaucoup de nos fidèles lecteurs et auditeurs avaient pointé du doigt Châteauroux comme l’une de nos bêtes noires. Pas seulement cette saison, mais sur l’entièreté des matchs joués en National depuis notre descente en 2023. Et comme redouté, le match qui aurait dû sceller notre montée en Ligue 2 s’est transformé en cauchemar pour les supporters qui, en plus d’être déçus, se mettent à nouveau à imaginer le pire. Il faut dire que, si rater la promotion depuis cette position très avantageuse est extrêmement peu probable, le scénario de ce jeudi 30/04 n’a pas aidé les suiveurs du club à garder confiance, alors qu’une défense pourtant si fiable d’habitude a littéralement volé en éclats en moins d’un quart d’heure.
Pourtant, tout avait si bien commencé avec une mainmise sur la partie et le ballon imposée par Dijon, récompensée très tôt par un but de Julien Domingues (11e) après une merveille de centre à terre signée Lacroix. Dans ce genre de matchs, marquer tôt est souvent la chose la plus difficile à faire et débloquer cette situation aide à mieux gérer la suite. Pas cette fois. Car après une énorme occasion dijonnaise de faire le break via Barreto et Tavares, sur une action qui parait anodine, tout bascule. Freitas étire la ligne défensive en attirant Diouf sur l’aile alors que Lacroix prend sa place dans l’axe. Il adresse un centre au point de penalty, qui aurait déjà pu être converti par un coéquipier. Finalement le ballon file au second poteau oublié par Diallo et Bouaoune peut frapper. Montfort l’effleure du pied mais Bernard est en couverture : avec la vitesse, il ne peut écarter son bras qui empêche le ballon d’entrer. Carton rouge, pénalty, égalisation.
La faute est incontestable, l’intentionnalité (qui justifierait l’expulsion et non un simple avertissement) est très difficile cependant à justifier. Mais le défenseur central, qui a ainsi probablement joué le dernier match de sa carrière professionnelle – il devrait être suspendu pour deux matchs – a fait le choix de ne pas d’accabler l’arbitrage en zone mixte.
« D’habitude, je suis le premier à gueuler, là je sais que s’il l’a vu, je suis mort. Je pense que c’est le tournant du match » – Quentin Bernard.
Dijon en danger ?
Un tournant, évidemment, puisque Dijon n’a plus la maîtrise qu’il avait et que la dynamique penche désormais en faveur des visiteurs ragaillardis. Jad Koembo combine bien sur le côté droit de l’attaque et après une tentative de centre repoussée, Freitas remet le couvert. Son centre-tir est une fois de plus raté par le premier concerné, Montfort arrive à dévier la tentative mais c’est dans la course de Chahid qui ne se fait pas prier pour éteindre le stade de son club formateur. Cette fois, il s’agit plus d’un joli mouvement adverse et d’un manque de chance pour Dijon que d’une vraie erreur défensive.
Peu importe, l’équipe est déstabilisée, le « momentum » fermement dans les mains des Berrichons… et Dijon ne s’en relèvera pas. En infériorité numérique, tout est plus compliqué et il faut faire davantage d’efforts pour ne serait-ce que faire jeu égal avec une équipe talentueuse, même si elle l’a peu montré cette saison. À l’aller comme au retour, les Dijonnais ont pu le constater. Après un nouveau tir des blancs, consécutif à une énorme main du passeur, les tentatives de Barreto, Obongo entré à la pause, Chouchane, Diouf ou encore Lenny Montfort sur un ultime corner n’aboutiront pas. Et malgré sa domination relative à dix, le DFCO est contraint de s’incliner dans ce qui aurait dû être le match de la montée.
À froid, nous regretterons peut-être encore davantage les innombrables fautes et cartons jaunes oubliés pour Châteauroux, ce qui a valu à Fabien Tissier (sur le banc) d’être expulsé lui aussi et à Ridira d’écoper d’un avertissement, que le rouge de Bernard qui aurait été donné par beaucoup d’arbitres une fois la main signalée par l’assistant. Nous regretterons aussi que la fête et le spectacle soient gâchés ainsi, et que les supporters qui avaient placé beaucoup d’espoirs dans cette rencontre soient tant déçus. Une réaction très compréhensible, mais aussi un peu exagérée si on en croit le nombre de commentaires qui explose sur les réseaux sociaux. Alors que pour être promu ou pour gagner le titre, le DFCO a encore toutes les cartes en main et ne dépend que de lui. Il serait bon de ne pas crier au loup et de continuer à croire en ce groupe qui est arrivé si loin, uni.
