Villefranche 1-2 DFCO : Chouffet à blanc

Alors qu’il n’avait jamais pris le moindre point en deux rencontres jouées à Villefranche, le Dijon FCO s’en offre trois chez un FCVB accrocheur et atteint le beau total de 42 points avant son exemption lors de la J23 de National.

Ayant marqué de bien belle manière, les deux buteurs dijonnais Hamada et Barka rappellent qu'ils disposent d'une large palette.
Ayant marqué de bien belle manière, les deux buteurs dijonnais Hamada et Barka rappellent qu’ils disposent d’une large palette (photo Vincent Poyer/DFCO).

LE MATCH

FC Villefranche Beaujolais – Dijon FCO : 1-2 (0-1)
Au Stade Armand-Chouffet (Villefranche-sur-Saône), le 20 février 2026, coup d’envoi à 19h30).

Buts : Leye (63e) pour le FCVB / Hamada (37e) et Barka (67e) pour le DFCO.

Avertissements : Marcel (47e), Etoga (57e), Assef (41e, 90e+2), Touho (90e+1) et Ouedraogo (90e+8) pour le FCVB / Barka (15e) pour le DFCO.

Expulsion : Assef (90e+2) pour le FCVB.

Une partie d’échecs

Comme dans le célèbre jeu de plateau, le football aussi récompense les équipes qui savent placer leurs pions. Et si Baptiste Ridira lui-même a trouvé après la rencontre que son équipe avait mal joué pendant les vingt premières minutes de cette 22e journée de National à Villefranche, constater les points faibles d’un FCVB qui ne nous a jamais trop réussi et laisser passer quelques rares vagues adverses a eu du bon lors de ce dernier match de février. Après une entame agaçante, c’est finalement un Dijon entreprenant et tranchant qui a retrouvé de l’allant offensif et s’est procuré une variété très intéressante d’occasions. Tavares et Barka sont très souvent à la conclusion ou à la dernière passe, une tendance qui se répète depuis quelques matchs et qui témoigne du regain de forme de nos joueurs de pointe. C’est d’ailleurs Julio qui débloque une situation encore cadenassée, d’une fort belle manière.

Interceptant un ballon mal relancé par Etoga, qui était pressé par Marié, Tavares donne à Ndezi qui lui remet idéalement sur l’aile. L’attaquant en pivot, pas désarçonné par sa position excentrée, centre du gauche en première intention. Alors que Barka coupe au premier poteau mais rate un ballon un peu haut, Hamada ferme parfaitement au second d’une tête plongeante très esthétique pour son troisième but de la saison. La sérénité apparente du DFCO n’est que de passage puisque sur une action anodine, Ismail Diallo nous rappelle qu’on n’est jamais à l’abri en National en faisant une passe beaucoup trop appuyée et mal ajustée à son gardien, que Delecroix est contraint d’arrêter sur sa ligne en catastrophe. Le corps arbitral ne bronche pas, les Rouges peuvent souffler.

Deux points par match

Car l’égalisation, bien qu’un peu contre le cours du jeu, n’aurait pas été complètement imméritée pour une vaillante équipe caladoise qui fait le meilleur parcours parmi les 17 clubs de N1 depuis cinq matchs. Et celle-ci arrivera, malgré de bonnes opportunités de faire le break, sur une passe en profondeur mal gérée par notre défense. Babacar Leye part à la limite du hors-jeu et finit de très belle manière avec le célèbre enchaînement « contrôle en extension et frappe de mule » sous la barre, en angle fermé. Tout est à refaire alors que les Bourguignons étaient les plus entreprenants. Mais le spectre d’un nouveau match au résultat frustrant s’envolera bien vite puisque Yanis Barka, dans une action faisant parler beaucoup de spectateurs neutres, s’offre son troisième but en autant de matchs.

Dribblant dans la surface après l’ouverture de Bellon, il fait tourner son vis-à-vis en bourrique avant de finir fort au sol, dans un angle aussi très complexe à négocier. En faisant juste ce qu’il faut pour rester en tête, bien aidé par des changements éclairés, Dijon voit la partie tourner définitivement à son avantage quand Malick Assef voit rouge après un deuxième carton jaune pour une semelle sur Vargas-Rios qui fait passer le stade Armand-Chouffet dans un état de colère disproportionné. Surtout que dans ces mêmes arrêts de jeu, Ntamack aurait pu obtenir un penalty sur une grosse maladresse du n°12 local, qui s’en sortira bien avec un coup franc en sa faveur. La victoire dijonnaise est là en fin de compte, et vient gratifier l’attitude plus calme et maîtrisée des visiteurs.

Ce qui ne doit pas empêcher le DFCO de tirer des leçons de cette victoire à l’extérieur, la sixième cette saison. Une petite surprise pour les supporters, qui peuvent être globalement satisfaits de la prestation sur un terrain qui nous a toujours été très hostile, aura été de voir le coach passablement déçu de la prestation dijonnaise sur le pré ! « On a joué à peu près dix minutes par mi-temps, on n’a pas du tout été nous-mêmes », raconte le coach au Bien public après le coup de sifflet final, alors que les siens terminent la partie avec près de vingt tirs et une domination assez marquée. Même si, il faut bien l’avouer, nous avons troqué un peu de notre étanchéité pour plus de buts de l’autre côté, Dijon continue d’avancer à un rythme de deux points par match (et même plus encore à l’extérieur). En récupérant la première place suite au match nul de Rouen et surtout en gardant trois points sur Sochaux, les nôtres sont assurés de rester dans les places préférentielles la semaine prochaine, alors qu’ils seront exempts de match en raison des rétrogradations d’Ajaccio. Rendez-vous à Concarneau dans deux semaines, donc, pour poursuivre cette dynamique si prometteuse !

