Décidément, le DFCO ne cesse de faire trembler ses supporters lorsqu’il joue un vendredi 13. Le scénario contre Aubagne en National ne pouvait être écrit d’avance : entre l’impossibilité de remplacer son gardien avec un autre expert du poste et une égalisation dans les ultimes instants de la rencontre, Dijon a cette fois-ci eu l’occasion et le mental de faire tourner le sort en sa faveur et de conserver leur fauteuil de leader tant convoité.

LE MATCH
Dijon FCO – SC Aubagne Air-Bel : 2-1 (1-0)
Au Parc des Sports Gaston-Gérard (Dijon), le 13 mars 2026, coup d’envoi à 19h30.
Buts : Barka (26e), Domingues (90e+3) pour le DFCO / Mayilla (65e) pour le SCAAB.
Avertissements : Bellon (46e), Diouf (84e) et Barreto (90e+1) pour le DFCO / Nehari (25e), Abdallah (75e, 88e), Chaban (85e), El Kaddouri (88e), Baheng (90e+1) et Diaby (90e+8) pour le SCAAB
Expulsion : Abdallah (88e) pour le SCAAB
Lacroix et Delecroix
Le poste de gardien de but est un rôle très particulier à bien des égards. Rarement mis en lumière contrairement à ses coéquipiers du front de l’attaque, le portier a plutôt tendance à être pointé du doigt lorsqu’il passe à côté de son match – et ce n’est pas cette semaine de Ligue des Champions qui nous fera dire le contraire. Ce soir, les projecteurs se sont plutôt tournés sur une situation que tout le monde redoutait depuis la relégation en National 1. Après une entame de match assez timorée de la part des Rouges, qui ont réussi à faire tourner et conserver le ballon comme à leur habitude mais sans se montrer réellement dangereux, c’est une main de Nehari qui permettra à Barka d’ouvrir le score sur pénalty.
On approche seulement de la demi-heure de jeu, Dijon mène 1-0 et on sent que l’équipe pourrait s’en voir galvanisée. Une action dans la surface dijonnaise plus tard et Paul Delecroix, heureux de parler de sa prolongation de contrat au club (jusqu’en 2027, ndlr.) en avant-match, se heurte à un joueur aubagnais et s’effondre. S’il se relève rapidement, on voit que quelque chose cloche lorsqu’il lève seulement un bras, et Dijon est heureusement sauvé par sa barre transversale dans les secondes qui suivent. Restant de longues minutes au sol, le verdict est sans appel et l’expérimenté portier n’est plus en capacité d’assumer ses fonctions, devant céder sa place à Lenny… Lacroix.
🗣️ Lenny Lacroix après son intérim de gardien de but sur @ici_bourgogne : « Mes prises de balle n’étaient pas très académiques, désolé pour tous les gardiens, j’ai fait ce que je pouvais ! »
✅Victoire 2-1 du DFCO à l’arrachée face à Aubagne.
1⃣Dijon toujours leader de National. pic.twitter.com/c3aJxSJaXm
— Thomas Vichard (@ThomasVichard) March 14, 2026
Le jeune alsacien, recruté en tant que défenseur central, a donc repris le flambeau et s’est occupé de la lourde tâche que de succéder au désormais incontournable dernier rempart du DFCO, lui qui espérait sûrement glaner du temps de jeu en fin de match en tant que joueur de champ. Cette longue césure dans le jeu a irrémédiablement provoqué une fin de première mi-temps très étrange, l’équipe visiteuse ne parvenant pas à se remettre suffisamment en jambes pour être offensive tandis que les Bourguignons continuaient d’être intransigeants sur les erreurs du SCAAB, sans toutefois parvenir à être tranchants. Ils montraient alors trop de précipitation pour réussir à construire efficacement face à une défense bien en place et étaient dans la crainte toute naturelle de ne pas vouloir se découvrir en menant au score, se devant de concéder le moins d’occasions possible.
La seconde mi-temps a suivi plus ou moins le même rythme, sans longue pause cette fois-ci, mais tout de même entrecoupée de fautes çà et là. Le néo-portier aura eu l’occasion de s’illustrer avec un arrêt réflexe sur corner, mais ne réussira pas à obtenir son premier clean-sheet à ce poste, ne faisant qu’effleurer la frappe d’un Mayilla déjà buteur à l’aller. Désormais lésée des deux points qui lui assureraient de ne pas perdre l’avantage au classement, on a senti la formation de Baptiste Ridira tiraillée dans les trente dernières minutes de la rencontre entre l’envie de ne pas mettre son gardien en difficulté et celle d’aller provoquer le destin. Son destin.
Plus combatif – dans le sens footballistique du terme – et inventif que la formation bucco-rhodanienne mais maladroit dans le dernier geste à maintes reprises, Dijon a finalement réussi à prendre le jeu à son compte en arrachant un ultime pénalty transformé par Domingues en toute fin de rencontre. Venant logiquement récompenser une équipe bousculée mais qui a su appliquer un plan de jeu probablement improvisé du fait des circonstances et faire preuve d’abnégation même lorsque les vents semblaient contraires.
Un règlement qui questionne
C’est un scénario que beaucoup de gens avaient en tête depuis la descente du DFCO en National et cette règle interdisant aux entraîneurs d’inscrire plus de 5 remplaçants sur la feuille de match. Les gardiens n’étant expulsés ou ne se blessant que très rarement, beaucoup de formations partent du postulat qu’ils peuvent étoffer leur banc d’un cinquième joueur de champ, permettant d’élargir leurs options tactiques et surtout de profiter pleinement des 5 changements alloués à chaque équipe. Mais que se passe-t-il le seul jour où vous avez besoin de votre numéro 2 ?
