DFCO 3-3 Caen : vendredi ou la nuit sauvage

Ce Dijon FCO veut notre peau ! Revenue d’entre les morts dans un scénario complètement fou avec trois buts en quinze minutes, l’équipe bourguignonne voit finalement Caen revenir dans des circonstances à peine croyables au bout du temps additionnel (3-3). Un match absolument épique de ce championnat National, qui n’a de nul que le nom.

Après des montagnes russes émotionnelles, le DFCO et Romain Ntamack se demandent encore pourquoi leur but à la 92e minute n’a pas été celui de la victoire (photo Vincent Poyer/DFCO).

LE MATCH

Dijon FCO – Stade Malherbe Caen : 3-3 (0-1)
Au Parc des Sports Gaston-Gérard (Dijon), le 13 février 2026, coup d’envoi à 19h30.

Buts : Duville-Parsemain (5e), M’Vila (56e) et Gnanduillet (90e+5) pour le SMC / Barka (74e), Marié (90e+1) et Ntamack (90e+2) pour le DFCO.

Avertissements : Henry (30e, 64e), M’Vila (39e) et Mandréa (71e) pour le SMC / Khatir (50e) pour le DFCO.

Expulsion : Henry (64e) pour le SMC.

Le meilleur match de la saison

Peu importe ce que nous dirons les frustrés et les supporters des autres clubs du championnat : à ce stade, Dijon – Caen est sans doute possible le match le plus intéressant et le plus dingue de 2025-2026. Et on espère pour nos cœurs ne plus revivre la déception du coup de sifflet final, après avoir subi un tel pic d’adrénaline, de stress et de folie. Déjà, ne pas revivre un tel début de match, avec un but encore plus rapide que celui de Fleury en octobre – ce qui a pu faire réapparaître de très mauvaises ondes dans ce stade qui s’en rappelle encore. Outre les erreurs en pagaille, c’est la stérilité offensive de notre équipe qui nous a tous fait souffrir, alors que Domingues, Barka et leurs comparses empilaient les occasions sans réussir à en mettre une au fond. Des opportunités nettes, nombreuses et indécentes qui auraient dû nous permettre de revenir aux vestiaires à 3-1 après la première période.

Mais ce soir, contrairement à d’autres, le DFCO n’a pas lâché. Dijon n’a pas économisé ses efforts et a surtout toujours eu la lucidité pour dominer son adversaire sur la pelouse, par le jeu, en lui mettant constamment la tête sous l’eau. Tant et si bien que, même après un pénalty très généreux mais reconnu comme légitime par Jordan Marié lui-même, à 0-2, nous y croyions encore. Le stade comme le staff et les joueurs : tous savaient au fond d’eux qu’en continuant à jouer à ce rythme, les Normands pouvaient être conquis. D’autant plus après l’expulsion bête mais logique de Valentin Henry après l’heure de jeu, qui a été la cerise sur le gâteau.

À douze contre dix

On a pu critiquer durement (mais justement) les spectateurs du Parc des Sports, souvent endormis et passifs dans les scénarios qui mériteraient davantage d’encouragements. Mais cette semaine, on ne peut que s’incliner devant l’ampleur de leurs rugissements. Entraînées par les plus fervents d’entre nous, beaucoup de personnes d’ordinaire passives ont permis à ce match de basculer quand, au bout de notre vingtième frappe du match, Yanis Barka est parvenu à marquer le but de l’espoir de la tête. Ce douzième homme a parfaitement joué son rôle, Caen ne sortant plus de ses 25 mètres et laissant des vagues rouges s’écraser sur son but. Jusqu’à l’inévitable : l’égalisation de Jordan Marié qui a arrêté le temps avec une frappe parfaitement envoyée dans le petit filet après 90 minutes de lutte. On n’a pas eu le temps de se rasseoir que le jeune Ntamack l’imitait, dans une situation bien plus aisée certes, et nous envoyait au paradis. Trois buts à deux, une domination outrancière, un scénario fondateur et une union sacrée entre 15 joueurs et leur public.

Et le constat aurait dû s’arrêter là, sans un but marqué du bout du pied par Gnanduillet trois minutes après ce renversement express… ou avec un arbitrage moins partial, puisque son passeur décisif s’est allègrement permis de contrôler un ballon de la main. Mais nous n’en parlerions pas si la défense du DFCO était bien placée et organisée après avoir jubilé trop tôt. Un partage des points difficile à accepter tant Dijon était supérieur, mais notre équipe nous a au moins dignement représentés, nous rendant fiers d’être Dijonnais. On peut facilement l’oublier avec tous les enjeux et les implications de chaque résultat à notre époque, mais le football est avant toute chose un divertissement qui doit nous donner envie de passer du temps au stade. Que l’on soit venu seul ou avec ses proches, ce vendredi 13 février, nous étions des milliers à râler, à crier, à jubiler, à s’arracher ensemble les cheveux à l’unisson. Et a être retombés amoureux d’un DFCO qui n’en finit plus de jouer avec nos émotions. La meilleure équipe du National, c’est celle-là. Allons le prouver en faisant le boulot jusqu’au bout !

@Novak

 LES NOTES

L’Homme du match : Jordan Marié (7,8)
Encore un énorme match du capitaine dijonnais qui continue de montrer l’exemple, et d’empiler les stats, une semaine après avoir remporté ce même titre. Réaligné à ce poste de numéro 10, il aura été l’un des plus grands artisans de la nette domination offensive de son équipe, mais c’est paradoxalement en redescendant plus bas qu’il a commencé à être décisif. Une passe décisive sur corner, enfin, avant de nous offrir une merveille de but, plein de sang-froid, depuis l’entrée de la surface. Celui qui a été adopté par le DFCO il y a 22 ans de cela continue d’impressionner match après match. Et le costume de patron lui va à ravir.