LES NOTES

L’Homme du match : Brandon Ndezi (8) 
Dijonnais le mieux entré dans son match, il est à l’origine de beaucoup de très jolies occasions et frappe plusieurs fois au but en partant d’une position reculée. En transition comme en possession, Ndezi a été omniprésent et a été un relais pour les deux passeurs décisifs de la soirée, jouant son rôle à la perfection. Ajoutons à ça une finesse technique dont on n’a jamais douté, mais qui a été utilisée à bon escient, dans le bon tempo, et vous avez-là le bagage complet du milieu de terrain dans un losange. On a hâte de le voir reproduire cela.

Delecroix (5,8) : une note moyenne qui ne traduit pas bien son match, fait de hauts et de bas. D’abord en retard pour se replacer sur une tentative lointaine de Leye, il sauve le DFCO d’un but gag in extremis avant de mal fermer son angle sur l’égalisation, puis de nous rassurer à nouveau devant Touho.

Diallo (5,3) : accompagnant bien les offensives, le latéral droit manque beaucoup de lucidité dans des moments cruciaux du match, ce qui devra être corrigé à la vidéo. D’abord cette passe insensée et mal dosée en retrait, puis ce repli lent et à peine compréhensible dans l’axe, sur le deuxième but de la soirée. Chose qui n’a pas eu son importance ce soir mais nous a coûté cher contre Caen la semaine dernière. Une remobilisation est attendue, sans que sa rencontre ne soit catastrophique. Remplacé à la 88e par Lacroix, qui nous a évité toute frayeur tardive.

Diouf (6) : mal aligné et largué par le buteur caladois à l’heure de jeu, il a été globalement satisfaisant dans le reste de sa production défensive. Waly sait lui-même qu’il aurait pu faire encore bien mieux, ce qui est le propre des bons élèves.

Bernard (7) : si on a du mal à comprendre qu’il prenne autant de corners, on ne peut nier que sa patte gauche et ses bonnes inspirations sont des arguments qui jouent en sa faveur aux yeux du coach. On espère qu’il réussira à resserrer les rangs de l’arrière garde au retour de notre pause.

« Pour monter, il faut savoir gagner moche aussi » – Paul Delecroix.

Khatir (5,7) : pas toujours dans le bon rythme, il a tout de même participé au jeu de manière non négligeable. Il y a du mieux même si, comme son compère du couloir droit, des sautes de concentration pourraient nous porter préjudice.

Bellon (7) : auteur d’un pressing très réussi tout comme Marié, il n’a rien d’un débutant à ce niveau et a pris une maturité remarquable sur ses sept mois en National. Il ne partait pas de très loin, mais nous avons peut-être désormais le meilleur n°6 du championnat, tant dans le volume que dans la qualité technique.

Hamada (7,3) : l’acrobate a encore frappé, et il est incapable de marquer des mauvais buts ! À l’aise de la tête et très actif, le jeune natif de Marseille ne devrait plus tarder à être appelé par l’équipe première des Comores à ce rythme. Remplacé à la 69e par Vargas-Rios, qui s’offre une bonne frappe au but puis nous permet de finir la rencontre en supériorité numérique.

Marié (6,3) : pour une fois, et cela est rare, il n’est pas le meilleur joueur de l’entrejeu dijonnais. On félicitera son abnégation et ses déplacements qui sont à l’origine du but d’Hamada. Remplacé à la 82e par Chouchane, qui a été intéressant dans les transitions et s’est vite mis au niveau du reste de l’équipe.

Barka (8) : on aurait facilement pu le nommer Homme du match également, et il en est passé très près avec ses nombreuses occasions, compliquées à terminer. Malgré tout, il est systématiquement dangereux et arrive à se créer des opportunités en soliste, un danger constant qui aura causé beaucoup de soucis à Villefranche. Trois buts et une assist en février pour celui qui avait déjà redonné un coup de fouet au DFCO en 2025, à la même période ! Remplacé à la 69e par Domingues, qui a apporté un vent de fraîcheur et a fait de belles choses sur les quelques ballons qu’il a touchés.

Tavares (6,5) : sans prévenir, Julio en est déjà à deux buts et deux passes décisives depuis le début de l’année civile ! Confirmant les bonnes choses vues sur la première partie de saison, la légende dijonnaise fait encore des siennes dans son registre altruiste, toujours très généreux et dans le don de soi. Remplacé à la 88e minute par Ntamack, qui a presque fait craquer Villefranche une fois de plus.

MOYENNE : 6,6

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Commentaires

Une réponse à “Villefranche 1-2 DFCO : Chouffet à blanc”

  1. Avatar de Pascal Colom
    Pascal Colom

    C’est fait ! Mal d’apres Le coach mais c’est bien le cas. 3 points plus en prime à nouveau la première place
    Allez Dijon bien sûr

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