L’émotion était ailleurs pour l’expérimenté Bernard, déçu de lui et de ce scénario terrible dans le sprint final et au crépuscule de sa carrière : « Il ne faut pas tout effacer, il y aura encore des balles de match, relate le Bien public. J’ai dit un petit mot dans le vestiaire car on était quand même abattu. Tout le monde avait un peu prévu des petites festivités, mais on va garder un peu le champagne au frais. Rien ne nous sera épargné sur cette saison. Pour ma part, c’est peut-être le dernier match de foot dans ma vie, c’est là-dessus que j’ai voulu leur dire que peut-être pour moi c’est fini, mais pour eux, il y a encore plein d’années incroyables avec une jolie fin dans une semaine ou quinze jours ou même samedi. C’est normal d’être déçu, mais il ne faut pas être abattu. »
LES NOTES
L’Homme du match : Julien Domingues (6,1)
C’est un peu paradoxal mais le joueur qui n’est resté qu’une période sur la pelouse et qui n’a eu qu’une seule opportunité de marquer l’a mise au fond. Et n’a pas grand-chose à se reprocher sur un match où le sort voulait visiblement s’acharner sur Dijon. Bravo pour ces deux buts en autant de journées, on aura bien besoin d’une telle efficacité sur les deux suivantes. Remplacé à la mi-temps par Obongo (5,3), intéressant dans ses prises d’initiative bien que maladroit. Un match tout à fait honorable mine de rien, quand on connaît le contexte et la difficulté d’entrer en jeu quand son équipe est réduite à dix.
Montfort (5) : impossible de trancher si ce match du portier est bon ou non, il n’aura alors que la moyenne exacte ! Malchanceux sur les actions des buts, certains supporters pensent qu’il aurait pu faire un peu mieux. On retient aussi de bonnes interventions et ce coup de casque arrachant presque l’égalisation en toute fin de partie…
Lacroix (5,5) : tout aurait pu être si différent pour le défenseur, qui a cette fois-ci commencé le match tambour battant. Contrairement à notre déplacement à Valenciennes, il rendait une copie très intéressante à droite de la défense avec une passe décisive sublime… jusqu’à cette main de Bernard et ce repositionnement en défense centrale. Il n’est d’ailleurs pas fautif sur les buts, son retard sur Freitas avant le 1-2 s’expliquant par un contre inattendu et de la malchance après avoir enfermé le latéral.
Diouf (5,2) : plus en délicatesse qu’à son habitude, il a été précieux sur les coups de pied arrêtés offensifs et n’a pas non plus de reproche à se faire, son engagement ayant été très précieux toute la rencontre pour maintenir La Berrichonne à portée de fusil.
Bernard (non noté) : les dieux du foot sont cruels et même si cela ne coûtera peut-être pas la montée à Dijon, ce positionnement sans mettre les bras dans le dos gâche la fin d’une carrière remarquable, avec au moins quatre promotions (et bientôt cinq ?). Déchirant après une si belle saison de sa part !
Diallo (5,3) : fautif oublié sur l’action menant à l’égalisation, il est malheureusement coutumier de ce genre de faits. Il se rattrape bien par son énergie et sa capacité à accompagner les offensives, même à dix contre onze, mais il ne faudra pas oublier le nombre de buts évitables encaissés cette saison simplement parce qu’Ismail a eu une saute de concentration.
📊 Le DFCO ne s’est jamais incliné à onze contre onze en National cette saison !
Les 3 défaites (Fleury 0-1, Fleury 3-1 et Châteauroux 1-2) se sont produites avec un déséquilibre pour l’un des protagonistes, la première étant la plus surprenante car Dijon était en supériorité.
— julien ⊬ (@No_vak) May 1, 2026
Marié (3,9) : dura lex sed lex. Match raté de la part du capitaine dijonnais qui n’a pas été à la hauteur de l’enjeu, sans non plus tirer tout le monde vers le bas. Il a donné de son énergie mais la justesse technique et les idées affichées n’étaient tout simplement pas suffisantes pour remonter la pente.
Chouchane (4,2) : très bien rentré dans son match, il perd en influence à l’expulsion de Bernard et rate surtout une énorme occasion en quatre contre trois en deuxième période. C’est un bon joueur à n’en pas douter, mais les choix effectués dans la surface adverse cette saison sont aussi négatifs que les oublis de Diallo, une fois additionnés ! Remplacé à la 70e par Yanis Barka dans un rôle hybride, parfois numéro 10, parfois en première ligne. Mais il n’a pas eu les opportunités pour se montrer suffisamment.
Ndezi (4,3) : ballotté du milieu de terrain au couloir gauche de la défense, puis de retour dans l’entrejeu, il a fait peu de bons choix malgré une bonne maîtrise technique. Il paye cet échec de groupe par une note inférieure à la moyenne. Remplacé à la 70e par Vargas-Rios qui a fait légèrement mieux que son coéquipier, sans être transcendant.
Barreto (4,9) : il était très efficace lors des rares matchs qu’il avait débutés cette saison, mais hier soir il a joué de malchance et peut avoir des regrets de ne pas avoir été récompensé d’un but ou d’une passe décisive. Dans le jeu comme dans la zone de vérité, il a été intéressant. Remplacé à la 81e par Adel Lembezat, un revenant qui foule les pelouses du National pour la première fois depuis le 30 janvier… et qui a été averti pour sa première faute, ne bénéficiant pas de la clémence dont Châteauroux a pu jouir tout le match grâce à M. Barenton.
Tavares (4,3) : après avoir traversé la première mi-temps sans pouvoir se montrer décisif, il n’a pas été à la hauteur pour être le seul avant-centre aligné en deuxième période suite à la sortie de Domingues. Remplacé à la 70e par Ntamack, qui aurait dû avoir un face-à-face s’il n’avait pas été retenu illicitement par le maillot. Non sifflé, évidemment. Le jeune Alexis a provoqué beaucoup de fautes et n’a pas été suffisamment récompensé de ses efforts.
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