DFCO 3-1 Versailles : Ismail a le smile

Avec l’énergie et le tempérament d’un vrai leader, le Dijon FCO a renversé un match bien mal entamé contre Versailles et fait une excellente opération au classement général du National. Avec un doublé d’un grand Ismail Diallo.

Il n'a pas fait exprès sur le premier, mais nul doute qu'Ismail Diallo a délibérément voulu casser les filets sur son deuxième but.
Il n’a pas fait exprès sur le premier, mais nul doute qu’Ismail Diallo a délibérément voulu casser les filets sur son deuxième but (photo Arthur Breton).

LE MATCH

Dijon FCO – FC Versailles 78 : 3-1 (0-1)
Au Parc des Sports Gaston-Gérard (Dijon), le 27 mars 2026, coup d’envoi à 19h30.

Buts : Diallo (57e, 66e) et Vargas-Rios (78e) pour le DFCO / Guillaume (34e) pour le FCV.

Avertissements : Bernard (21e), Marié (81e) et Hamada (90e+3) pour le DFCO / Renaud (16e), Basque (24e) Odzoumo (50e) et Santini (81e) pour le FCV.

En détente

Rarement inquiété par ses adversaires cette saison en championnat, le DFCO a décidé de pimenter les choses lors de la 27e journée de National. Puisque jouer pendant 90 minutes à haute intensité (comme contre Sochaux, Valenciennes ou encore Paris 13 plus récemment) est trop facile et que jouer 60 minutes (comme contre Caen ou Aubagne à la maison, avec des handicaps) est encore déséquilibré, les Dijonnais ont choisi cette fois de jouer une mi-temps seulement. Comme contre Concarneau, mais avec une dynamique inversée puisque c’est lors de la deuxième période que les Rouges ont mis les gaz après 45 piètres minutes sous un pressing versaillais intense et réussi. Et puis, après avoir fait semblant de ne pas être dans le coup pendant la moitié de la soirée, nos Bourguignons ont fait sauter le verrou sur un but gag et laissé leurs qualités s’exprimer à plusieurs reprises, en infligeant à leurs visiteurs une peine trois fois plus lourde grâce à un missile de Diallo et aux efforts collectifs de Domingues, Ntamack et Vargas-Rios. En détente, ce DFCO leader de National a gardé son trône réaffirmé sa volonté de monter en Ligue 2, sans forcer son talent.

Pour donner davantage de sérieux à cette analyse de comptoir, on avait hâte de voir Dijon changer d’attitude dans une situation où il mènerait au score et où l’adversaire tenterait de le rattraper, après la déception de Caen, celle de Concarneau et la victoire étriquée chez QRM. Et cette fois, notre club a bien répondu présent. Les attitudes allaient de pair avec les attentes et, en poussant dix minutes de plus, le break arrive logiquement. Cela aurait même pu être 4, 5 voire 6-1 dans une soirée où tout nous aurait réussi, le DFCO faisant craquer Versailles de toutes parts et prenant logiquement les commandes de la partie, pour de bon. Une belle prestation collective sur 45 minutes qui doit servir de référence pour les derniers matchs de ce championnat.

Ya d’la joie

Notre allégresse provient aussi du fait que ni Orléans ni Rouen n’ont su faire mieux qu’un match nul, pour la deuxième journée consécutive. Et ont donc perdu 4 points sur Dijon et Sochaux, qui semblent avoir fait le break en tête, en l’espace d’une semaine. De plus, ces deux plus proches concurrents à l’accession directe ainsi qu’aux barrages comptent 26 matchs à l’heure où DFCO et FCSM n’ont joué que 25 fois ! Un décalage qui sera rectifié dans les prochaines semaines quand les deux ambitieux clubs semi-professionnels seront tour à tour exempts en raison du forfait d’Ajaccio.

Plus concrètement, cela signifie qu’il ne reste que 18 points à prendre pour ces deux formations, alors que Dijon a respectivement 5 et 9 points d’avance sur le barragiste et le quatrième de National. Une rapide soustraction nous fait comprendre que pour ne plus être rattrapable à coup sûr par Rouen, le DFCO doit désormais prendre 14 points en 7 journées (moyenne de 2 points par match, alors qu’il tourne à 2,08 points par match depuis le début de la saison). Et c’est sans compter sur un faux-pas du club normand, qui n’a gagné que deux de ses dix dernières rencontres en National. Plus que jamais, le destin de Dijon est dans ses mains, et c’est peut-être même au titre qu’il faudra penser dans la dernière ligne droite à ce rythme, disputé avec un FC Sochaux aussi confiant que redoutable et sur une série de cinq succès. Pour le moment, nous nous contenterons bien de ne penser qu’à l’accession qui n’est pas du tout acquise, bien qu’elle semble nous tendre les bras. Comme le dit Hugo Vargas-Rios à Ici Bourgogne, « si on fait le job sur ces sept derniers matchs, il n’y aura pas à regarder derrière ».