Après de longues discussions internes, le staff semble avoir trouvé la solution provisoire pour cette rencontre en alignant un Lenny Lacroix qui a été lui aussi un acteur important des 3 points de la victoire (voir ci-après), mais de façon réaliste, ce règlement nécessite d’être rediscuté en vue de la réforme du National en Ligue 3, car désuet depuis le COVID et le passage aux cinq remplaçants.
En ce qui concerne Dijon, on espère que cette question n’aura plus à se poser, ni un vendredi 13 (le foot, c’est de toutes façons le week-end), ni un autre jour. Si des nouvelles de Delecroix sont encore attendues concernant la durée de sa blessure, l’équipe pourra compter sur un Lenny… Montfort cette fois-ci, lui qui a déjà montré par le passé qu’il était capable de faire des belles choses. Paul Delecroix – Lenny Lacroix – Lenny Montfort : quitte à être superstitieux, et si c’était un signe du destin ?
@CM_Tadryel
Paul Delecroix + Lenny Montfort = Lenny Lacroix, c’était sous nos yeux depuis le début.
— julien ⊬ (@No_vak) March 13, 2026
LES NOTES
L’Homme du match : Quentin Bernard (7,1)
Bien en place et rassurant quand l’équipe était en maîtrise, le boss de la charnière s’est fait remarquer positivement tout au long du match et a signé de nombreuses interventions de grande classe quand nous devions éviter de concéder le moindre tir. Il n’est d’ailleurs pas loin d’empêcher celui de l’égalisation de se produire mais a manqué d’une demi-seconde pour intercepter le ballon.
Delecroix (non noté) : blessé avant la demi-heure de jeu, notre gardien titulaire a dû être remplacé en urgence à la 39e minute par Lacroix (5,1) auteur d’un arrêt réflexe aussi beau que son raté sur l’égalisation des visiteurs. Malgré son manque d’expérience et de confiance à ce poste, il a eu le mérite de faire le boulot.
Diallo (6,5) : plus à son aise que ces dernières semaines, il rend une copie intéressante avec de bonnes passes vers l’avant, des interventions cruciales et ce pénalty obtenu dans les derniers instants de la partie – même si, soyons honnête, il n’aurait jamais pu récupérer le ballon qui filait hors des limites du terrain. L’intervention ratée du défenseur était bien inutile…
Diouf (6,5) : fiable et serein comme à son habitude, il a largement contribué à l’effort collectif qui a vu Aubagne ne tirer au but que quatre fois lors de cette 25e journée.
Khatir (7) : la pause de trois semaines sans match compétitif lui a fait beaucoup de bien puisqu’il revient dans l’équipe avec énormément de sérieux et d’application, tout en participant à de bonnes occasions dans l’ensemble contre son ancienne équipe. On ne peut que l’encourager dans ce sens !
Bellon (6,1) : sans être dans son meilleur soir, la sentinelle continue d’impressionner et de nous faire nous interroger. Comment un milieu de terrain de cette qualité se trouvait-il dans les divisions inférieures depuis si longtemps sans avoir une chance en National au minimum ? Averti en début de deuxième période, il est remplacé à la 57e par Barreto, qui a eu beaucoup de déchets dans son jeu mais une nette volonté de jouer vers l’avant qui a finalement été payante, avec un centre tendu parfait pour Domingues ou encore ce corner joué rapidement menant ultimement au deuxième pénalty.
Hamada (6,1) : au charbon même contre des adversaire plus costauds que lui et dans un tout autre registre que Bellon, il n’a pas fait tache loin de là et dédoublait bien dans le couloir droit, sans réussir à se montrer décisif. Remplacé à la 72e par Chouchane, dont les courses intenses et bonne inspirations auraient dû permettre à Barka d’égaliser plus tôt.
Ndezi (6,4) : meilleur milieu de terrain en première mi-temps et sans doute sur l’ensemble du match, il s’est surtout signalé par un placement très sérieux et des interceptions nombreuses partout sur le terrain. Il a bien muselé son vis-à-vis et même contré une frappe dangereuse dans notre surface avant de rater une occasion de marquer puis une frappe en pivot qui nous aurait remis en tête. Remplacé à la 72e par Vargas-Rios dont la fougue en sortie de banc a remis un coup de fouet à tout le monde.
Marié (6) : à défaut d’être très inspiré dans la moitié adverse, le capitaine qui a reculé sur le terrain en deuxième période après la sortie de Bellon n’a rien lâché comme à son habitude et su créer quelques opportunités, comme ce centre pour une tête plongeante de Domingues.
Barka (6,5) : buteur sur pénalty avec une frappe chirurgicale qui n’a laissé aucune chance à Gil, il a été le Dijonnais le plus dangereux de la rencontre, enchaînant têtes et frappes spontanées quand le tableau d’affichage était équilibré. On n’en voudra jamais à un joueur volontaire et audacieux de rater des choses, surtout quand les occasions ne sont pas servies sur un plateau.
Ntamack (4,7) : moins en vue que son compère, sa note souffre du fait que le scénario ne lui convenait pas tant hier soir. On a en tête un tir dévissé en bout de course mais aussi sa persévérance, sans réussite, pour aller presser l’arrière-garde aubagnaise. Remplacé à la 57e par Domingues, d’abord frustré puis le héros d’un peuple alors que le SCAAB faisait faute dans sa surface et contestait la décision arbitrale pendant 5 longues minutes, tentant à nouveau de ruiner le point de pénalty et de déconcentrer le tireur. Mais ce garçon-là a de la glace dans les veines.
@Novak
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