Delecroix (4,6) : s’il n’a visiblement pas senti le coup sur l’ouverture du score, il aura vécu un match un peu plus tranquille par la suite, n’ayant pas eu à véritablement s’employer à l’inverse de son homologue caennais. On ne peut pas lui en vouloir sur le pénalty imaginaire, et on comprend aisément qu’il ait été lui aussi victime de l’euphorie générale lors de l’égalisation finale. S’il n’a pas commis d’énorme bourde, en prendre trois c’est tout de même difficile à… encaisser.

Diallo (4,4) : sûrement quelque peu surpris par le déroulé de l’action, il laisse son ancien coéquipier arriver libre dans la surface, lui permettant d’ouvrir le score. Un peu plus concentré défensivement par la suite, il aura toutefois péché dans le secteur offensif. On lui reprochait déjà il y a quelques temps de l’avoir voulu jouer trop perso dans un face à face avec le gardien, il récidive avec quelques mauvais choix ce soir.

Diouf (5) : il aura fait de son mieux pour contenir les rares assauts caennais en première période, effectuant quelques retours décisifs dans la boîte. On l’a senti progressivement monter en tension, probablement frustré comme nous tous par le déroulé de la rencontre. Heureusement pour nous, il s’est reconcentré et a même failli marquer lui-même, avant de n’être au marquage de personne – comme presque tout l’effectif – sur le dernier but du match. De belles ouvertures qui auraient mérité meilleur sort, cependant.

Bernard (5,4) : probablement le plus mauvais match de notre taulier de la défense ces dernières semaines. C’est vous dire le niveau du monsieur ! Nécessairement pénalisé par un score très peu flatteur pour la meilleure défense du championnat, il ne s’est jamais laissé démonter, si ce n’est sur… Oh et si on arrêtait de parler de cette dernière action ?

Khatir (2,9) : il met ses partenaires de la défense et toute son équipe en difficulté lorsqu’il se fait reprendre le long de la ligne de touche, permettant l’ouverture du score précoce. Probablement plombé par ce fait de jeu, il n’aura pas réussi à revenir dans son match, multipliant les erreurs jusqu’à son avertissement et sa sortie. Remplacé à la 67e par Vargas Rios, qui a refoulé la pelouse de Gaston Gérard pour la première fois depuis longtemps pour le plaisir de tous ! Il semble revenir en forme et va ramener un peu plus de concurrence au sein du groupe.

« On savait que ça allait être un match compliqué, Dijon est la meilleure équipe du championnat actuellement. Ils nous ont poussés, c’est un très bon point de pris » Gaël Clichy (SM Caen).

Bellon (5,4) : match assez timide de la part de Paul, qui n’a pas eu grand chose à faire dans le secteur défensif. On aurait aimé voir sa frappe sèche et pleine de spontanéité finir au fond des filets de Mandréa, mais le sort n’était pas en sa faveur ce vendredi 13… Remplacé à la 76e par Tavares, un pari offensif clairement réussi de la part de Ridira, couronné par cette passe décisive du talon dont lui seul a le secret.

Ndezi (5,1) : éclipsé au milieu de terrain par l’hyperactivité proposée par son capitaine, Brandon a eu un peu de mal à être dans le bon tempo au milieu de terrain, pas nécessairement aidé par les multiples interruptions de jeu qui sont survenues dans ce secteur.

Hamada (4,9) : match en demi-teinte pour Ben, qui a beaucoup tenté de participer à l’effort offensif sans toutefois réussir à s’imposer. Peinant en fin de match, il est remplacé à la 76e par Chouchane, qui a bien tenu son rang au milieu de terrain et a grandement participé à la domination dijonnaise.

Barka (7,7) : un excellent match pour Yanis, qui a fourni d’énormes efforts notamment pour servir son comparse du front de l’attaque. S’il a mis du temps pour trouver la recette et faire sauter le verrou adverse – en ne cachant pas sa frustration, il finit par faire germer le doute dans les têtes caennaises après un corner sur lequel, cette fois-ci, Mandréa est resté impuissant. Il est aussi le centreur sur le but de Ntamack, dévié au premier poteau par Julio.

Domingues (2,9) : constat très amer pour notre meilleur buteur qui a malheureusement tout raté ce soir. Pas avare d’efforts, il n’a pas flanché et s’est toujours débrouillé pour se retrouver au bon endroit, au bon moment, pour tenter de passer une valise à Caen. En vain. Nul doute que ce match doit permettre à Julien de continuer à travailler dans le bon sens – celui du but. Car il nous a prouvé qu’il était tout sauf maladroit sur les sorties précédentes. Remplacé à la 67e par Ntamack qui, après s’être adapté au rythme très intense de la partie, a fait beaucoup de mal à la défense caennaise jusqu’à être idéalement servi pour un but qui restera dans les mémoires de tous les supporters, surtout ceux présents en Tribune Nord.

@CM_Tadryel

MOYENNE : 5,1

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Commentaires

2 réponses à “DFCO 3-3 Caen : vendredi ou la nuit sauvage”

  1. Avatar de Pascal Colom
    Pascal Colom

    En fait le Dijon Show , ce que je pense à propos d’hier soir et de la perte de la 1ere place , c’est que le DFCO quelque part n’aime pas une trop grande pression et prefere la position du chasseur que du chassé et toujours au final , une seule défaite cette annee . Au final rien de grave , juste dommage

  2. Avatar de Pascal Colom
    Pascal Colom

    ???

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