Public exigeant

Alor que le staff espère toujours tirer le meilleur de son groupe et que le premier acte de cette soirée n’était pas à la hauteur, Baptiste Ridira exprime tout de même sa déception quant à l’attitude du public dijonnais avant l’égalisation. Hostile à la pause mais aussi et surtout dès le retour des vestiaires, alors qu’une tout autre dynamique débutait, un nombre considérable de spectateurs se sont permis de crier et siffler sur les joueurs qu’ils sont censés encourager. « La première mi-temps n’est pas bonne, mais on a besoin de soutien, on n’a pas besoin de sifflets », déplore le technicien en conférence de presse. Le spectacle n’était certes pas à la hauteur, tout le monde en convient, mais une attitude si délétère est peut-être l’un des facteurs qui expliquent que l’équipe performe « seulement » au même niveau dans son antre qu’à l’extérieur. Ce qui, pour des raisons évidentes, n’arrange ni les joueurs, ni le public qui se retrouve dans un cercle vicieux…

La critique est toujours bienvenue, mais davantage d’aide dans les moments difficiles ne ferait pas de mal à un Dijon FCO qui s’apprête à recevoir Sochaux dans une atmosphère particulière dans trois semaines. Si nous, Dijonnais, sommes incapables de donner l’énergie nécessaire à notre équipe pour lui éviter de passer 45 minutes sous l’eau comme hier, alors que la saison qu’elle fait est exceptionnelle et que nous sommes en position de monter depuis la dixième journée sans discontinuer, comment réagirons-nous si par malheur elle venait à perdre pied dans les dernières foulées ? Serons-nous au rendez-vous pour soutenir ces hommes, pour leur permettre de garder le cap ou au moins leur montrer que nous voulons tous accéder à la Ligue 2, avec eux, parce qu’ils le méritent et qu’ils représentent dignement l’institution ? C’est l’équation que nous aimerions résoudre ensemble. En attendant, aujourd’hui plus que jamais, allez Dijon !

@Novak

LES NOTES

L’Homme du match : Ismail Diallo (8,9)
Très combatif dès l’entame du match, se montrant souvent impliqué dans les actions les plus chaudes du DFCO, Isma n’aura jamais rien lâché et aura consacré pleinement son match au collectif , et ce dans les deux couloirs. Il est plus que logiquement récompensé de toute cette activité à la suite d’une récupération dans son couloir droit, s’adjugeant un but que personne n’avait pu voir venir sur un long centre-tir « Christophe Jalletsque », avant de mettre tout le monde d’accord sur une lourde frappe sèche à l’extérieur de la surface, sur laquelle le portier adverse n’aurait rien pu faire. Jusque dans les ultimes instants, alors que Dijon surnage avec le break d’avance, il continue de s’arracher pour tenter de sauver un corner. Nous avons parfois été critiques sur ses choix et ses erreurs dernièrement. Aujourd’hui, il suffit de s’incliner et de le féliciter. On ne demande qu’à le revoir !

Montfort (5,6) : on pardonne aisément sa sortie hésitante sur l’ouverture du score car l’action était difficilement lisible. Peu sollicité dans l’ensemble de la rencontre, il n’a pas perdu sa concentration et a su faire preuve d’anticipation pour éviter que le score ne soit plus lourd avant un retour aux vestiaires qui aura fait le plus grand bien aux siens.

Diouf (6,2) : sérieux et appliqué, il a bien tenu son rang et n’a pas hésité à se projeter loin de la défense par moments pour relancer la machine. Il ne parvient pas à rattraper Guillaume sur le but gag, mais on apprécie l’effort.

Bernard (5,3) : averti pour une faute aux abords de la surface, il ne passe pas loin de finir comme Upamecano contre le Brésil. S’il s’est assagi par la suite – tout en restant engagé, on a tout de même craint un second jaune vers l’heure de jeu, qui aurait pu faire basculer la rencontre. Voilà qui suffit à entacher une copie correcte, mais on ne doute pas qu’il ne s’agit-là que d’un incident isolé, surtout au regard de la maîtrise et du niveau affichés par le patron sur la dernière demi-heure !

Khatir (2,4) : soirée cauchemardesque pour Fady, qui a manqué tout ce qu’il a entrepris. Des transmissions peu inspirées qui forcent le DFCO à pencher de l’autre côté, quand elles ne se muent pas tout simplement en passes décisives pour le camp adverse… Son retour après une absence à Diochon a été remarqué dans le mauvais sens du terme. Dans un sprint final avec autant d’enjeu, cela va sans doute faire réfléchir le coach. Remplacé à la 59e par Hamada, qui a pour un temps correctement tenu le couloir droit précédemment gardé par Diallo avant de remonter au cœur du jeu, s’offrant même un face-à-face contre Yavorsky.

Bellon (7,3) : la technique et le sang-froid du garçon sont autant d’atouts précieux pour cette équipe du DFCO, même en première mi-temps quand tous ses coéquipiers semblaient dépassés. Absolument indispensable lors de chacune des secondes qui ont composé les 98 minutes de ce Dijon-Versailles, il tient un rôle plus que crucial dans la victoire. Voilà un joueur qui mériterait un peu plus de lumière.

Vargas-Rios (7,3) : timide en début de rencontre – un peu à l’image de son équipe, il n’a toutefois jamais ménagé ses efforts. Cela s’est confirmé avec une montée en puissance au fil de la rencontre, combinant bien avec Diallo lorsque celui-ci a basculé à gauche. Il marque le but du break en suivant bien l’offensive tel un véritable renard des surfaces. Un plaisir de le revoir ainsi. Remplacé à la 84e par Chouchane, qui n’a eu que peu de temps pour marquer le match de son empreinte mais en a fait bondir plus d’un en se fendant de deux véritables numéros techniques coup sur coup. Il aurait mérité une petite récompense…

Ndezi (5,7) : on ne peut pas lui retirer son implication et sa technique, qui lui permettent de tenter beaucoup de choses dans des situations parfois très exiguës. Mais il reste parfois préférable de jouer plus simple, comme le n°8, pour autant mettre les autres que soi-même en avant.

Marié (5,6) : à l’origine de nombreuses actions dans ce match et toujours aussi bon dans la récupération, il a semblé perdre en justesse au fur et à mesure… avant de finir de belle manière. Jordan a failli faire repasser le DFCO en tête sur un corner rentrant, avant de s’adjuger une passe décisive quelques instants plus tard. Remplacé à la 84e par Lacroix, qui a sûrement pris plus de plaisir ce soir – et moins stressé – que lors de son dernier match à domicile !

Domingues (5,8) : ce n’est pas en tant que buteur que Julien se sera fait remarquer ce soir, mais plutôt pour son activité effectuée dans l’ombre, auteur de quelques bonnes récupérations et passes à destination de ses coéquipiers lorsqu’il dézonait. Notamment sur le troisième but dont il est à l’origine. On ne peut que regretter toutefois de ne pas l’avoir vu un peu plus à l’œuvre dans son rôle premier, puisqu’il a eu au moins une occasion nette de marquer.

Barka (non noté) : la pièce maîtresse de l’offensive bourguignonne s’est encore illustrée ce soir sur le peu de temps qu’elle a eu, notamment une frappe contrée qui lui a valu une blessure à la cuisse. On espère rien de grave, car le co-meilleur buteur de l’équipe pourrait beaucoup manquer à ce DFCO pour le sprint final. Remplacé à la 17e par Tavares (non noté), qui aura tenté de peser dans le jeu aérien, sans grand succès, dans un temps faible où Dijon prenait l’eau… avant de se voir contraint de sortir à la mi-temps suite à une blessure aux côtes. Remplacé à son tour à la 46e par Ntamack (6), mettant fin à cette hécatombe et participant grandement à la révolte dijonnaise en donnant le tournis à l’arrière-garde yvelinoise. Lui aussi aurait mérité d’être décisif en fin de rencontre même si son tir dévié dans les pieds d’HVR a une saveur similaire à celle d’une « assist ».

@CM_Tadryel

MOYENNE : 6,01

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Commentaires

3 réponses à “DFCO 3-1 Versailles : Ismail a le smile”

  1. Avatar de Semprez
    Semprez

    Très bonne 2ème mi-temps ne lâcher rien dans sept matchs la consécration en espérant voir beaucoup plus de monde pour le derby dfco vs fcsm allez dijon

  2. Avatar de philippe
    philippe

    45 minutes a oublier / puis une revolte en 2 eme mi temps
    BRAVO POUR LA VICTOIRE ALLEZ DFCO

  3. Avatar de Pascal Colom
    Pascal Colom

    14 comme 14 victoires en 27 matchs du DFCO ! Soit un match gagné sur 2 !! Quelle superbe saison et bravo au staff aussi qui a mené de main de maître le recrutement cette saison . La preuve cela paie mais on dirait et c’est un.sacré paradoxe,.plus la certitude d’évoluer en L2 se fait criante moins il y a de monde au stade !!!! Et il ne faut pas se leurrer mais le vous verrez que pour le choc contre Sochaux , les deux tiers du stade sera jaune et bleu !! Triste quand vous voyez comment les nôtres se livrent sur le terrain avec 5 joueurs importants sur la touche , 4 offensifs plus notre gardien
    Je savais le public de Dijon pas sportif sauf aux belles heures de la L1 mais en plus , critiquer à ce point là les joueurs est vraiment d’une mediocrité.sans nom.
    Allez le DFCO ,,.garçons et filles aussi

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